Shopping cart

Subtotal CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
ACTUALITE

Mpox : 47 cas confirmés

Email : 13

Entre le 5 avril et le 3 mai 2026, neuf nouveaux cas de Mpox ont été confirmés au Cameroun, portant à 47 le nombre total de cas depuis le début de l’épidémie en novembre 2025.

C’est un signal d’alarme que les autorités sanitaires ne pouvaient plus ignorer. Entre le 4 mai et le 4 juin 2026, le Cameroun a enregistré 19 nouveaux cas confirmés de Mpox, portant à 66 le nombre total de contaminations depuis le début de l’épidémie en novembre 2025. Dans le même temps, la campagne de vaccination lancée il y a deux mois peine à convaincre : seules 222 personnes ont été immunisées, dont 86 agents de santé et 86 sujets contacts. Un bilan contrasté qui a conduit les experts à se réunir en revue intra-action à Mbalmayo du 6 au 8 mai, afin de réajuster une stratégie de riposte encore trop fragile face à une maladie qui circule désormais dans sept régions.

Le rapport de situation N°10, couvrant la période du 4 mai au 4 juin 2026, dresse un constat sans appel. La dynamique épidémique ne faiblit pas. Sur les 41 cas suspects notifiés durant cette période, 34 ont été prélevés et 19 se sont révélés positifs, soit un taux de positivité de 55,9 pour cent. Un bond inquiétant qui contraste avec les mois précédents et témoigne d’une circulation active du virus, particulièrement dans trois régions.

Le Littoral en première ligne, l’Ouest et le Sud-Ouest désormais touchés

La région du Littoral reste l’épicentre de l’épidémie. À elle seule, elle concentre 16 des 19 nouveaux cas confirmés. Les districts de santé de New-Bell (5 cas), Deido (3 cas) et Nylon (3

cas) sont les plus affectés, mais la propagation s’étend désormais à des zones jusqu’alors épargnées comme Yabassi (2 cas), Nkongsamba (1 cas) et la Cité des Palmiers (1 cas). Le rapport précise également que deux cas ont été identifiés dans la région de l’Ouest, dans les districts de Mifi et Bangourain, ainsi qu’un cas dans le district de Buea, au Sud-Ouest. « Les deux clades circulent au Cameroun dans les régions du Centre, du Littoral et du Sud-Ouest », indique le document. Dans le détail, quarante cas sur quarante-sept, soit 85 pour cent, sont de clade 2 dans la région du Littoral, tandis que quatre cas, soit 9 pour cent, relèvent du clade 1. Les deux cas confirmés dans l’Ouest et le cas de Buea sont quant à eux de clade 2. Cette co-circulation impose une vigilance accrue, les deux variants présentant des profils de gravité distincts.

Le bilan humain s’est alourdi. Un nouveau décès a été enregistré pendant la période considérée, portant à deux le nombre total de morts depuis le début de l’épidémie. Il s’agit d’un cas confirmé survenu le 6 mai 2026 dans le district de santé de Maroua 2, en région de l’Extrême-Nord. Le taux de létalité global s’élève désormais à 0,7 pour cent. Par ailleurs, six cas de co-infection Mpox et VIH ont été identifiés, soit 9,1 pour cent des cas confirmés, un chiffre qui appelle à une prise en charge spécifique de ces patients vulnérables.

Revue intra-action à Mbalmayo : diagnostiquer pour mieux riposter

Face à cette dégradation de la situation, les autorités sanitaires ont organisé du 6 au 8 mai 2026 un atelier de revue intra-action de la gestion de l’épidémie à Mbalmayo. L’objectif était clair : identifier les failles du dispositif et proposer des mesures correctives pour les mois à venir.

Parmi les principales conclusions figure le diagnostic déjà posé dans les précédents rapports : le délai entre l’apparition des premiers symptômes et la confirmation en laboratoire reste trop long. Ce retard, préjudiciable à la prise en charge des patients et au déclenchement des investigations autour des cas, handicape lourdement la chaîne de surveillance épidémiologique.

Le rapport note également que 640 contacts ont été listés dans six régions, dont 616 ont été suivis. Parmi eux, douze sont devenus des cas suspects et trois des cas confirmés, dans les districts de Deido et Nylon. À la date du 4 juin, 475 contacts étaient sortis du suivi, mais 141 restaient encore sous surveillance, dont 28 à Deido et 31 à New-Bell. Des investigations complémentaires sont en cours pour finaliser le listage des contacts des nouveaux cas confirmés à Deido, Cité des Palmiers, New-Bell, Nkongsamba et Yabassi.

