Après 15 jours de blocage, 600 camions et plus de 3 000 têtes de bétail ont été acheminés vers Yaoundé pour rétablir l’offre dans le sud, mais les prix restent en hausse avec un transport désormais facturé jusqu’à 1,2 million FCFA par camion.
La filière bovine retrouve de l’élan après une paralysie de plus de deux semaines liée aux tensions post-électorales. Selon l’Association nationale des commerçants en bétail du Cameroun, plus de 3 000 têtes de bœufs ont rejoint les marchés de Yaoundé durant le week-end des 8 et 9 novembre, marquant la première vague de réapprovisionnement depuis la rupture de flux provoquée par les manifestations.
Les corridors reliant le septentrion aux régions du Sud avaient été fortement perturbés, entraînant une raréfaction de la viande de bœuf et une explosion des prix. La reprise s’est opérée après des négociations avec les transporteurs, permettant à la principale plateforme de Yaoundé également carrefour pour le Gabon et la Guinée équatoriale de fonctionner de nouveau à pleine capacité.
D’après le ministère de l’Élevage, environ 600 camions ont convergé vers la capitale sur deux jours : 500 en provenance de Ngaoundéré le 8 novembre, puis une centaine supplémentaire lors de leur arrivée le lendemain. Une cinquantaine de véhicules ont aussi été redirigés vers Douala, où la contestation post-électorale avait alimenté une inflation généralisée.
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Malgré ce regain d’activités, les prix au détail n’ont pas encore retrouvé leur niveau d’avant-crise. Le kilogramme de viande avec os se négocie autour de 3 000 FCFA, contre 2 500 FCFA avant les troubles, et la viande désossée atteint 3 500 FCFA au lieu de 3 000 FCFA. La hausse s’explique en grande partie par l’augmentation drastique des frais de transport, désormais situés entre 1 million et 1,2 million FCFA par camion, soit plus du double des coûts habituels.
Le redémarrage des flux constitue un progrès notable, mais la stabilisation des prix dépendra du rétablissement complet de la sécurité sur les axes routiers et d’un retour à des coûts logistiques compatibles avec une distribution normale vers Yaoundé, Douala et les marchés de la sous-région.
Mireille Siapje














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