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Polyclinique la Bienveillance : Quand le luxe hospitalier brise le mythe d’une médecine élitiste

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Avec deux blocs opératoires hautement spécialisés, un service d’urologie doté d’équipements endoscopiques modernes et une maternité à l’organisation clinique millimétrée, la Polyclinique la Bienveillance de Bafoussam garantit une réactivité médicale permanente.

Animée 24h/24 et 7j/7 par une quinzaine de spécialistes chevronnés, l’institution sécurise le parcours de soins, des premières secondes de la vie jusqu’aux interventions chirurgicales les plus complexes.

Refusé par la fonction publique à l’âge de 24 ans, l’ingénieur Richard Kue a opposé une résilience farouche à la fatalité pour bâtir, en un quart de siècle, le centre hospitalo-universitaire de référence de la région de l’Ouest. De la diététique à la création d’un complexe de 10 000 mètres carrés devenu le campus d’application de l’Institut Universitaire de la Pointe, découvrez la trajectoire d’un bâtisseur visionnaire qui fait de la santé des Camerounais une priorité absolue.

Lorsque le ministre de la Santé publique affirme avec insistance que le niveau des plateaux techniques des hôpitaux camerounais rivalise désormais de plein fouet avec celui des pays développés, les sceptiques y voient parfois une simple formule de communication. Pourtant, pour toucher du doigt la réalité tangible de cette assertion et mesurer l’immensité du saut qualitatif accompli par le système de santé national, il existe un lieu incontournable où le doute s’efface instantanément devant les faits. Il faut se rendre à la Polyclinique la Bienveillance de Bafoussam. Récemment sacrée meilleure polyclinique du Cameroun par The Public Vision Awards, cette institution monumentale de plus de dix mille mètres carrés ne se contente pas de rivaliser avec les hôpitaux de référence du pays ; elle s’impose comme un modèle absolu de modernité hospitalière en Afrique subsaharienne. En franchissant les portes de cet empire sanitaire stratégiquement implanté juste derrière Cami Toyota, l’équipe de rédaction d’Échos Santé a vécu, ce mercredi dix juin deux mille vingt-six, une immersion fascinante au sein d’une infrastructure où la rigueur technique épouse magnifiquement l’humanisation des soins.

L’histoire de ce projet hors norme s’apparente à une véritable épopée entrepreneuriale, une trajectoire inspirante où une profonde frustration administrative s’est métamorphosée en un chef-d’œuvre de santé publique. Tout a commencé il y a un peu plus d’un quart de siècle. À l’âge de vingt-quatre ans, le jeune ingénieur Richard Kue, fraîchement diplômé et doté d’une brillante formation technique, voit de manière totalement inattendue les portes de la fonction publique se refermer devant lui. Face à ce refus qui aurait pu briser définitivement son élan, Richard Kue refuse de s’avouer vaincu. Animé par une résilience farouche et un sens inné de l’opportunité, il choisit de tracer son propre chemin en se lançant

corps et âme dans l’aventure entrepreneuriale. Sa première intuition, très novatrice pour l’époque, consiste à accompagner les personnes obèses et les patients diabétiques dans leur quête de bien-être et de perte de poids grâce à une approche rigoureuse de la diététique. De fil en aiguille, porté par une discipline de fer et un sens aigu du service, le jeune ingénieur a bâti une réputation internationale incontestée, transformant au fil des décennies son modeste projet initial en un pôle hospitalo-universitaire de référence absolue.

Le gigantesque complexe architectural qui se dresse aujourd’hui à Bafoussam incarne un luxe insolite qui saisit le visiteur dès les premiers pas. Sous la conduite minutieuse de la gouvernante des lieux, la visite des différents départements dévoile une organisation spatiale pensée avec une fluidité exemplaire. Les couloirs sont immenses, les pièces extrêmement spacieuses, et la propreté y est d’une rigueur tout simplement impeccable, les carreaux brillant au point de refléter la lumière comme de véritables miroirs. L’accueil, dispensé par un personnel soignant arborant un sourire chaleureux et rassurant, témoigne d’une culture d’entreprise fermement axée sur le respect de la dignité humaine. C’est la démonstration parfaite qu’une infrastructure de pointe peut conserver une âme profondément bienveillante.

