Réunis en Assemblée Générale Ordinaire ce 29 mai 2026 à Bafoussam, les membres de la Cameroon MedicalDevicesSuppliersCorporation (CMDSC) ont mis à nu les pathologies financières qui consument leurs trésoreries, pointant du doigt l’embolie des impayés hospitaliers et la concurrence déloyale de l’informel.
Quand le flux financier d’une entreprise biomédicale s’arrête, c’est le pronostic vital de tout le système sanitaire camerounais qui se retrouve engagé. Face à cette menace de mort clinique qui pèse sur l’approvisionnement des hôpitaux, la ville de Bafoussam a abrité le diagnostic le plus crucial de la décennie pour la survie des plateaux techniques nationaux. C’est en ce lieu de concertation majeure que la Corporation des Distributeurs de Dispositifs Médicaux du Cameroun, a réuni son Assemblée Générale Ordinaire ce 29 mai 2026. Le constat chiffré par plus de soixante structures agréées est sans appel car le secteur des équipements de diagnostic, d’imagerie et de surveillance refuse de subir les conséquences d’un traitement budgétaire défaillant. L’éthique professionnelle servira désormais de protocole de soins et l’unité de remède absolu pour restaurer l’équilibre d’un marché en pleine mutation technologique.
L’état des lieux présenté à Bafoussam révèle une pathologie structurelle profonde qui fragilise l’ensemble des distributeurs légalement établis au Cameroun. Les consommables médicaux, les réactifs de laboratoire, les dispositifs de stérilisation et le mobilier hospitalier constituent les organes vitaux de la prise en charge des patients. Pourtant, le circuit économique de ces technologies indispensables souffre d’une embolie sévère provoquée par l’accumulation systémique des factures impayées dans les formations sanitaires publiques, privées et parapubliques. Pour de nombreuses petites et moyennes entreprises biomédicales, ces créances se comptent en plusieurs millions de francs CFA, ce qui représente des immobilisations de capitaux insupportables et une part trop lourde de leur chiffre d’affaires annuel.
Cette absence prolongée de liquidités engendre des complications financières en chaîne pour les fournisseurs agréés. Les trésoreries d’entreprises se retrouvent en état d’asphyxie, rendant impossible le règlement à date des fabricants internationaux et perturbant gravement le rythme des importations de dispositifs de sécurité. Pour maintenir leur activité de distribution et assurer le salaire des ingénieurs d’application, plusieurs structures se voient contraintes de souscrire à des crédits bancaires toxiques, s’enfonçant ainsi dans un endettement chronique. Ce déséquilibre budgétaire majeur freine le renouvellement des stocks et compromet la capacité des distributeurs
à investir dans les innovations de pointe, menaçant à terme la continuité des soins dans les blocs opératoires et les services de réanimation.
Les mutations technologiques rapides et le virus de la concurrence déloyale
Parallèlement à cette crise de trésorerie, le marché de la santé vit une métamorphose technique sans précédent sous l’impulsion de la digitalisation, de la télémédecine, de l’automatisation des laboratoires et de l’intelligence artificielle appliquée à l’imagerie médicale. Ces évolutions exigent des opérateurs une mise à niveau constante de leurs compétences et une expertise pointue en matière de maintenance biomédicale. Les hôpitaux et les cliniques ne recherchent plus de simples fournisseurs de matériel, mais de véritables partenaires techniques capables d’offrir des solutions complètes, un service après-vente rapide et des garanties de qualité internationale. Cette transition technologique indispensable demande des ressources financières stables, précisément confisquées par les impayés.
Pour aggraver ce tableau clinique, le secteur subit les effets délétères d’un marché informel particulièrement agressif. La prolifération d’acteurs non qualifiés et non agréés injecte dans le circuit sanitaire des produits non conformes, des dispositifs non homologués et parfois des contrefaçons qui mettent en péril la sécurité des patients. Ces circuits parallèles contournent les exigences réglementaires, s’affranchissent des procédures d’importation officielles et s’adonnent à des pratiques commerciales frauduleuses. Cette concurrence déloyale pollue la crédibilité de la profession et fausse les règles d’un marché sain, rendant l’isolement des distributeurs légaux synonyme d’extinction économique.
Les grandes recommandations thérapeutiques de l’Assemblée Générale de Bafoussam
Face à ces multiples dysfonctionnements, les résolutions adoptées lors des assises de Bafoussam prescrivent une thérapie de choc pour assainir durablement l’environnement des dispositifs médicaux au Cameroun. La première recommandation majeure impose la mise en place immédiate d’un cadre de concertation unifié et d’une plateforme de dialogue direct avec les autorités sanitaires et administratives du pays. La CMDSC refuse désormais que la négociation des créances s’opère de façon individuelle. La corporation va porter une voix unique et structurée auprès du Ministère de la Santé Publique pour exiger l’établissement de calendriers de paiement contraignants et faire respecter les engagements contractuels des structures hospitalières débitrices.
