Shopping cart

Subtotal CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
  • Home
  • INSIDE HOSPITAL
  • Alimentation : L’hôpital général de Douala sensibilise à la diversification nutritionnelle
INSIDE HOSPITAL

Alimentation : L’hôpital général de Douala sensibilise à la diversification nutritionnelle

Email : 10

À l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain, le département Mère et Enfant de l’Hôpital Général de Douala a vibré au rythme d’une activité hautement éducative. Plus de 200 femmes et enfants se sont rassemblés jeudi 18 juin 2026 dans cette formation sanitaire pour assister à une démonstration culinaire spéciale.

Alimentation. L’hôpital général de Douala reunit femmes et enfants à l’occasion de la journée de l’enfant africain.

Le département mère et enfant de l’hôpital général de Douala (HGD), arbore une ambiance bien particulière depuis lundi. Mais la journée d’hier, jeudi 18 juin 2026, a été plus animée que d’habitude. Objectif de cette animation : suivre les démonstrations culinaires spéciales dédiées à la nutrition des tout-petits et à l’alimentation adaptée aux enfants vivant avec des maladies chroniques telles que la drépanocytose et le diabète.

Sous la houlette des nutritionnistes et des responsables du service de pédiatrie de l’HGD, les mamans ont découvert une kyrielle de propositions alimentaires préparées en direct. Selon les professionnels de la santé, cette diversification essentielle doit débuter dès l’âge de 6 mois pour garantir une croissance harmonieuse.

« Pour bien s’alimenter, il faut avoir une diversification alimentaire. C’est pourquoi, aujourd’hui, à l’hôpital général, on a tenu à ce que ces mamans soient présentes avec nous pour des démonstrations culinaires au sujet de l’alimentation », explique Dame Mekang épouse Essoh, major du service de pédiatrie.

Pour les experts, bien nourrir un enfant repose sur l’intégration quotidienne des grands groupes d’aliments tels que les glucides, les lipides, les protéines, les vitamines et les minéraux. L’objectif est de stimuler le développement moteur et

psychologique des tout-petits.

Briser l’illusion de la “bonne alimentation”

Cette campagne de sensibilisation répond à un constat alarmant fait lors des consultations de routine. Beaucoup de parents nourrissent leurs enfants de manière monocorde sans en avoir conscience.

« La maman se pointe en consultation avec son enfant et, quand on lui annonce comme diagnostic que l’enfant est malnutri, elle tombe des nues », déplore la Major du service. « Elle ne comprend pas pourquoi, alors qu’elle alimente son enfant. Elle pense bien faire, mais elle donne des éléments qui, dans l’ensemble, regroupent la même chose. Elle n’arrive pas à faire de diversification. D’où l’importance de cette activité aujourd’hui. »

Un déclic pour les mamans

La leçon est visiblement bien passée auprès du public cible. Assise au premier rang, Merline Manefo Lekane, une jeune maman, témoigne de sa prise de conscience : « J’ai beaucoup appris. À la maison, je donne beaucoup de bouillie de maïs à mon fils, il mange aussi le macabo ».

Désormais, pour enrichir le palais et l’estomac de son bébé, elle sait qu’elle devra intégrer d’autres féculents, des tubercules et des légumes du terroir. Un changement d’habitudes simple, mais capital, pour éliminer les risques de malnutrition à Douala.

Interview: Dr Akazong Adjahoung, pédiatre

« La malnutrition n’affecte pas seulement le physique elle joue aussi sur le plan mental, sur le plan cognitif, sur le développement de son cerveau»

Dans cette interview le chef service pédiatrie de l’hôpital général de Douala explique les raisons de cette journée de’ démonstration culinaire organisée dans cette formation sanitaire et l’importance d’une alimentation saine.

Quels sont les enjeux de cette initiative ?

L’hôpital général de Douala, à l’occasion de la semaine de l’enfant africain et à l’occasion de la journée internationale de la lutte contre la drépanocytose, a organisé cette semaine, toute la semaine de lundi à vendredi, des activités autour de l’enfant pour célébrer l’enfant africain et pour le dépistage aussi de la drépanocytose chez les enfants. Particulièrement, la journée d’aujourd’hui est consacrée aux démonstrations culinaires pour montrer aux parents comment faire la bonne diversification alimentaire, comment bien nourrir son enfant pour qu’il ait une croissance optimale. Donc, à partir de ce que l’on peut retrouver sur notre marché, que les mamans puissent savoir quoi choisir pour bien nourrir leurs enfants.