Au cœur névralgique de cette infrastructure, le bloc opératoire force un respect immédiat par le niveau exceptionnel de ses installations, capitalisant sur plus de vingt-cinq années d’une solide expertise chirurgicale. Le docteur Kameni Francis, médecin généraliste et médecin-chef adjoint, détaille le fonctionnement de cette plateforme de haute technologie. L’organisation y est millimétrée : le bloc A est entièrement dédié à la chirurgie générale, à l’urologie et aux interventions non gynécologiques, tandis que le bloc B est spécifiquement sanctuarisé pour la gynécologie et les accouchements. Pour parer à toute complication thermique à la naissance, une table chauffante est installée à proximité immédiate afin d’accueillir les nouveau-nés et de leur garantir un environnement sécurisé dès les premières secondes de vie.

Cette anticipation médicale et ce professionnalisme se déploient avec la même acuité au sein du service de maternité. Le docteur Keunis, médecin généraliste, explique que la structure ne se contente pas de recevoir les femmes enceintes arrivées à terme, mais prend également en charge, de manière globale, toutes celles qui présentent des menaces de fausse couche ou des complications complexes. Le protocole clinique décrit par le médecin témoigne d’une rigueur chirurgicale sans faille. Dès l’arrivée d’une parturiente, l’équipe procède à un examen minutieux, mesurant la hauteur utérine et pratiquant le toucher vaginal pour évaluer avec exactitude la dilatation du col. Si le travail est jugé effectif, la patiente est immédiatement hospitalisée en salle de travail et un partogramme est ouvert pour surveiller la fréquence et l’efficacité des contractions utérines ainsi que l’évolution cervicale. Lorsque la dilatation est complète, le transfert en salle d’accouchement

s’accompagne d’un monitorage intensif de l’état général de la maman et de la fréquence cardiaque du bébé pour détecter la moindre souffrance fœtale. Tout au long de ce processus, la synergie des équipes est totale : pendant qu’une sage-femme, un gynécologue ou un médecin généraliste dirige activement l’accouchement, une seconde équipe se tient prête en permanence à réceptionner l’enfant avec un champ stérile, une table chauffante, un mètre ruban et un kit de réanimation complet incluant le matériel d’aspiration et d’oxygène. Cette réactivité systématique face à l’imprévu constitue la marque de fabrique des grands centres hospitaliers.

Cette quête permanente de l’excellence diagnostique et thérapeutique se décline à travers une colossale offre de soins regroupant plus de vingt-cinq spécialités médicales, animées au quotidien par une quinzaine de spécialistes chevronnés. Au service d’urologie, par exemple, la polyclinique s’est dotée d’équipements de dernière génération pour traiter efficacement l’ensemble des pathologies urinaires telles que les infections, les lithiases rénales ou les hématuries. Le médecin urologue de l’établissement met en avant la disponibilité d’un appareil d’endoscopie moderne pour le diagnostic précoce des tumeurs urinaires, ainsi que d’un appareil d’urodynamique de pointe, indispensable pour évaluer scientifiquement les troubles de la continence. Que ce soit en traumatologie, en orthopédie, en chirurgie maxillo-faciale, en cardiologie ou en gastro-entérologie, la polyclinique s’appuie sur une imagerie médicale et un laboratoire d’analyses d’une précision chirurgicale, idéalement complétés par des services spécialisés en kinésithérapie, nutrition ou encore phyto-aromathérapie.

Ce qui achève de convaincre de la noblesse absolue de cette œuvre, c’est une politique tarifaire unique en son genre qui défie toute concurrence et brise le mythe selon lequel la médecine de qualité supérieure serait l’apanage des plus riches. La Polyclinique la Bienveillance réussit le tour de force de rendre le très haut standing accessible à toutes les bourses. Elle propose ainsi de somptueuses chambres de type VIP hautement équipées, incluant les repas quotidiens, pour la somme incroyable de quinze mille francs CFA par jour, alors que des prestations similaires exigeraient des budgets vertigineux dans d’autres métropoles. L’établissement maintient cette exigence de dignité pour tous à travers des chambres d’hospitalisation adaptées à chaque budget, proposées à dix mille, mille et même trois mille francs CFA. Fait remarquable, toutes ces chambres sont dotées de commodités garantissant un séjour digne : téléviseurs, toilettes internes, repas chauds et confort thermique optimal.

