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Centre médical d’imagerie et de radiologie de la MIFI : De la radiologie à l’hospitalisation, un pari réussi

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Portée par le Dr FOKA Bernard, cette structure d’exception allie technologie de pointe, humanité et cadre d’un luxe rare, faisant de chaque patient, quel que soit son statut, un invité privilégié d’un sanctuaire où la santé se vit dans la dignité.

Il faut oser le dire : entrer au du Centre Médical d’Imagerie et de Radiologie de la MIFI (CMIRMI), c’est oublier que l’on est au Cameroun, c’est même oublier que l’on est en Afrique. Non pas par un complexe mal placé, mais par une évidence : ce bâtiment, avec ses lignes sobres et ses vitres étincelantes, respire la modernité d’un hôpital suisse ou d’une clinique new-yorkaise. Et pourtant, il est là, bien ancré dans le tissu de la MIFI, comme un défi silencieux à la médiocrité, une gifle lancée à l’amateurisme qui gangrène trop de structures de santé. Dès le seuil franchi, le visiteur est saisi par une propreté chirurgicale, une lumière qui caresse les couloirs, un ordre qui n’est pas militaire mais bienveillant. On ne vient pas ici pour subir la maladie, on vient pour la dompter, dans un cadre qui élève l’esprit autant qu’il rassure le corps. Le parcours du patient commence par l’accueil. Pas de files interminables, pas de regards fatigués. L’usager est pris en charge par une équipe qui sait que le premier geste thérapeutique, c’est le sourire. Puis, selon sa pathologie, il est orienté vers l’un des trois piliers de la clinique : l’imagerie, le laboratoire, ou le pôle médical. Mais ici, les murs ne sont pas des cloisons, ils sont des passerelles. Car le génie du CMIRMI, c’est d’avoir pensé le soin comme un continuum, une chaîne où chaque maillon est aussi solide que précieux.

Le service des laboratoires, par exemple, est un véritable cerveau biologique. Sous la houlette d’un technicien principal d’analyse médicale présent depuis 2016, cet espace abrite des merveilles silencieuses. Sur la paillasse de biochimie trônent des photomètres capables de déceler la moindre anomalie moléculaire. L’automate hématologique, lui, danse avec le sang des patients pour en extraire des vérités que l’œil nu ne soupçonnerait jamais. Les stations de coloration parasitologique, les tables microscopiques, les centrifuges et les arrondis de microscopie sont autant

d’instruments d’une symphonie diagnostique. Ici, on ne se contente pas de faire des prélèvements, on les interroge, on les ausculte, on les fait parler. Sérologie, bactériologie, parasitologie, hématologie, examens chimiques : tout est possible, tout est fait avec une rigueur qui frôle le rituel. Les lundis et mardis, l’activité est si intense que les techniciens sont littéralement bousculés par le flux des patients, une heureuse fièvre qui témoigne de la confiance que la population accorde à ce lieu.

Mais le joyau de la couronne, celui qui fait pâlir d’envie les plus grands établissements de la sous-région, c’est le plateau d’imagerie. Là, le Dr FOKA Bernard, radiologue et promoteur, manie des engins de guerre diagnostique avec la dextérité d’un chef d’orchestre. Le scanner de 32 barrettes, en attendant son frère jumeau en réparation, tourne sans relâche, découpant le corps humain en fines tranches pour en révéler les secrets. Mais l’objet de toutes les attentions, celui que le docteur présente avec une fierté à peine voilée, c’est l’échographe de haut niveau, un bijou technologique capable de réaliser l’élastométrie. Une prouesse : alors qu’un foie peut sembler parfaitement normal sur une échographie classique, cet appareil détecte une fibrose naissante, stade 1, 2 ou 3, bien avant que la cirrhose ne s’installe. Les gastro-entérologues de l’hôpital de l’Ouest, avertis, n’hésitent plus à orienter vers le CMIRMI leurs patients fatigués, souvent porteurs d’hépatites virales ou de lourdes alcoolisations. Grâce à cette technologie, le médecin peut anticiper, prévenir, sauver. C’est de la médecine prédictive, de la médecine d’élite, rendue accessible à tous.

