L’information a été relevée lors de la célébration de la 38e édition de la journée mondiale de lutte contre le sida dans la région du Littoral, jeudi 4 décembre 2025. Au cours de cet événement, 107 acteurs de la santé, ont été honorés.
« Dans la région du Littoral, nous estimons que nous avons à peu près 91 800 personnes qui vivent avec le Vih », révèle le Dr Victorine Noëlle Nicole Ngo Ntamack Yongui, coordonnateur du groupe technique régional (GTR) de lutte contre le Sida dans le Littoral. Lors de la célébration de la 38è édition de la journée mondiale de lutte contre le Sida à Douala, elle a indiqué les progrès réalisés dans la région du Littoral en matière de lutte contre cette maladie infectieuse.
« Rendu à ce jour décembre 2025, nous avons déjà dépisté 93% de ces personnes, nous avons 72 300 personnes qui sont sous traitement dans la région, pour une prévalence de 2,4% et surtout une séropositivité qui a beaucoup évolué, en 2004 nous avons une séropositivité de 5,4 et en 2025 nous avons une séropositivité de 1,5% », se réjouit-elle.
En effet, selon les estimations de Spectrum, 91 809 personnes vivaient avec le VIH dans la région du Littoral en 2024. De plus, la file active de la région du Littoral représente 16% de la file active nationale (71 683/456 733). La file active est majoritairement féminine (70%), avec une base des enfants de moins de 15 ans effilée (seulement 2%).,
Transformer la riposte au sida
L’atteinte des trois cibles 95-95-95 est donc en marche. D’où la reconnaissance accordée aux acteurs qui sont en première ligne dans la lutte contre le Vih/Sida dans la région du Littoral. Jeudi dernier, 107 personnes œuvrant depuis 35, 20 et 15 ans ont reçu des médailles d’honneur de travail. Une première dans la région du littoral.
« J’ai un sentiment de fierté et de reconnaissance », s’est exprimé avec gratitude Joël Kapnan Ngongang, récipiendaire, avant de poursuivre. « Nous attendons aussi qu’il y ait un statut pour les acteurs communautaires, pour qu’il soit reconnu par la fonction publique ». Il a reçu deux médailles, en Argent et en Vermeil.
« C’est une grande première dans la région du Littoral et je dirai même au niveau national, les médailles d’honneur de travail de la République du Cameroun ont été décernés à ces personnes qui accompagnent au quotidien, qui mettent sous traitement, qui sensibilisent et qui permettent aux personnes d’avoir une charge virale indéterminée », a déclaré Dr Nicole Ngo Ntamack, coordonnateur du groupe technique régional de lutte contre le Sida dans le Littoral.
Organisé sous le thème : « Surmonter les perturbations, transformer la riposte au sida », l’évènement a souligné la nécessité d’un engagement renouvelé et de stratégies novatrices pour relever les défis posés par les perturbations récentes, notamment les pandémies et les changements sociaux. Ce thème d’après le Délégué régional de la santé publique, souligne l’importance d’adopter de nouvelles approches pour garantir l’accès de tous aux services de prévention, de traitement et de soins.
87 % de personnes atteintes du VIH suivent un traitement
Dans l’évocation des statistiques, le Délégué régional à la santé publique pour le Littoral, le Dr Saurel Ngo’o Mebe, a ajouté que parmi les personnes infectées, 93 % connaissent leur statut sérologique et que 87 % d’entre elles suivent un traitement. Il a précisé qu’à l’heure actuelle, 71 693 personnes vivant avec le Vih dans la région sont traitées et font l’objet d’un suivi. Le gouverneur de la région du Littoral et président du comité régional de lutte contre le Vih/Sida, Samuel Dieudonné Ivaha Diboa, a déclaré que, depuis 38 ans, le gouvernement a mis en œuvre diverses mesures pour lutter contre le Vih/Sida et que le taux d’infection a diminué. Il a ajouté que le Cameroun s’est également engagé dans la lutte contre la stigmatisation et la discrimination des personnes vivant avec le virus.
Dans le baromètre du GTR Sida Littoral, il est indiqué que la file active de la région a pratiquement quadruplé. Cette augmentation a été accentuée en 2016 avec l’implémentation du « test and treat », même comme elle semble stagner entre 2023 et 2025, ceci étant dû en partie à la baisse enregistrée en 2024. De plus, avec la baisse des financements américains et la suspension temporaire des activités des partenaires d’implémentation sous financement Pepfar (gouvernement américain), en 2024, il y’a eu une baisse des ressources humaines (réduction du personnel) et des ressources financières (réduction des dispensations en communauté, réduction des visites à domicile, réduction du crédit de communication).
Ghislaine Deudjui














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