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« Il n’y a pas de maladie hémorroïdaire chez l’enfant…. »

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Professeur Christian Tzeuton est hépato gastro-entérologue donc qui s’occupe des maladies du tube digestif les ulcères, les hépatites. Il est spécialisé en proctologie médico-chirurgicale. Et nous l’avons rencontré pour comprendre les Hémorroïdes qui sont considérées à tort comme une maladie honteuse chez bon nombre de personnes. Des solutions existent pour soigner la maladie et vivre séreinement sa vie.

C’est quoi les hémorroïdes ?

La maladie hémorroïdaire, comme on dit, c’est en fait le résultat de quelque chose que nous avons tous à la naissance. C’est-à-dire que tout être humain naît avec des replis hémorroïdaires ou des lacis veineux qui sont les hémorroïdes. Et donc c’est en grandissant, avec certaines causes comme la constipation que ces paquets vont se remplir de sang, ils vont gonfler et à ce moment-là vont donner ce qu’on appelle la maladie hémorroïdaire.

Donc on peut déjà dire qu’il est rare qu’on ait des hémorroïdes chez l’enfant. Il faut aller à partir de, disons, 15 ans, 16 ans pour avoir une véritable maladie hémorroïdaire. Chez l’enfant, c’est souvent des polypes du rectum qui se propagent et puis les parents pensent que c’est des hémorroïdes.

Comment le comprendre plus facilement ?

Je vous signale que l’anus, ce n’est pas simplement un orifice, mais c’est un canal. On appelle ça le canal anal. C’est la partie de l’intestin qui se trouve après le rectum et avant l’extérieur. Et ce canal anal est divisé en deux zones parce qu’au milieu du canal anal, il y a des replis, des espèces de nids d’abeilles qu’on appelle la ligne pectinée et qui va donc diviser le canal anal en partie interne qui est celle-ci et en partie externe. Donc à la naissance, chaque être humain a des espèces de lacis hémorroïdaires, qui à la naissance sont vides.

Alors les paquets qui sont dans la partie interne du canal anal sont des hémorroïdes internes. Et les lacis qui sont dans la partie externe seront appelés des hémorroïdes externes. Tout simplement. Quand on dit hémorroïdes externes, c’est celles qui sont hors du canal anal, pas du tout les externes. C’est la partie externe du canal anal. Mais ça reste dans le canal anal.

Et donc ces hémorroïdes, sous l’effet en particulier de constipation, qui est l’une des principales causes d’hémorroïdes externes surtout, vous voyez qu’on divise la maladie hémorroïdaire en maladie hémorroïdaire interne et en maladie hémorroïdaire externe, les deux évoluent de façon souvent assez différente. Mais avec l’évolution, à l’âge particulièrement, et donc la constipation, comme je vous ai dit, on va passer à un gonflement de ces paquets hémorroïdaires qui étaient virtuels à la naissance et donc ce gonflement va faire qu’on entre dans ce qu’on appelle la maladie hémorroïdaire qui sera soit une maladie hémorroïdaire interne pour ces paquets internes, soit une maladie hémorroïdaire externe pour ces paquets qui restent dans le canal anal mais qui sont gonflés. Soit, pour certains malades, une maladie hémorroïdaire interne et externe.

Beaucoup de malades font en fait les deux. Alors, l’évolution, c’est que ces bourrelets vont gonfler de plus en plus au fil des constipations, etc., comme on voit chez beaucoup de nos malades, et cette constipation va faire que les hémorroïdes vont être poussés vers l’extérieur en grossissant et le ligament qu’on appelle le ligament de Pars, qui sert à retenir les hémorroïdes dans le canal, ce ligament va donc lâcher et les paquets hémorroïdaires, à force de pousser, vont se retrouver à l’extérieur.

L’extériorisation des bourrelets hémorroïdaires, les hémorroïdes se retrouvent dehors, on parle d’hémorroïdes prolabées. Et ce prolapsus, comme on dit, hémorroïdes prolabées, le terme ça veut dire prolapsus, va comporter les hémorroïdes internes et les hémorroïdes externes. Les deux paquets se retrouvent dehors et au fil de l’évolution, au début, ces paquets vont rentrer tout seuls quand vous avez fini d’aller à la selle, mais à la longue, vous allez être obligés de repousser ces paquets à l’intérieur avec le doigt et puis ça va se reproduire lors de la prochaine selle, mais plus tard, le paquet ne rentre plus, vous essayez de pousser et ça ne rentre plus et malheureusement, ces stades en général sont chirurgicaux.