Vaccination : des ambitions à la réalité du terrain

Le lancement officiel de la vaccination le 11 avril 2026 à Douala avait suscité beaucoup d’espoir. Près de deux mois plus tard, le bilan est mitigé. Au total, 222 personnes ont été vaccinées dans trois districts : Deido (Littoral), Nkolafamba (Centre) et Mifi (Ouest). Parmi elles, 86 agents de santé, 86 sujets contacts de cas confirmés et 45 personnes issues d’autres populations à risque. Aucun cas de MAPI, c’est-à-dire d’événement indésirable grave, n’a été notifié à ce jour. Ce chiffre demeure très en deçà des objectifs initiaux. Les autorités sanitaires pointent du doigt l’hésitation vaccinale des contacts de cas confirmés, un phénomène déjà observé lors d’autres campagnes de vaccination et qui constitue désormais un défi majeur. Le rapport identifie quatre obstacles principaux : l’insuffisance du nombre d’équipes dédiées à la recherche active des cas et au suivi des contacts, l’acquisition difficile des intrants de laboratoire, l’hésitation vaccinale elle-même, et enfin la mobilisation insuffisante des ressources pour l’implémentation de la stratégie vaccinale ciblée autour des cas. Malgré ces difficultés, des

progrès ont été enregistrés sur d’autres fronts. La logistique a permis le déploiement des vaccins dans les dix régions du pays. Des intrants offerts par l’ambassade des États-Unis via FHI 360 ont été répartis dans la région de l’Ouest. Par ailleurs, un webinaire sous-régional de partage d’informations et d’expériences sur la Mpox a réuni le 21 mai six pays voisins (Congo, RCA, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad), signe d’une coopération transfrontalière qui se renforce face à une menace qui ne connaît pas de frontières.

Des gestes simples pour endiguer la propagation

En attendant que la couverture vaccinale atteigne un niveau suffisant, le rapport rappelle avec insistance les mesures barrières qui restent le premier rempart contre la maladie. Il est recommandé de se laver régulièrement les mains avec de l’eau propre et du savon après avoir manipulé un animal ou un produit d’origine animale, et après avoir pris soin d’une personne présentant les symptômes du Mpox. Il faut éviter tout contact avec les fluides corporels des personnes malades, y compris les rapports sexuels non protégés, et ne pas toucher aux animaux sauvages malades ou trouvés morts. La cuisson à point des aliments d’origine animale ainsi que leur lavage avant consommation sont également essentielles. Enfin, les soignants comme les aidants sont invités à porter des gants avant la prise en charge d’un malade et à se laver soigneusement les mains après tout geste à risque. La population est invitée à se rendre dans la formation sanitaire la plus proche dès l’apparition de symptômes évocateurs et à composer le numéro d’urgence 1510 en cas de doute.

Les prochaines étapes d’une riposte à réinventer

Le rapport de situation N°10 liste également les actions prioritaires pour les semaines à venir. Une réunion de collaboration Sud-Sud entre la République démocratique du Congo et le Cameroun est prévue pour partager les expériences en matière de vaccination contre la Mpox. Des formations seront organisées à l’intention des acteurs des districts de santé d’Akwaya, Mbonge et Buea, ainsi que dans la région du Nord-Ouest, sur la gestion globale des cas.

Un briefing en cascade des mobilisateurs, vaccinateurs, équipes cadres des districts et téléopérateurs est également programmé pour relancer la campagne vaccinale. Parallèlement, le renforcement des capacités des personnels sur les techniques de prélèvement, de conditionnement et de transport des échantillons demeure une priorité absolue. L’heure n’est plus à la simple observation. Avec 66 cas confirmés, deux décès, sept régions touchées et une vaccination qui patine, le Cameroun fait face à un test décisif. La revue intra-action de Mbalmayo a posé un diagnostic lucide. Reste désormais à transformer les recommandations en actes concrets sur le terrain, avant que l’épidémie ne bascule dans une phase plus difficile à maîtriser.

Related Tags:
img

Elvis Serge NSAA DJOUFFO TALLA est un journaliste camerounais spécialisé en santé et enquêtes de terrain, actuellement rédacteur en chef adjoint au groupe Echos-Santé. Lauréat de plusieurs prix nationaux pour ses reportages sur la tuberculose et le VIH, il allie rigueur factuelle et engagement pour les droits humains, notamment à travers des enquêtes sur l’accaparement des terres, la mortalité minière ou l’accès aux soins. Sa démarche s’appuie sur une expertise vérifiée, renforcée par une formation en vérification des faits et un engagement continu pour un journalisme porteur de changement social.

Leave a Reply

Articles similaires

📰 Dernière parution : Echos santé n°1412 du lundi 8 juin 2026

×