Requalifié en mars 2024 sous l’impulsion du ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, l’Hôpital Régional Annexe de Foumban (HRAF) vit une profonde métamorphose managériale et infrastructurelle sous la houlette de son premier directeur, le Pr Njifou Njimah Amadou.
Désormais érigé en pôle d’attraction pour l’Ouest et les régions voisines, l’établissement puise sa force dans une diversification spectaculaire de ses consultations spécialisées, un plateau technique modernisé (sécurisation solaire 24h/24, laboratoire de pointe, caisses informatisées) et le succès fulgurant du programme gouvernemental « Chèque Santé », qui a permis de tripler la prise en charge des femmes enceintes et de réaliser près de 170 césariennes.
Cependant, cette dynamique se heurte encore à des faiblesses structurelles majeures, notamment un déficit aigu en personnel de l’État qui s’exprime par moins de la moitié des 240 postes requis couverts, une lourde charge financière liée à la prise en charge du personnel local, ainsi que l’absence critique d’un scanner, d’un bloc d’urgences moderne et d’équipements spécialisés pour parachever sa mutation.
Hôpital régional annexe de Foumban (HRAF) situé dans le département du NOUN, région de l’Ouest
Depuis sa requalification en mars 2024 par le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, l’Hôpital régional annexe de Foumban (HRAF) situé au sud de la ville de Foumban affiche un tout nouveau visage. Sous la houlette de son premier directeur, le Pr. Njifou Njimah Amadou, l’établissement a engagé une série de chantiers majeurs pour moderniser ses infrastructures, sécuriser son enceinte et hisser la qualité des soins aux exigences de sa nouvelle catégorie. L’évolution de l’HRAF se traduit par une diversification notable des prestations médicales et chirurgicales, permettant de répondre efficacement aux besoins croissants des populations de la région de l’Ouest et des territoires voisins (Nord-Ouest, Ad
amaoua, Centre). En plus du paquet d’activités de base, l’hôpital propose désormais des consultations spécialisées en ORL (spécialité du directeur), urologie, cardiologie, gastroentérologie, chirurgie générale, pédiatrique et orthopédique, ophtalmologie, stomatologie, ainsi qu’en santé mentale et gynécologie. L’établissement dispose également d’une capacité de 140 lits. En outre, le taux d’occupation, compris entre 70 % et 80 %, témoigne de la forte fréquentation de la structure, qui accueille en permanence entre 90 et 100 patients hospitalisés. De plus, les consultations mensuelles ont bondi, passant de 900 à 1 600 nouvelles consultations par mois. L’hôpital enregistre également entre 500 et 550 hospitalisations mensuelles.
L’impact majeur du chèque santé
Depuis son lancement, et l’implémentation du programme gouvernemental « Chèque Santé » en septembre 2024, l’accès aux soins des femmes enceintes a triplé à l’HRAF. Pour seulement 6 000 FCFA, les femmes enceintes bénéficient d’un parcours complet (consultations prénatales, accouchements, césariennes, néonatologie et transfusions sanguines). « Notre activité a pratiquement triplé dans ce secteur. Nous enregistrons parfois 4 à 5 césariennes par nuit, avec un pic de 40 chirurgies pour le seul mois de mai », se réjouit le Pr Njifou Njimah, rappelant que des vies sont quotidiennement sauvées grâce à ce dispositif. Cet accès facilité a entraîné une explosion des chiffres : Près de 170 césariennes réalisées dans ce cadre, une véritable prouesse.
Des infrastructures à la pointe de la technologie et sécurisées
À son arrivée à la tête de l’hôpital régional annexe de Foumban, le directeur a fait de la métamorphose de l’hôpital son cheval de bataille. Pour garantir un cadre digne et sécurisé aux usagers, de grands chantiers ont été menés, notamment la construction d’une clôture de 80 mètres en façade principale, pour contenir les flux anarchiques, renforcée par l’installation d’un système de vidéosurveillance de pointe, qui permet d’être à l’affut de tout ce qui se passe aussi bien au sein de l’établissement qu’à l’extérieur ; le déploiement de panneaux solaires pour sécuriser 24 h/24 les services vitaux à l’instar du bloc opératoire, la néonatologie, le laboratoire, la banque de sang « Nous avons investi au laboratoire et nous avons pu acquérir de nouveaux appareils biomédicaux, aussi bien en pneumatologie, en biochimie, en biologie et autres. Il fallait également renforcer le cadre de certains services techniques comme la pharmacie, la climatisation, réorganiser et réaménager les soins intensifs, la néonatologie », révèle le directeur de l’hôpital.
