Dans cet établissement primaire public à cycle complet de l’arrondissement de Meiganga, les élèves suivent les cours assis à même le sol. L’absence de latrines contraint enseignants et apprenants à se soulager dans la brousse.
Cette école primaire publique, située à un kilomètre de la route nationale Nᵒ 1 Meiganga-Ngaoundéré dans le département du Mbéré, région de l’Adamaoua, affiche un visage peu reluisant, malgré la volonté des élèves et du personnel d’encadrement. Selon Yaya, le directeur de cet établissement, l’école a enregistré au cours de l’année scolaire passée un taux de réussite de 100 % au concours d’entrée en 6ᵉ au lycée classique et moderne de Meiganga, de 100 % au collège d’enseignement secondaire (CES) de Meiganga, de 80 % au certificat d’études primaires (CEP) et de 50 % au lycée bilingue de la même ville. Ces résultats cachent un malaise profond qui ronge cette école depuis des années.
À la section d’initiation à la lecture (SIL), par exemple, ils sont environ 83 élèves pour seulement quatre table-bancs. La majorité des élèves n’a pour table-banc que le sol, cimenté par endroits. Pour la titulaire de la classe, les parents ont le courage d’envoyer les enfants à l’école, mais les infrastructures manquent. Ce qui constitue pour beaucoup d’élèves une source de découragement. « Il faut vraiment faire quelque chose, car les enfants sont assis à même le sol. Vu leur jeune âge, ils sont constamment malades, car exposés au froid. Les parents sont obligés de laver les tenues tous les jours. Ce n’est pas facile, surtout que nous sommes en zone rurale », explique madame Bessala, institutrice. Comme elle, Bello Pierre, notable de la chefferie de troisième degré de ce village, espère que les autorités se souviendront d’eux un jour. « Nous ne sommes pas loin de la grande route et de la route qui va vers Djohong, avec une ouverture sur la République centrafricaine (RCA). Peut-être qu’un diplomate de passage sur cet axe découvrira une école comme celle-ci ; ça n’honore pas notre pays », se lamente-t-il, avant de lancer un appel aux élites de la région et du département.
Risques de maladies
Sur les trois bâtiments que compte cet établissement primaire, à peine 20 tables-bancs sont disponibles pour plus de 600 élèves. « Voyez-vous, les élèves prennent cours assis à même le sol, ils sont exposés aux maladies. Tous les jours, les parents se plaignent de cas de paludisme chez les enfants. Pire encore, les latrines sont absentes. Les enfants et même les enseignants sont obligés d’aller dans la brousse pour déféquer et uriner. En saison des pluies, c’est une source de maladies et il y a un risque de morsure de reptiles comme les serpents », se désole madame Bessala. Lors de notre passage, nous avons également appris qu’après l’affaissement des latrines, la mairie avait promis de les réparer, mais deux semaines après la rentrée de l’année scolaire en cours, rien n’avait été fait. Les enseignants et les élèves attendent encore un geste salvateur pour les sauver du pire. « Au-delà des problèmes de latrines et de salles de classes, nous voulons aussi des enseignants, car nous n’avons que quatre enseignants titulaires, dont trois hommes et une femme, ainsi que deux institutrices recrutées par les parents via l’APEE », fait savoir le directeur.
Plaidoyers du village
Pour remédier à ce problème qui ternit l’image de cette école, les parents, par la voix du premier notable Bello Pierre, espèrent que cette situation sera réglée le plus tôt possible afin de permettre aux enfants de poursuivre leur apprentissage. « Nous avons reçu des cahiers et autres fournitures scolaires de l’association pour l’entraide et le soutien mutuel des Gbaya, Moinam, mais nous attendons plus. Nous implorons nos frères élites qui occupent des hautes fonctions au niveau national et international de nous venir en aide », plaide Bello Pierre. Pour le docteur Mbarbe Kombélé Eric, président régional des jeunes du Moinam, joint au téléphone par nos soins, le chantier est énorme, mais une quête sera lancée afin d’appuyer les collectivités territoriales décentralisées pour résoudre ce problème qui n’honore pas les écoles dans les contrées gbaya.
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En zone d’éducation prioritaire, les écoles de ce genre maintiennent cette partie du pays dans ce statut. Malgré les efforts du personnel enseignant et des parents, l’école primaire publique de Nganhi dans l’arrondissement de Meiganga reste confrontée à un problème de salles de classes, de tables-bancs et de latrines. Ce qui rend difficile l’atteinte des objectifs en matière d’éducation.
Jean BESANE MANGAM













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