À côté, l’appareil de radiologie à capteur plan, lui, abolit les lourdeurs du passé. Fini les cassettes numériques et les numériseurs poussiéreux : l’image est captée en direct, envoyée à une console, imprimable en un clin d’œil. Le patient ne subit plus l’attente, il bénéficie d’une réactivité qui le rassure. La mammographie, elle, veille sur la santé des seins avec une délicatesse et une précision qui font de cet examen un acte de prévention presque poétique. Car ici, chaque appareil est choisi non pour son côté clinique, mais pour son humanité : il abrège les souffrances, raccourcit les délais, augmente les chances.

Et puis, il y a ce que l’on ne voit pas tout de suite, mais qui saisit le visiteur au détour d’un couloir. Les chambres d’hospitalisation, d’une propreté éclatante, sont de véritables petits appartements de soins. Des lits ajustables, des fauteuils pour les accompagnants, une lumière tamisée, des couleurs apaisantes : le patient n’est pas un numéro, il est un hôte. La salle d’accouchement, elle, est un sanctuaire de vie, où les sages-femmes veillent avec une douceur maternelle, tandis que le bloc chirurgical, avec ses stérilisateurs dernier cri, se prépare à accueillir des gestes qui sauvent. Une ambulance médicalisée, garée à proximité, rappelle que l’urgence est

aussi une affaire de professionnalisme : évacuer un patient en détresse vers un hôpital adapté, c’est aussi une forme de luxe, celui de ne jamais laisser tomber.

Le personnel, lui, est à l’image de ce lieu : rare, compétent, passionné. Un radiologue (le promoteur lui-même), trois ingénieurs biomédicaux, deux techniciens principaux d’analyse, un gynécologue, un médecin généraliste, deux sages-femmes, trois ingénieurs, un kinésithérapeute. Des noms, des visages, des responsabilités. Chaque professionnel sait que sa place est unique, que sa compétence est une pierre angulaire. Et c’est cette fierté discrète qui flotte dans l’air, une énergie positive qui contraste avec l’ordinaire des structures publiques surchargées.

Le CMIRMI, c’est aussi une vision. Le promoteur ne cache pas ses ambitions : dès septembre prochain, un cardiologue viendra s’agréger à l’équipe. Épreuves d’effort, électrocardiogrammes, échocardiographies : le cœur des patients n’aura plus à voyager ailleurs. Un pédiatre frappe déjà à la porte. Ophtalmologie, gastroentérologie, extension des lits, augmentation des capacités d’accueil : tout est pensé pour que ce luxe ne soit pas un privilège éphémère, mais un droit pérenne.

Mais ce qui frappe le plus, dans cette clinique, c’est son audace sociale. Car le Dr FOKA le répète avec une sincérité désarmante : « Nous ne sommes pas un centre très onéreux. Nous sommes dans un environnement où le pouvoir d’achat est faible, nous en sommes conscients. » Ici, on ne trie pas les patients. On soigne le paysan comme le cadre, l’assuré social comme le patient privé. La fréquentation, entre 50 et 60 patients par jour, est la preuve que ce modèle séduit, qu’il répond à un besoin criant. Les lundis et mardis, l’affluence rappelle que la confiance est une denrée rare, mais que le CMIRMI l’a gagnée, examen après examen, sourire après sourire. Lorsque le journaliste interroge le technicien sur la fréquence des examens, celui-ci répond avec un sourire : « Les lundis et mardis, nous sommes vraiment bousculés. » Cette bousculade, loin d’être une plainte, est un hymne à l’activité, une preuve que la qualité finit toujours par être reconnue. Et quand le promoteur montre l’écran où une fibrose stade 3 apparaît, il ne cache pas sa fierté : « Avant que la cirrhose ne s’installe, on peut anticiper. » C’est cela, le luxe ultime : non pas le marbre ou l’or, mais le temps gagné sur la mort.

Alors, oui, le CMIRMI est un luxe insolent. Un luxe de compétences, un luxe d’équipements, un luxe d’humanité. Mais c’est un luxe partagé, un luxe qui tend la main, un luxe qui appelle les partenaires à se joindre à cette aventure sociale. Car comme le dit si bien son promoteur : « Nous avons une vision, mais sans partenaires, nous aurons du mal à évoluer. »

En quittant les lieux, le visiteur emporte avec lui une image qui ne s’efface pas : celle d’une Afrique qui soigne ses enfants avec les armes du monde moderne, sans renier ses racines, sans oublier sa réalité. Le CMIRMI n’est pas une clinique, c’est une déclaration. Une déclaration d’amour à la santé, au progrès, à la dignité. Et si le luxe est un péché, alors que le CMIRMI soit pardonné. Car ici, il sauve des vies.

