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VIH-SIDA : Seule l’injustice maintient l’épidémie

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630 000 morts évitables par an. Le verdict de Dr Rusangwa et Josiane N’Koh Kouame, deux leaders africains : « Nous serons jugés sur ce que nous avons refusé de changer. »

Le monde dispose d’à peine cinq ans pour mettre fin à l’épidémie de VIH. C’est le message lancé par le Dr Christian Rusangwa, directeur de l’assistance technique à Muso, et Josiane Adja N’Koh Kouame, présidente de l’ONG ivoirienne GNOUWIETA, dans une tribune coup de poing publiée ce 7 décembre 2025.

« Mettre fin au VIH n’est plus un défi scientifique. C’est un choix moral », affirment-ils. Les traitements antirétroviraux sauvent déjà plus de 30 millions de personnes, les décès liés au sida ont chuté de 70 % depuis le pic de l’épidémie et de nouveaux outils révolutionnaires (autotest, PrEP injectable), traitements à longue durée d’action, sont disponibles. Pourtant, en 2023, 1,3 million de personnes ont encore été nouvellement infectées et 630 000 en sont mortes.

Le blocage n’est pas technique : il est politique et social. 

En Afrique subsaharienne, où vivent les deux tiers des personnes séropositives, les adolescentes et jeunes femmes représentent plus de 60 % des nouvelles infections. En Europe de l’Est et en Asie centrale, les contaminations augmentent à cause de lois punitives et de la criminalisation des usagers de drogues. Même dans les pays riches, les communautés noires, migrantes et LGBTQI+ restent dramatiquement exposées.

« Ces inégalités ne sont pas accidentelles. Elles sont le fruit de choix politiques, de normes sociales et d’un sous-financement chronique des acteurs communautaires qui connaissent pourtant les solutions », dénoncent ces acteurs.

Ils exigent trois ruptures immédiates :  Un financement domestique massif dans les pays les plus touchés, pour ne plus dépendre d’aides externes vacillantes. L’implication réelle du secteur privé local, qui bénéficie d’une population en bonne santé.  Un transfert de pouvoir vers les pays et les communautés les plus concernés, aujourd’hui marginalisés dans les instances internationales.

« L’Afrique montre la voie, mais elle ne peut pas agir seule », préviennent-ils, alors que la lassitude des bailleurs de fonds menace les progrès fragiles acquis de haute lutte.

Leur conclusion est sans appel : l’Histoire ne retiendra pas la sophistication de nos technologies, mais notre refus ou notre courage de les rendre accessibles à tous.

« Avons-nous le courage de choisir l’équité ? Si oui, la génération qui a vu naître l’épidémie pourrait aussi en voir la fin. Sinon, nous serons jugés sur ce que nous avons toléré plutôt que sur ce que nous savions. »

Un appel qui résonne comme un ultimatum avant la Journée mondiale de lutte contre le sida et à l’approche des grandes conférences internationales de 2026.

Mireille Siapje

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