Aujourd’hui intégrée comme un campus d’application d’excellence pour l’Institut Universitaire de la Pointe, la polyclinique ne se contente pas de soigner ; elle prépare activement l’avenir en formant la future élite des professionnels de la santé à travers l’Institut Supérieur des Sciences Appliquées à la Santé. En garantissant une

disponibilité permanente vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, l’ingénieur Richard Kue a brillamment démontré qu’avec de la frustration et de la résilience peut naître un véritable empire de la bienveillance. Cette institution majeure positionne désormais de manière irréversible la région de l’Ouest comme le futur pôle d’attraction vers lequel convergeront les évacuations sanitaires nationales et sous-régionales, faisant de la santé des Camerounais une priorité absolue, souveraine et accessible.

Interview : Richard Kue, diététicien-nutritionniste et promoteur de la Polyclinique la Bienveillance à Bafoussam

« La Bienveillance est née d’un rêve de jeune ingénieur nutritionniste face au blocage de la fonction publique »

En 1988, face à la fermeture des vannes de la fonction publique, le jeune ingénieur nutritionniste Richard Kue refuse de croiser les bras. Trente et un ans plus tard, son intuition initiale s’est métamorphosée en un complexe hospitalier incontournable occupant près d’un hectare à Bafoussam. Dans cet entretien exclusif accordé à Échos Santé, le promoteur de la Polyclinique la Bienveillance retrace l’histoire de cette institution, dévoile les secrets de sa longévité — marquée par un taux de réussite chirurgicale exceptionnel — et plaide pour un meilleur encadrement du personnel médical au Cameroun.

Monsieur le promoteur de la Polyclinique de la Bienveillance, bonsoir. Comment se porte votre établissement ?

La polyclinique la bienveillance se porte très bien. Je souhaite d’abord la bienvenue à toute l’équipe

d’Échos-santé

Pouvez-vous nous raconter brièvement l’histoire de la naissance de cette polyclinique ?

Cette question me touche particulièrement. La polyclinique de la bienveillance est née d’un rêve de jeunesse. En 1988, j’ai été parmi les premiers ingénieurs nutritionnistes formés au Cameroun. Le pays nous avait promis un recrutement dans la fonction publique, mais malheureusement, en juillet de cette année-là, nous avons appris que la fonction publique ne recrutait plus.

J’avais 24 ans, sans emploi. Étant diététicien-nutritionniste, mon objectif était d’aider la population. Je me suis dit : “Pourquoi ne pas créer ma propre structure ?” C’est ainsi qu’est née la Polyclinique La Bienveillance, qui s’étend aujourd’hui sur près d’un hectare. En 1988, je me suis présenté au ministère de la Santé publique pour proposer la création d’un centre diététique dans la région de l’Ouest. Mon projet n’était pas compris au départ – on s’interrogeait sur ce jeune diététicien qui voulait s’installer à l’Ouest. Mais j’ai convaincu le ministère, qui m’a d’abord autorisé à créer un “service camerounais de diététique”.

Rapidement, les résultats ont parlé : en quelques mois, on parlait déjà du diététicien qui faisait perdre 8 à 10 kilos par mois aux patients obèses. Diabétiques et hypertendus ont afflué. Le directeur de l’hôpital régional, qui m’avait initialement refusé un poste, est venu me consulter. Encouragé par ces succès, le ministère m’a accordé en 1995 l’autorisation de créer un centre de santé nutritionnelle, le Centre de Santé de la Bienveillance. En 2013, ce centre est devenu la Polyclinique La Bienveillance, occupant aujourd’hui plus de 4 500 m².

Quels services propose cette polyclinique ?

Nous offrons aujourd’hui de nombreuses spécialités : médecine générale, gynécologie, pédiatrie, ophtalmologie (en cours d’installation), urologie, gastroentérologie, ORL, neurologie, chirurgie, et bien d’autres. Nous avons signé des conventions avec près de 80 % des compagnies d’assurance du Cameroun pour faciliter la prise en charge des patients.

