Shopping cart

Subtotal CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
  • Home
  • A LA UNE
  • Aide humanitaire à l’agonie : l’ONU laisse tomber 180 millions de personnes
A LA UNE

Aide humanitaire à l’agonie : l’ONU laisse tomber 180 millions de personnes

Email : 395

44 milliards espérés, Seulement 13 % récoltés, l’ONU jette l’éponge faute d’argent. L’Afrique paie le prix fort. Le Cameroun, déjà en surchauffe, s’enfonce dans une spirale de précarité. La société civile lutte, Africa CDC alerte, les chefs d’État promettent. Mais jusqu’à quand ?

La nouvelle est tombée ce lundi 16 juin comme un coup de massue sur la tête des humanitaires et des pays fragiles : l’ONU revoit à la baisse son aide humanitaire. Et pas qu’un peu. Sur les 44 milliards de dollars initialement espérés pour 2025, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) n’a pu mobiliser que 5,6 milliards, soit à peine 13 % du montant. Conséquence immédiate : des coupes drastiques, des priorités redéfinies… et des millions de vies humaines laissées pour compte. Le « tri de la survie humaine » est en marche. « Nous sommes forcés de faire un tri de la survie humaine », a reconnu sans détour Tom Fletcher, patron de l’OCHA.

L’Afrique, grande sacrifiée de l’ordre mondial

Du Soudan à la RDC, de Gaza au Sahel, les foyers de crise se multiplient. Et pendant ce temps, l’argent s’évapore. L’Afrique, qui abrite plus de la moitié des personnes nécessitant une aide humanitaire, se retrouve cruellement lésée. Les cinq zones du monde les plus exposées à la famine, selon le dernier rapport conjoint de la FAO et du Programme alimentaire mondial (PAM), se trouvent… toutes en Afrique (sauf Haïti) : Gaza, Soudan, Soudan du Sud, Mali et Haïti.

Et au Cameroun ? C’est l’état d’urgence permanent. Dans l’Extrême-Nord, les attaques sporadiques des groupes armés ont jeté sur les routes des milliers de familles. À l’Est, les réfugiés centrafricains vivent entassés. Et dans les régions anglophones, les violences ne faiblissent pas, alimentant une crise humanitaire oubliée. Pourtant, l’aide internationale recule.

L’Amérique se retire, le chaos avance

La décision de l’ex-président américain Donald Trump de sabrer dans les budgets d’aide extérieure continue de faire des ravages. Washington, premier contributeur historique de l’aide humanitaire mondiale, s’est retiré, laissant un gouffre impossible à combler. Moins de vaccins, moins de médicaments, moins de kits alimentaires… Résultat : les enfants meurent, les mères accouchent sans soins, les épidémies reviennent.« Ce que nous demandons, c’est 1 % de ce que le monde a dépensé pour la guerre en 2024. Juste 1 % pour sauver des vies », a imploré Fletcher.

Le Cameroun : survivre dans l’oubli

Le Cameroun est à la croisée des crises. Selon les dernières données du Bureau de la coordination humanitaire au Cameroun, plus de 4,7 millions de personnes ont besoin d’une assistance d’urgence. Mais les ONG locales, elles aussi asphyxiées, peinent à répondre. L’une d’elles, basée à Maroua, témoigne : « On a dû suspendre les distributions de riz. Les stocks sont vides, et les financements, gelés. Les familles survivent avec moins d’un repas par jour. »

Les associations communautaires se battent avec courage, organisant des tournées mobiles de sensibilisation, des soins improvisés, des campagnes de dons locaux. Mais la tâche est herculéenne. Les appels à l’aide se multiplient, sans réponse.

Africa CDC en alerte : la santé publique menacée

Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), bras armé du continent contre les pandémies, est lui aussi en grande difficulté. Sa mission de coordination régionale est fragilisée par la chute des financements extérieurs. De nombreux pays membres, déjà en crise, ne peuvent pas compenser. La surveillance des maladies infectieuses, la vaccination, la formation des équipes sanitaires : tout est au ralenti.

Suite au conséquences dévastatrices du Covid19 et du gel américain, des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, les dirigeants ont pris des engagements fermes : soutenir la production locale de vaccins, renforcer les financements domestiques, améliorer l’accès aux soins de santé primaire. Mais sur le terrain, peu de ces promesses se traduisent en actions concrètes. « Nous ne pourrons pas affronter une nouvelle pandémie avec un système aussi vulnérable », avertit Dr Jean Kaseya, directeur d’Africa CDC.

Vers un effondrement silencieux ?

La crise actuelle dépasse les chiffres. Elle interroge l’humanité. Alors que les budgets militaires explosent et que les discours sur les droits humains se multiplient dans les forums internationaux, des millions de personnes vivent dans l’indignité la plus totale.

À l’ouverture de la session d’été du Conseil des droits de l’Homme, Volker Türk, Haut-Commissaire de l’ONU, a été clair : « Les réductions de financement des mécanismes internationaux des droits de l’Homme offriront du réconfort aux dictateurs et aux autoritaires. »

Au Cameroun, en Afrique, et dans de nombreuses régions oubliées du monde, la survie est devenue une loterie. Ce n’est plus une question de solidarité. C’est une question de justice.

« Faire plus avec moins », dit l’ONU. Mais sur le terrain, c’est « faire l’impossible avec rien ». Combien de temps encore les sociétés civiles africaines pourront-elles tenir sans un sursaut international ?

Mireille Siapje

Comments are closed

Articles similaires

📰 Dernière parution : Echos santé n°1396 du jeudi 7 mai 2026

×