Quelles sont les véritables causes, qu’est-ce qui déclenche le processus dans l’organisme humain ?

Alors la principale cause que nous pouvons retenir en Afrique, c’est la constipation, parce que la constipation nécessite des efforts de poussée et ce côté traumatisant va un petit peu fatiguer le ligament de Parks et les hémorroïdes externes et ça va se remplir de sang et progressivement, l’évolution va faire que les paquets vont sortir quand vous allez à la selle. Donc voilà l’une des causes principales, mais il y a d’autres causes comme même la diarrhée.

Les gens qui font beaucoup de diarrhée peuvent être exposés à des hémorroïdes, il y a des professions comme l’équitation, le cyclisme, tout ça, ça entraîne également des hémorroïdes, mais nous retenons souvent que les épices et autres peuvent provoquer des hémorroïdes. Je pense qu’on peut plutôt dire que ça va les aggraver. Je ne pense pas que le piment et autres épices peuvent provoquer des hémorroïdes, mais quand il y a déjà une poussée, ça va les aggraver.

Donc retenons surtout la constipation et tout ce qui est traumatisant, le fait de pousser. Ça fait que les hémorroïdes nous servent à la naissance, à participer à la continence, c’est-à-dire que nous retenons les gaz, parce qu’il y a des sphincters et des paquets hémorroïdaires qui aident à retenir tous les gaz, etc. La continence, ça veut dire qu’on ne lâche pas les selles spontanément, on les lâche de façon volontaire, etc.

Donc quand il y a une altération de tous ces mécanismes, on va avoir une certaine incontinence. Donc retenons comme cause principale la constipation et les autres causes annexes sont plus rares, l’alcool, le tabac, tout ça, on les cite comme cause des hémorroïdes, mais ce n’est pas à retenir comme cause définitive.

Est-ce que tous ceux qui sont constipés ont des hémorroïdes ?

Ce n’est pas tout le monde qui va avoir les hémorroïdes. Tous les constipés n’ont pas d’hémorroïdes, heureusement, mais beaucoup de nos malades constipés ont des hémorroïdes maladie.

Une maladie héréditaire ?

Il y a des gens qui héritent des hémorroïdes de leurs parents. Ils vont plutôt hériter d’une facilité à faire des hémorroïdes plutôt que d’une maladie hémorroïdaire vraie.

Parce qu’ils vont avoir les mêmes habitudes alimentaires, etc., dont souvent constipation, donc vraiment, ce n’est pas vraiment une hérédité de descendance.

Vous avez parlé de deux types d’hémorroïdes, hémorroïdes internes et externes. Est-ce que les causes sont les mêmes?

On pense que les hémorroïdes externes sont plus faciles chez les gens qui sont constipés.

Hémorroïdes internes ou externes. Quels sont les cas les plus fréquents ?

On a plus de malades avec des hémorroïdes externes que des hémorroïdes internes. C’est malheureux parce que pour la prise en charge des hémorroïdes internes, il y a une série de techniques qui sont dites instrumentales, qui ne relève que des hémorroïdes internes, alors que quand c’est des hémorroïdes externes, si ça se complique, c’est forcément la chirurgie. Les techniques dont on parlait, c’est les ligatures, on peut les ligaturer, on peut les congeler, on peut les soigner avec des infrarouges, etc.

Il y a des tas de techniques comme ça, qui sont des techniques dites instrumentales, qui nous aident dans certains cas d’hémorroïdes internes uniquement. Il est interdit de les utiliser pour les hémorroïdes externes, d’abord parce que ça va faire très mal. La zone externe est proche de la peau, il y a une sensibilité importante là-bas.

Donc on ne fait ça que pour les hémorroïdes internes. Mais il faut savoir que toutes ces maladies ne sont pas forcément à opérer, bien entendu. Nous allons parler des manifestations tout à l’heure, le temps pour nous de faire un tour dans le public, l’opinion.

Quels sont les symptômes ?

Le principal symptôme, c’est le saignement. La plupart des malades qu’on consulte, parce qu’ils ont du sang dans les selles, c’est le signe principal des hémorroïdes. Il y a d’autres signes, comme les démangeaisons, que nous appelons le prorite.