INTERVIEW : Dr FOKA Bernard, radiologue, promoteur du Centre Médical d’Imagerie et de Radiologie de la MIFI (CMIRMI)

« Nous tendons la main à tout partenaire qui peut nous accompagner dans ce projet social »

Fondé en 2013 comme centre d’imagerie pure, le Centre Médical d’Imagerie et de Radiologie de la MIFI (CMIRMI) s’est progressivement transformé en une structure de soins complète, alliant diagnostic, laboratoire d’analyses, imagerie de pointe et désormais pôle médical avec hospitalisation, chirurgie et maternité. Dans cet entretien, le Dr FOKA Bernard, radiologue et promoteur du centre, dresse un état des lieux de son équipement (scanner 32 barrettes, élastométrie, mammographie, capteur plan), présente son équipe pluridisciplinaire et dévoile ses ambitions à court terme : arrivée d’un cardiologue dès septembre, extension

des lits et ouverture à d’autres spécialités comme l’ophtalmologie ou la gastroentérologie. Il lance également un appel aux partenaires pour soutenir ce qu’il qualifie de « projet social », dans un environnement où le pouvoir d’achat reste faible. Entre 50 et 60 patients fréquentent chaque jour le centre, essentiellement pour l’imagerie, noyau historique de la structure.

Comment se porte votre centre ?

Je peux dire qu’il se porte bien, même si nous rencontrons quelques difficultés liées à la conjoncture économique de notre environnement. Dans l’ensemble, tout se passe bien pour le moment.

Monsieur le promoteur, d’entrée de jeu, nous souhaiterions, pour nos téléspectateurs et nos lecteurs, que vous puissiez nous faire une présentation de ce centre.

Eh bien, le Centre Médical d’Imagerie et de Radiologie de la MIFI était, à l’origine, un centre d’imagerie pure. À côté du scanner, nous avons une unité de laboratoire d’analyses médicales. Et, le dernier volet en date, c’est le pôle médical. Nous sommes désormais un centre complet, pour ainsi dire, car nous disposons d’un centre de diagnostic, d’un laboratoire d’analyses médicales, d’un service d’imagerie et, maintenant, d’un volet médical. Nous avons également une unité d’hospitalisation, une salle d’accouchement, une salle de chirurgie et quelques salles d’hospitalisation.

Vous avez évoqué vos différents services. Disposez-vous des ressources humaines nécessaires pour assurer ces prestations ?

Pour le centre d’imagerie, nous bénéficions d’un radiologue, en ma personne, et de trois ingénieurs biomédicaux. L’unité de laboratoire est assurée par deux techniciens principaux d’analyses médicales. Le service médical, quant à lui, est placé sous la responsabilité d’un gynécologue. Nous comptons également un médecin généraliste, deux sages-femmes et trois ingénieurs. Voilà notre plateau technique. Je dois signaler que nous avons aussi un service de kinésithérapie et une ambulance médicalisée, car nous recevons parfois des patients en détresse que nous évacuons vers les hôpitaux appropriés.

Tout à l’heure, vous avez évoqué les services. J’aimerais qu’au-delà des services et du personnel, nous revenions un peu plus sur les équipements. Pouvez-vous nous décrire, de façon plus ou moins exhaustive, le type d’équipement dont vous disposez pour assurer une meilleure prise en charge ?

Je vais commencer par le domaine de l’imagerie médicale. Nous y disposons de

deux échographes. Le premier est un échographe de haut niveau, récent, qui me permet de réaliser de l’élastométrie. Je ne sais pas si vous avez entendu parler de l’élastométrie : c’est un examen pointu pour l’analyse et le suivi des patients souffrant, par exemple, d’hépatite virale. Cela permet de détecter des lésions infracliniques que les échographies classiques ne montrent pas. Le deuxième échographe est un appareil classique. À côté de ces échographes, nous avons deux appareils de radiologie à capteur plan. Pour ceux qui ne connaissent pas, le capteur plan est un système de radiographie qui permet de réaliser un examen direct, c’est-à-dire qu’on n’a pas besoin d’utiliser des cassettes numériques ni de numériseurs. L’image est captée directement et transmise à une console, d’où on peut l’imprimer. Nous avons donc deux appareils d’imagerie qui répondent à ces besoins.

