La campagne agricole 2026 dans les régions septentrionales du Cameroun est officiellement lancée. Depuis Poli, dans le département du Faro, le gouvernement affiche de grandes ambitions de production afin de renforcer la sécurité alimentaire et soutenir la politique nationale d’import-substitution.
Remise des plants à l’occasion du lancement officiel de la campagne agricole 2026 dans le septentrion à Poli.
La saison agricole 2026 est désormais ouverte dans les régions septentrionales. C’est depuis la ville de Poli, chef-lieu du département du Faro dans la région du Nord, que le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobé, a procédé, le 18 juin 2026, au lancement officiel de la campagne agricole. Une cérémonie empreinte de solennité qui a réuni autour du membre du gouvernement, le gouverneur de la région du Nord, les autorités administratives, les élus locaux, les élites, les partenaires techniques et financiers ainsi que les producteurs venus des différentes localités du septentrion.
Au-delà du caractère symbolique de cette cérémonie, le lancement de la campagne agricole constitue un signal fort adressé au monde rural. Il marque le début d’une nouvelle saison placée sous le sceau de la modernisation des exploitations agricoles, de l’accroissement des rendements et du renforcement de la sécurité alimentaire. Les autorités ont réaffirmé leur volonté d’accompagner les producteurs afin que cette campagne soit celle de la performance et de la résilience face aux défis climatiques et économiques.
Le choix de Poli n’est pas anodin. Située dans une zone à fort potentiel agropastoral, cette localité illustre les ambitions du gouvernement de faire du septentrion un véritable bassin de production agricole. Les vastes terres cultivables, les importantes ressources hydriques et l’expérience des producteurs font des régions du Nord, de l’Adamaoua et de l’Extrême-Nord un levier du développement
agricole national.
Cette campagne agricole s’inscrit pleinement dans la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030. À travers cette politique, le gouvernement poursuit son objectif d’import-substitution, qui consiste à réduire progressivement les importations de produits alimentaires en augmentant la production locale. Le secteur agricole demeure ainsi l’un des principaux piliers de la transformation structurelle de l’économie camerounaise.
Pour atteindre cet objectif, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural mise sur une forte mobilisation des producteurs, un meilleur encadrement technique et une disponibilité accrue des intrants agricoles. L’amélioration des itinéraires techniques, la diffusion des semences améliorées et l’accompagnement des organisations paysannes figurent parmi les priorités annoncées pour cette nouvelle campagne.
Les perspectives s’annoncent particulièrement encourageantes. Selon les prévisions établies par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, en collaboration avec l’Observatoire national sur les changements climatiques (ONACC) et les services techniques, les conditions agro climatiques sont favorables cette année dans les trois régions septentrionales. Les premières données météorologiques laissent espérer une pluviométrie suffisante pour assurer un bon déroulement de la campagne.
Fort de ces prévisions, le gouvernement ambitionne une production globale de plus de 3 308 712 tonnes sur une superficie estimée à 1 023 307 hectares. Ces chiffres font remarquer une progression par rapport à la campagne précédente, avec une hausse de plus de 40 % de la production attendue et une augmentation de plus de 15 % des superficies emblavées.
Les céréales demeurent la priorité de cette campagne. Elles devraient représenter plus de 1,2 million de tonnes de production, dont environ 746 000 tonnes de maïs, 249 000 tonnes de sorgho et de mil ainsi que 188 525 tonnes de riz. Les cultures oléagineuses occupent également une place importante avec une production attendue de 307 800 tonnes d’arachide et 108 000 tonnes de soja. Les cultures maraîchères ne sont pas en reste. Les prévisions annoncent près de 213 000 tonnes d’oignons et 14 400 tonnes de tomates, des spéculations particulièrement prisées sur les marchés nationaux.
Malgré ces perspectives encourageantes, plusieurs défis demeurent. Les effets du changement climatique, les attaques de ravageurs, les difficultés d’accès aux
financements, le coût élevé des intrants et l’insuffisance des infrastructures de stockage continuent de peser sur les performances du secteur. À cela s’ajoutent les préoccupations sécuritaires dans certaines zones qui compliquent parfois les activités agricoles.