Pourquoi mettre l’accent particulièrement sur la diversification alimentaire ?

Oui, parce que la diversification alimentaire, c’est une phase de transition qui est très importante entre une alimentation essentiellement d’équilibrée et du lait, vers une alimentation avec autre chose que du lait, et pour que l’enfant progressivement puisse intégrer le plat familial. Et c’est une phase pendant laquelle, lorsque les choses ne sont pas bien faites, ça peut affecter l’enfant, ça peut affecter la croissance de l’enfant. Et c’est pendant cette période qu’on recrute parfois un certain nombre de malnutrition.

Faut-il forcément être riche pour faire cette diversification alimentaire ?

C’est une très belle question. Parce que ce que nous voulons faire aujourd’hui, c’est pour démontrer qu’il ne faut pas être forcément riche pour faire une bonne diversification. À partir de ce que l’on peut trouver sur nos marchés, les mamans peuvent retrouver quelque chose pour donner une alimentation équilibrée à leurs enfants. Sans avoir à dépenser énormément. Les choses que l’on a au quotidien dans nos marchés, sur les étals de nos marchés, dans nos petits jardins, que l’on peut mettre ensemble pour bien nourrir nos enfants.

La diversification alimentaire, commence à quel âge ?

La diversification alimentaire commence à partir de 6 mois. A partir de 6 mois, l’enfant peut déjà s’asseoir, il tient bien sa tête. Il peut bien mâcher et déglutir. Alors à ce moment-là, on fait une diversification en apportant autre chose. Parce qu’avant, l’enfant sait tout simplement sucer et avaler. Tirer et avaler, il ne sait pas mâcher. À partir de ce moment-là, ses réflexes sur le plan physiologique sont développés. Et l’enfant peut vraiment accepter, boire et progressivement pouvoir mâcher et avaler.

Quelle est l’importance d’une bonne alimentation chez l’enfant à partir de 6 mois ? Quels sont les problèmes que ça implique chez l’enfant en termes de maladie ?

Première chose : éviter la malnutrition sous toutes les formes. Les carences en nutriments, en micronutriments et en macronutriments sont défavorables pour l’enfant. S’il y a carence en micronutriments, l’enfant va avoir l’air d’être très bien portant, cependant, il manque dans son corps plein de choses. Par exemple du fer. S’il manque du fer, il est malnutri. S’il manque du zinc, du calcium, tous ces petits micronutriments-là qui ne vont pas forcément se voir, qui vont être comme ce qu’on appelle facile et régulièrement la faim cachée. Et maintenant, les carences en macronutriments vont développer ce qu’on appelle le kwashiorkor, le marasme. La malnutrition n’affecte pas seulement le physique elle joue aussi sur son enfance à le long terme, sur le plan mental, sur le plan cognitif, sur le développement de son cerveau etc.

Avez-vous des conseils pour les parents ?

Que les parents se rapprochent toujours d’un personnel de santé pour avoir la bonne information sur comment bien nourrir son enfant. Les messages qui vont de bouche à oreille, le comment tu as fait, je vais faire chez moi, ça ne marche toujours pas. Se rapprocher du personnel médical et on vous donnera la bonne information, la bonne indication, quoi introduire, à quel moment introduire, comment l’introduire. Je pense que c’est le message que l’on doit donner à tout le monde. En sachant que l’hôpital général reste ouvert, nous sommes ouverts à tout le monde pour recevoir les enfants malades, les enfants non malades. Nous faisons le suivi des enfants. Le suivi de l’enfant, ce n’est pas l’enfant malade. Le suivi de l’enfant, c’est voir même comment cet enfant est en train de grandir. Donc sa croissance nous importe beaucoup. Nous aimons voir comment l’enfant grandit. Comme ça, on peut détecter s’il y a déjà des problèmes et faire un suivi, donner des conseils nécessaires, donner un traitement, chercher même à comprendre pourquoi. Parce que s’il y a un pourquoi, c’est arrivé, pourquoi on va soigner, c’est ce qui perturbe la croissance de l’enfant.

Leave a Reply

Articles similaires

📰 Dernière parution : Echos santé n°1427 du vendredi 19 juin 2026

×