La deuxième recommandation adoptée d’accord partie cible l’éradication des mauvaises pratiques par un renforcement de la discipline interne et de l’éthique professionnelle. La corporation s’engage à devenir un outil de régulation morale en luttant activement contre l’exercice illégal de la profession et en dénonçant systématiquement les importations frauduleuses auprès des douanes et des autorités de contrôle. Enfin, la troisième grande résolution commande un investissement massif dans la formation continue des membres afin de standardiser les compétences techniques liées aux équipements connectés et de garantir une traçabilité totale des dispositifs médicaux depuis l’usine du fabricant jusqu’au lit du patient.
Une synergie corporatiste pour une réhabilitation globale du système de santé
Le salut des distributeurs de dispositifs médicaux réside dans leur capacité à mutualiser leurs efforts pour transformer leur représentativité institutionnelle. Née de la volonté de structurer un
secteur longtemps resté fragmenté, la CMDSC, dont la direction opérationnelle demeure localisée à Douala, capitalise désormais sur la forte mobilisation de ses membres à travers les différentes régions du pays. Le dynamisme affiché par la Coordination Régionale Ouest lors de la préparation des travaux de Bafoussam illustre la volonté de décentraliser le suivi des réformes et d’assurer une communication permanente entre toutes les entreprises agréées du territoire national. L’objectif à court terme est de consolider cette force de proposition pour en faire un partenaire incontournable des pouvoirs publics, des ordres professionnels et des organisations internationales. En agissant avec une responsabilité éthique irréprochable et en garantissant un haut niveau de sécurité biomédicale, les membres de la corporation entendent démontrer que la viabilité économique de leurs entreprises est indissociable de la qualité globale des soins administrés aux populations camerounaises.
Les déclarations officielles des instances dirigeantes à l’issue des travaux
Le Président du Bureau Exécutif de la CMDSC a exprimé l’engagement total de l’organisation lors de ses interventions officielles devant l’assemblée des délégués : “Pendant cette journée d’échanges, de réflexions et de concertations, nous avons ensemble démontré que notre corporation est résolument engagée sur la voie de l’unité, de la cohésion et du professionnalisme. Les débats ont été riches, constructifs et porteurs d’espoir pour l’avenir de notre secteur.” Évoquant l’obligation d’adapter les structures professionnelles aux nouvelles réalités du marché biomédical, le dirigeant a souligné l’importance de la thématique choisie : “Le thème qui nous a réunis cette année : Unité et cohésion des distributeurs de dispositifs médicaux au Cameroun : bâtir une corporation forte et éthique face aux mutations du marché de la santé, doit continuer à guider nos actions au quotidien. Plus que jamais, nous devons rester unis, solidaires et déterminés à défendre les intérêts de notre profession dans le respect des lois, de l’éthique et des exigences de qualité.”
Abordant de front le dossier brûlant des factures en souffrance qui paralyse l’activité des importateurs, le chef de l’exécutif a lancé un appel solennel à la solidarité entre pairs : “Au-delà des défis organisationnels et réglementaires, notre corporation est également confrontée à une problématique majeure qui fragilise considérablement nos entreprises : celle des factures impayées dans plusieurs formations sanitaires. Cette situation met en difficulté de nombreux distributeurs de dispositifs médicaux, affecte leur trésorerie, ralentit leurs activités et menace parfois même leur survie. Face à cette reality, nous devons faire preuve de cohésion et de solidarité. Aucun membre ne doit se sentir abandonné devant ces difficultés.” Pour sceller la fin des travaux de Bafoussam et tracer la ligne de conduite future, le Président a exhorté l’ensemble des participants à s’approprier les conclusions du congrès : “Je nous invite donc à transformer les résolutions prises au cours de cette Assemblée Générale en actions concrètes sur le terrain. L’avenir de notre corporation dépend de notre capacité à travailler ensemble, à mutualiser nos efforts et à privilégier l’intérêt collectif.” À sa suite, l’exposé technique présenté par Walter YOUDOM pour le compte de GERSY BUSINESS CORPORATION SARL a rappelé que l’évolution des attentes hospitalières oblige les distributeurs à rompre définitivement avec l’ancien modèle commercial pour endosser le rôle exclusif de partenaires biomédicaux fiables. Le protocole de rétablissement du marché de la santé est désormais validé.