Nous disposons également d’un scanner. Normalement, je devrais dire que nous avons deux scanners, mais l’un est en cours de réparation. Nous avons un scanner de 32 barrettes qui est fonctionnel pour le moment. Vous aurez l’occasion de visiter tout cela. En plus de l’échographie et des radiographies, nous avons un appareil de mammographie pour l’imagerie des seins. Au laboratoire, nous avons une unité de biochimie. Nous réalisons des cultures et des examens de biochimie sur ces cultures. Pour le volet médical, nous disposons de stérilisateurs, comme je vous l’ai dit tout à l’heure.

Il faut aussi que je parle des perspectives. Nous sommes de plus en plus sollicités et nous sommes en cours d’acquisition d’un opérateur pour procéder à l’extension du centre. Dès septembre prochain, un cardiologue va venir s’intégrer à la structure existante. Nous avons l’intention d’augmenter le nombre de lits d’hospitalisation et d’ouvrir le volet médical à l’ophtalmologie, à la gastroentérologie et à la cardiologie. Si vous revenez en septembre, vous verrez qu’il y aura un cardiologue. Nous réaliserons sur place des épreuves d’effort, des électrocardiogrammes et des échocardiographies, car, pour l’instant, les patients qui viennent pour des examens cardiaques sont obligés d’aller ailleurs. Dès septembre, c’est-à-dire dans trois ou quatre mois, nous aurons un cardiologue en poste. Il y a aussi un pédiatre qui se manifeste. Il faudrait maintenant que nous fassions l’extension ; nous avons une perspective d’élargissement.

Monsieur le promoteur, qui peut se faire soigner ou venir passer des examens d’imagerie, biologiques ou médicaux dans votre centre ?

Nous sommes ouverts à tout le monde. Nous ne faisons aucune sélection ; tout le monde est le bienvenu ici. Nous ne sommes pas un centre très onéreux. Nous sommes implantés dans un environnement où le pouvoir d’achat est très faible,

nous en sommes conscients, et nous faisons tout notre possible pour satisfaire ceux qui viennent. Il n’y a pas une catégorie particulière de patients que nous recevons ; nous accueillons aussi bien des patients assurés que des patients relevant du secteur privé.

Un mot de forme à l’endroit des patients, des potentiels partenaires et des confrères ?

Nous tendons la main, car nous avons une vision, mais si nous n’avons pas de partenaires pour atteindre nos objectifs, nous aurons du mal à évoluer. Nous tendons la main à tout partenaire qui peut nous accompagner dans ce projet, qui est véritablement un projet social.

Le taux de fréquentation : combien de patients, de façon globale, viennent en moyenne par mois, par trimestre ou par an ?

Il faut peut-être relativiser. Le volet médical est très jeune ; nous en sommes à notre deuxième année d’exercice. Le service d’imagerie, lui, existe depuis longtemps. Depuis 2013, on parle du CME, mais nous sommes sur notre site actuel depuis 2019. Le volet médical n’a que deux ans d’existence. Pour la fréquentation, nous avons entre 50 et 60 patients par jour en moyenne globale. Cela concerne aussi bien les patients venant pour l’imagerie que pour la gynécologie. Il est vrai que nous sommes davantage sollicités pour l’imagerie, puisque c’est le noyau historique de la structure.

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Elvis Serge NSAA DJOUFFO TALLA est un journaliste camerounais spécialisé en santé et enquêtes de terrain, actuellement rédacteur en chef adjoint au groupe Echos-Santé. Lauréat de plusieurs prix nationaux pour ses reportages sur la tuberculose et le VIH, il allie rigueur factuelle et engagement pour les droits humains, notamment à travers des enquêtes sur l’accaparement des terres, la mortalité minière ou l’accès aux soins. Sa démarche s’appuie sur une expertise vérifiée, renforcée par une formation en vérification des faits et un engagement continu pour un journalisme porteur de changement social.

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