Il y a parfois aussi des écoulements, parce que le côté inflammatoire des hémorroïdes fait que la muqueuse va sécréter un petit peu et ce liquide va salir le slip. Ça, c’est aussi un signe des hémorroïdes. Mais l’autre grand symptôme, avec l’évolution, c’est le prolapsus, c’est-à-dire le fait que, quand vous allez à la selle, les deux paquets hémorroïdaires, ou l’un des deux va se retrouver à l’extérieur.

Professeur, à quel moment on atteint ce niveau-là avec l’anus qui sort ?

Ça dépend de chaque malade. C’est-à-dire que dès que le malade vient vous dire que quand il va à la selle, l’anus est complètement sorti, c’est qu’il a atteint les degrés qui sont chirurgicaux. La durée d’évolution est très variable d’un malade à l’autre. On ne peut pas dire qu’au bout de tant d’années, vous aurez un prolapsus. La preuve, il y a des gens qui sont constipés et qui n’ont pas d’hémorroïdes, donc tout ceci est extrêmement variable.

Quand ça commence à faire mal, c’est qu’il y a une complication. Soit la thrombose, soit l’association à d’autres choses comme notamment la chose la plus associée qui donne des douleurs, c’est la fissure. C’est-à-dire qu’il y a une petite plaie au niveau de la partie postérieure de l’anus et l’adjonction de cette fissure va faire que la maladie va être douloureuse. Mais la douleur est due à la fissure et pas aux hémorroïdes. Donc en gros, les hémorroïdes ne font pas mal. Ça saigne et ça sort et puis c’est tout.

Alors la maladie ne tue pas, mais elle crée un sentiment de la honte !!!

Bien entendu !! Parce que beaucoup de malades arrivent à des stades tardifs parce que c’est une zone honteuse, on a peur d’en parler, etc. Il y a des malades qui refusent par exemple de montrer leur derrière quand c’est une infirmière, ils préfèrent qu’il y ait un infirmier.

Bref, c’est une zone honteuse et il faudrait que ça change dans les mentalités. Si c’est une maladie comme les autres, il faut que le malade se fasse consulter même si c’est le derrière. Et donc c’est un problème, c’est pour ça que nous avons des retards de diagnostic terribles.

Mais comme ce n’est pas une maladie grave, bon, ça ne porte pas à conséquence mais plus on opère les malades avec un prolapsus plus important, plus c’est difficile. Donc on préfère qu’on les opère à un stade où l’indication est raisonnable et pas quand c’est des gros paquets où on a du mal à respecter les règles de l’art.

Professeur, est-ce que le côté traditionnel peut résoudre le problème ?

Oui, il y a des tas de recettes, même traditionnelles, pour faire rentrer les hémorroïdes qui sont prolabées. Mais à ce stade-là, ça ne fait que rentrer pour ressortir à la prochaine selle. Mais pour les stades inférieurs, c’est-à-dire le début des hémorroïdes, ce qu’on appelle le premier degré, le deuxième degré des hémorroïdes, les traitements traditionnels peuvent marcher puisque ce sont des extraits de plantes et nous-mêmes en médecine, on a ce qu’on appelle les toniques veineux, des produits qui sont à base de plantes.

On a longtemps utilisé un trait de marron d’Inde qui est une plante qui a longtemps soigné les hémorroïdes. Donc il peut y avoir dans les recettes traditionnelles des choses valables. Mais pour les stades graves de gros prolapsus, je pense que la solution traditionnelle ne sera que provisoire, ça va faire rentrer l’anus, mais à la prochaine selle, ça va se reproduire et malheureusement, c’est la chirurgie.

Vous dites que les enfants ne sont pas concernés ?

Parce qu’à la naissance, on a les paquets, les lacis veineux, hémorroïdaires, mais on n’a pas encore été suffisamment constipés pour que la pathologie se produise. C’est ça l’explication tout simplement. Il faut un certain nombre de journées de constipation, de journées de piment, toutes les causes que je vous ai citées, ou bien les cyclistes, tout ça, les enfants font du cyclisme pour s’amuser mais ce n’est pas leur profession, ou bien l’équitation, tout ça, ces professions qu’on dit à risque, il n’y a pas ça chez l’enfant, donc c’est normal qu’il n’y ait pas de maladie hémorroïdaire chez l’enfant.

