Le président Bola Ahmed Tinubu a ordonné la création d’une Task Force présidentielle pour sécuriser les frontières du pays face à la résurgence du virus en RDC et en Ouganda. En plus d’une enveloppe de 10 milliards de nairas débloquée en urgence pour parer à toute importation de la maladie.
Le président Bola Ahmed Tinubu ordonne la création d’une Task Force présidentielle pour sécuriser les frontières du pays face à la résurgence du virus Ebola.
Le spectre du virus Ebola plane à nouveau sur l’Afrique subsaharienne, poussant les géants du continent à dresser leurs remparts. Face au risque de propagation de l’épidémie, le Nigeria a choisi l’anticipation maximale. La présidence nigériane a annoncé, mardi 9 juin 2026, l’approbation par le chef de l’Etat, Bola Ahmed Tinubu, de la création d’une Task Force présidentielle spécifiquement dédiée à la préparation contre la maladie à virus Ebola et aux menaces sanitaires émergentes.
Cette structure de crise, dont la mission principale sera de coordonner les actions de prévention, de surveillance et de réponse rapide, sera placée sous la direction de Femi Gbajabiamila, le chef de cabinet de la présidence. Elle associera plusieurs ministères clés, des agences publiques et des représentants des différents Etats de la fédération. Pour donner les moyens de ses ambitions à cette coalition, le gouvernement a acté le déblocage immédiat de 10 milliards de nairas (environ 7,3 millions de dollars). Ces fonds soutiendront le Nigeria Centre for Disease Control (NCDC) dans ses opérations d’urgence.
Tolérance zéro aux frontières
Le cœur du dispositif repose sur un verrouillage sanitaire des principaux points d’entrée du pays, à commencer par les aéroports internationaux de Lagos et d’Abuja. Les autorités y déploient un arsenal strict : contrôles systématiques de température, surveillance accrue des voyageurs issus des zones à risque et activation immédiate de centres d’orientation et d’isolement.
La modernité s’invite également dans la riposte avec l’obligation pour les passagers en provenance ou en transit par les pays touchés de soumettre une déclaration sanitaire numérique via un code QR. En parallèle, des opérations de désinfection de grande ampleur vont cibler les espaces aéroportuaires, le fret et les bagages. A terme, la Task Force envisage, de concert avec les autorités diplomatiques et aéronautiques, de parquer les vols à risque sur des terminaux spécifiques et d’aménager les horaires afin d’éviter tout contact avec les autres passagers.
Une course contre la montre sur le continent
L’urgence nigériane est dictée par la dégradation de la situation régionale. En République démocratique du Congo (RDC), où l’épidémie s’est déclarée mi-mai, la souche Bundibugyo fait des ravages. Et où l’Ouganda voisin n’est pas épargné. Face à ce péril, l’Africa CDC et l’OMS ont dégainé le 5 juin un plan continental de riposte massif de 518 millions de dollars sur six mois.
À ce jour, le Nigeria ne compte aucun cas suspect sur son territoire. En sécurisant donc ses portes avant que le virus ne s’y présente, Abuja applique la plus vieille mais la plus efficace des règles de santé publique : mieux vaut prévenir que guérir.









