Entre recommandations ambitieuses et engagements fermes des partenaires financiers, l’aquaculture camerounaise, cette agriculture de seconde génération chère au chef de l’État, affirme sa volonté de passer à la vitesse supérieure pour réduire la dépendance aux importations de poisson.
Ce rendez-vous incontournable des professionnels du secteur a réuni pendant plusieurs jours des acteurs de tous horizons, des experts nationaux et internationaux, des universitaires et des chercheurs venus du Burkina Faso, de Chine, mais aussi des États-Unis avec ADM Aquaculture, de France avec Aquabaan, et du Japon avec la JICA. Les échanges d’expériences se sont succédé à un rythme soutenu, rythmés par des panels de haut niveau, des matinées pays et des partages d’expertises qui ont permis de dresser un état des lieux sans concession de la filière aquacole camerounaise. Loin d’être une simple rencontre protocolaire, ce salon s’est imposé comme un véritable laboratoire d’idées et un accélérateur de solutions pour un secteur en pleine effervescence.
Le constat qui émerge de ces assises est sans équivoque : le Cameroun possède un potentiel aquacole considérable, mais celui-ci demeure largement sous-exploité. Face à une demande intérieure en produits halieutiques qui ne cesse de croître et à une facture d’importation qui grève lourdement la balance commerciale, les acteurs de la filière ont décidé de sortir de l’ornière. C’est dans cette dynamique que les participants ont formulé des recommandations fortes, véritables feuille de route pour les années à venir.
En premier lieu, l’institutionnalisation d’une journée nationale de l’aquaculture a été proposée pour ancrer durablement cette activité dans le calendrier officiel du Cameroun et lui offrir la visibilité qu’elle mérite. Par ailleurs, la création d’une Agence de Développement de l’Aquaculture fait consensus, une structure dédiée qui aurait pour mission de coordonner, financer et promouvoir la filière de manière structurée. Les acteurs appellent également à la tenue des états généraux de l’aquaculture, une concertation élargie qui permettrait de poser les bases d’une politique nationale cohérente et pérenne.
Sur le plan stratégique, l’élaboration d’un document officiel de stratégies de développement de l’aquaculture au Cameroun apparaît comme une urgence absolue. Ce cadre devrait fixer des objectifs clairs, chiffrés et des échéances précises pour sortir le secteur de l’improvisation. En outre, la mise en place d’un guichet unique pour la formalisation des fermes et entreprises aquacoles a été réclamée avec insistance, car la simplification des procédures administratives est perçue comme un levier essentiel pour attirer les investisseurs et régulariser les acteurs informels.
Sur le plan commercial, les recommandations sont tout aussi incisives. Les aquaculteurs exigent une baisse significative des quotas d’importation des espèces de poissons déjà produites localement, à savoir le clarias, le tilapia et la carpe. Cette
mesure, perçue comme une protection légitime de la production nationale, vise à donner aux pisciculteurs camerounais les moyens de concurrencer les produits importés souvent moins chers, mais de qualité parfois douteuse. Parallèlement, la mise à disposition de sites dédiés à l’aquaculture a été réclamée, car l’accès au foncier reste un frein majeur pour de nombreux producteurs.
Au-delà des mesures structurelles et réglementaires, la question du financement a occupé une place centrale dans les débats. Les participants ont insisté sur la nécessité de financer des projets aquacoles structurants portés par l’OIDAC et ses membres, car sans un accompagnement financier conséquent, les ambitions affichées resteront lettre morte. Heureusement, les partenaires techniques et financiers nationaux et internationaux présents ont pris des engagements concrets pour soutenir la filière, un signal extrêmement positif qui a été salué par l’ensemble des participants.
C’est sur cette note d’espoir que le Dr Taïga a clos les travaux en prononçant une phrase qui restera gravée dans les mémoires : « L’aquaculture est en marche, l’agriculture de seconde génération voulue par le chef de l’État est en marche. Ce qu’il faut retenir, c’est que les aquaculteurs sont engagés à produire en masse et à des prix raisonnables. Les structures financières ont pris des engagements pour accompagner les aquaculteurs, c’est un nouveau souffle pour le secteur. » Une déclaration qui résume à elle seule l’état d’esprit qui a prévalu tout au long de cette deuxième édition du SIAC : celui d’une filière déterminée à relever les défis de la souveraineté alimentaire et à faire du Cameroun un acteur incontournable de l’aquaculture en Afrique centrale.
Alors que le rideau tombe sur ces assises, les acteurs repartent avec une feuille de route claire et la certitude que les jours meilleurs sont devant eux. Les engagements pris par les structures financières offrent des perspectives réjouissantes, et la mobilisation collective observée durant ces deux jours laisse présager un avenir radieux pour la pisciculture camerounaise. Rendez-vous est déjà pris pour la troisième édition, avec l’espoir que les recommandations formulées auront trouvé un écho favorable auprès des autorités. Un nouveau souffle pour l’aquaculture, une promesse pour la sécurité alimentaire du Cameroun.














