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Ebola en RDC : L’ONU déploie une contre-offensive massive pour endiguer l’épidémie

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Face à la hausse des cas confirmés d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo, l’OMS intensifie sa stratégie. Grâce à la décentralisation des laboratoires et à un traçage intensif des contacts, l’organisation structure une riposte de bout en bout pour briser la chaîne de transmission.

La décentralisation des laboratoires et le traçage intensifs des contacts permettent de riposter face à Ebola

Plus de tests, donc plus de malades identifiés. Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), la recrudescence des contaminations par le virus Ebola ne traduit pas un échec, mais une montée en puissance inédite du dépistage. C’est le message de confiance porté par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui orchestre sur le terrain une riposte technologique et humaine sans précédent.

Depuis Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri qui concentre à elle seule 94 % des cas recensés dans le pays, le Dr Abdirahman Mahamud se veut rassurant. « Notre

progression est lente mais sûre », affirme le directeur des opérations d’urgence de l’OMS. L’accélération de la détection repose sur un maillage stratégique de laboratoires de terrain ouverts au plus près de l’épicentre, notamment à Mongbwalu. Cette décentralisation permet de s’affranchir des contraintes logistiques d’un territoire immense. « L’Ituri est aussi grand que la France », rappelle le responsable. Si les résultats sont obtenus en deux heures à Bunia, ils demandaient autrefois de longs trajets. Un nouveau laboratoire à Aru réduira bientôt ces délais critiques dans les zones reculées.

Le traçage, pilier de la riposte

L’autre arme majeure de cette contre-offensive réside dans une traque systématique des chaînes de transmission. Au dernier décompte, 5 040 cas contacts ont été identifiés dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Grâce au déploiement d’une centaine d’experts, incluant des épidémiologistes et des spécialistes en vaccination, 62 % de ces contacts sont aujourd’hui quotidiennement suivis. L’objectif avoué de l’ONU est d’atteindre un taux de couverture de 90 à 95 % dans les prochaines semaines.

Ce dispositif s’appuie massivement sur les agents de santé locaux. Véritables sentinelles, ils assurent le dépistage précoce et l’orientation des malades vers les centres de traitement. Ce système de données intégré souffre néanmoins de l’isolement de certaines régions. Dans un territoire où les échantillons mettent parfois huit heures de route pour être analysés, l’accès limité à Internet reste un défi technique majeur pour le partage des informations en temps réel.

Malgré ces obstacles, les premiers succès thérapeutiques confirment l’efficacité de la méthode : 19 guérisons ont été officiellement enregistrées pour un bilan global de 550 cas confirmés et au moins 101 décès (auxquels s’ajoutent 19 cas en Ouganda voisin). « Le dépistage précoce sauve des vies », insiste le Dr Mahamud, tout en rappelant que la victoire finale dépendra avant tout de la confiance et de la collaboration des communautés locales.

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Audray Ndengue

Journaliste

Ndengue Audray, journaliste dans le groupe Échos santé, Brevet de Technicien Supérieur en sciences et techniques de l'information et de la communication à l'Institut Universitaire Siantou. Écris et parle parfaitement le français

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