C’est extrêmement rare. S’il y a des infections hémorroïdaires chez l’enfant, entre guillemets, il faut chercher des explications qui seront des explications locales, qui vont se retrouver. Mais en général, il n’y a pas et je dis souvent aux pédiatres que devant ce tableau chez l’enfant, il faut penser à un polype. C’est-à-dire une petite tumeur du rectum. Quand l’enfant va à la selle, cette tumeur sort et va rentrer et donc la mère va observer ça, et va venir dire que son enfant a des hémorroïdes. Mais rapidement, on s’aperçoit que c’est un polype.

Et le traitement du polype ?

C’est de l’enlever par endoscopie et puis il n’y a pas de problème. Donc j’insiste pour dire que les hémorroïdes, il faut un certain âge déjà pour avoir des hémorroïdes. Et à partir de ces âges-là, ça peut être jusqu’à la fin de la vie, jusqu’aux âges extrêmes.

Puisque chez la personne âgée, quand il y a des hémorroïdes, on préfère ne pas les opérer. On préfère faire des traitements symptomatiques parce qu’il y a un risque opératoire, donc on les laisse. Mais il y a des personnes âgées, du troisième âge, très âgées, qui ont des hémorroïdes.

Combien de temps ça prend la prise en charge?

La prise en charge des hémorroïdes dépend du stade. Les hémorroïdes débutantes, le traitement, c’est souvent ce qu’on appelle des règles hygiéno-diététiques. C’est-à-dire, on vous interdit de manger beaucoup de piment, de boire beaucoup d’alcool, le tabac, tout ça, et de lutter contre la constipation. Souvent, ça peut suffire. Alors, on peut ajouter des médicaments.

On a énormément de médicaments qui sont des pommades et des suppositoires. Bon, ça aide. La preuve de l’efficacité de ces médicaments n’est pas à 100%, mais on continue à les prescrire parce que ça aide.

Il y a aussi des médicaments comme des toniques veineux qui vont renforcer la circulation de la région. On les prescrit aussi. C’est des comprimés ou des gouttes ou des ampoules buvables.

Voilà la triplette qu’on met pour traiter des hémorroïdes, en plus des mesures hygiéno-diététiques. Les stades un peu plus avancés, deuxième degré par exemple, si c’est des hémorroïdes internes, on va essayer de proposer des méthodes instrumentales.

Il faut se contenter pour les hémorroïdes externes des traitements médicamenteux et des mesures hygiéno-diététiques, dont lutter contre la constipation, etc. Et si ça ne marche pas, malheureusement, on va recourir plus vite à la chirurgie que pour les hémorroïdes internes. Et puis les hémorroïdes de haut degré qui sont prolabées, il n’y a pas d’autre recette que la chirurgie malheureusement.

Et lorsqu’on est opéré de la maladie, on peut retrouver ces automatismes?

Alors, quand on se fait opérer, il faut savoir que la chirurgie hémorroïdaire, c’est une chirurgie dans une zone douloureuse. Et la chirurgie hémorroïdaire nécessite qu’on enlève les paquets sans les suturer. Parce que si on les suture, il y a un risque de complication. La complication étant la sténose, c’est-à-dire que l’anus se bouge complètement.

Et puis, si la technique n’est pas bien appliquée, ça va se boucher complètement. Il ne faut pas se faire opérer d’hémorroïdes n’importe où. L’autre complication, c’est une incontinence parce que le chirurgien, en opérant les hémorroïdes, n’a pas respecté les sphincters qui permettent qu’on retienne les selles.

Et à ce moment-là, le gars, après, il ne retient plus les selles. Les selles sortent seules. Voilà les deux grosses complications. C’est pour ça que pendant la chirurgie, on enlève les paquets hémorroïdaires, c’est-à-dire on les met à l’extérieur et on les enlève, mais on ne suture pas.

On ne referme pas. Ce qui fait que la cicatrisation va être assez longue et un petit peu douloureuse. Un peu désagréable.

Combien de temps prend, la cicatrisation ?

Ça peut durer au moins un mois, parce qu’il faut laisser que ça se couvre tout seul. Sinon, vous risquez la sténose, etc. Mais après, on retrouve toutes ses fonctions, c’est-à-dire on va à la selle, on retient les selles facilement, ça passe facilement et surtout, il n’y a pas de faiblesse sexuelle. S’il y a une faiblesse sexuelle, c’est une coïncidence parce qu’il y a des gens qui ont des faiblesses sexuelles sans être opérés d’hémorroïdes.

Entretien mené par Alphonse Jènè

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