Disposez-vous de ressources humaines qualifiées ?

Chaque service est dirigé par un spécialiste. Nous comptons environ une quinzaine de spécialistes, dont des gynécologues, ORL, pédiatres, gastroentérologues, neurologues. Cependant, tous ne sont pas en contrat permanent – certains sont en convention de vacation. C’est une préoccupation : nous manquons de spécialistes au Cameroun. Mais nous faisons avec, et nous veillons à la qualité des soins. Dans une

polyclinique, on n’a pas droit à l’erreur. Notre équipe est solidaire et bien traitée.

Combien de patients recevez-vous en moyenne par mois ?

Annuellement, nous accueillons entre 4 000 et 4 500, voire 5 000 patients, soit environ 350 à 400 patients par mois.

Quels équipements trouve-t-on dans votre polyclinique ?

Nous disposons de deux blocs opératoires entièrement équipés. Nous développons progressivement notre service de pédiatrie. Nous avons un laboratoire, un service d’ORL, un service de gastroentérologie (en attente d’un nouvel endoscope suite à une panne), et nous passons commande pour renouveler notre service d’imagerie.

Quelle est votre capacité d’hospitalisation ?

Nous avons 37 chambres individuelles (20 dans un bâtiment récent, plus 17 autres), et des chambres communes pouvant accueillir jusqu’à 6 patients chacun, soit environ 24 places supplémentaires. Au total, notre capacité d’hospitalisation est de plus de 50 places, avec environ 74 lits si l’on compte les lits supplémentaires dans certaines salles.

Comment organisez-vous l’hygiène et la propreté ?

La propreté est une exigence fondamentale pour un diététicien, car la diététique commence par l’hygiène. Nous ne laissons rien au hasard, sans attendre une commission de contrôle. L’environnement des patients doit être irréprochable.

On dit souvent que les polycliniques sont réservées aux riches. Est-ce le cas à La Bienveillance ?

Je ne partage pas cette vision. La santé est d’abord une mission d’aide à la population, même la plus pauvre. L’une des forces de La Bienveillance est d’avoir mis de côté l’aspect purement lucratif. Nous avons encore des lits d’hospitalisation à 1 000 francs CFA par nuit, et même des carnets de consultation à 500 francs. Chaque patient trouve sa place : des boxes simples pour ceux qui ont peu de moyens, et des chambres à 25 000 francs avec télévision pour les autorités ou cadres. Nous aménageons également des suites.

Je ne suis qu’un promoteur, un diététicien. Les bâtiments ne soignent pas ; ce sont les médecins. J’ai toujours respecté ces praticiens, y compris les expatriés qui travaillent avec nous. Après Dieu, ce sont les médecins. Je salue l’équipe des docteurs Nana et Kameni, qui ont quitté leur pays pour nous rejoindre. Je suis fier de dire qu’en 31 ans d’existence, nous n’avons enregistré aucun décès au bloc

opératoire de la Polyclinique La Bienveillance. C’est le fruit d’un encadrement psychologique de qualité et d’une équipe soudée. Un médecin qui a faim, qui s’inquiète pour sa boutique, ne peut pas se concentrer sur son patient. Nous veillons à ce que chacun soit bien traité.

Nous appelons l’État à encadrer et à rehausser le moral du personnel médico-sanitaire. Les médecins camerounais ne sont pas faibles – ils excellent même à l’international. Il faut les soutenir.

PHOTOS

Cabinet dentaire de la Polyclinique la Bienveillance à Bafoussam

Salle d’hospitalisation de la Polyclinique la Bienveillance à Bafoussam

Salle d’opération de la Polyclinique la Bienveillance à Bafoussam

Couveuse du service de la néonatalogie de la Polyclinique la Bienveillance à Bafoussam

Salle de cours pratique de la Polyclinique la Bienveillance à Bafoussam

Salle d’opération de la Polyclinique la Bienveillance à Bafoussam

Salle de cours pratique de la Polyclinique la Bienveillance à Bafoussam

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Elvis Serges NSA'A DJOUFFO TALLA

Rédacteur en Chef Adjoint

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📰 Dernière parution : Echos santé n°1427 du vendredi 19 juin 2026

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