De plus, les caisses de l’hôpital sont complètement informatisées, l’hôpital a vu la construction et l’ouverture d’un pavillon de haut standing avec des chambres individuelles et la réhabilitation des espaces verts et du sol recouvert de pouzzolane pour éradiquer définitivement la boue et la poussière. Par ailleurs, l’HRAF assure les formations continue et permanente du personnel, avec un renforcement sur la
discipline et la lutte contre la corruption.
Malgré ces avancées remarquables, le Pr. Njifou Njimah Amadou et son équipe font face à des défis quotidiens qu’ils s’attellent à surmonter pour parachever la mutation de l’hôpital. Sur les 240 postes de travail identifiés comme nécessaires au bon fonctionnement de l’établissement (au vu des gardes postées et du volume d’activité), moins de la moitié sont couverts par des personnels fonctionnaires ou sous contrat de l’État. Le reste repose sur du personnel local, nécessitant une lourde charge financière pour le paiement régulier des motivations et des indemnités (effectué malgré tout avant le 5 de chaque mois). Assurer la disponibilité constante des intrants pour la prise en charge immédiate des urgences vitales avant régularisation financière.
Se tournant vers l’avenir, pour hisser définitivement l’Hôpital Régional Annexe de Foumban au rang de modèle absolu, le Pr. Njifou Njimah Amadou appelle les populations de l’Ouest et des régions voisines à faire confiance au HRAF tout en plaidant pour : L’acquisition d’un scanner qui est primordial et la construction d’un bloc d’urgences moderne. L’ouverture d’un pavillon mère-enfant dédié ; La mise en place d’une unité de stabilisation adaptée. La sécurisation définitive et globale du domaine foncier de l’hôpital via une clôture complète. Le renforcement du personnel médical par l’affectation de médecins spécialistes permanents supplémentaires. Le besoin d’équipement des services d’ophtalmologie, ORL et stomatologie, matériel médical et biomédical pour les différents services, équipements de bureau et d’hygiène.
Réactions : Sechout Seidou, infirmier supérieur spécialisé en santé de reproduction, surveillant général de l’Hôpital régional annexe de Foumban.
« On veille à ce que les majors appliquent les soins selon la règle de l’art »

« La sécurité de l’hôpital régional Annexe de Foumban est assurée par les agents, dits de sécurité. On a souscrit à une société de gardiennage ici à Foumban, donc ils sont bien entretenus mensuellement et ils font le travail. Venant donc, au plan de soins, nous coordonnons toutes les activités avec mes deux adjoints, en ce qui concerne les soins infirmiers. On veille à ce que les majors appliquent les soins selon la règle de l’art. Cela veut dire que les soins sont planifiés, on a les fiches de soins dans tous les services, et ces soins sont appliqués dans les espaces, des intervalles de temps établis par le médecin, selon sa prescription. Et là, les infirmiers les exécutent. Oui. Maintenant, puis pendant le séjour des malades, on a des difficultés avec les gardes malades, parce qu’ici à Foumban, il y a une pléthore de gardes lorsqu’un malade arrive, surtout aux soins intensifs. Mais cependant, Monsieur le Directeur vient de construire un hangar qui est derrière pour désengorger le service quant aux couloirs qui sont toujours encombrés par ces gardes malades.
Et on a quelques difficultés aussi ici à Foumban, par rapport, parce que si on dit soins, ça part avec tout ce que je veux dire, le problème d’eau également, et le problème d’électricité. Voilà, on a un gros électrogène, bien sûr, mais ça consomme beaucoup. On souhaiterait que l’hôpital soit mis sur un système d’énergie solaire, pour pallier le délestage qu’on vit ici à tout moment. On ne peut pas faire le soin dans un grand hôpital. On a des difficultés, l’hôpital construit depuis 1958 aussi, il va sans dire qu’il y a certaines installations qui sont caduques. Mais Monsieur le Directeur ne baisse pas les bras pour corriger certains manquements qui peuvent être corrigés à son niveau. »
« La sécurité de l’hôpital régional Annexe de Foumban est assurée par les agents, dits de sécurité. On a souscrit à une société de gardiennage ici à Foumban, donc ils sont bien entretenus mensuellement et ils font le travail. Venant donc, au plan de soins, nous coordonnons toutes les activités avec mes deux adjoints, en ce qui concerne les soins infirmiers. On veille à ce que les majors appliquent les soins selon la règle de l’art. Cela veut dire que les soins sont planifiés, on a les fiches de soins dans tous les services, et ces soins sont appliqués dans les espaces, des intervalles de temps établis par le médecin, selon sa prescription. Et là, les infirmiers les exécutent. Oui. Maintenant, puis pendant le séjour des malades, on a des difficultés avec les gardes malades, parce qu’ici à Foumban, il y a une pléthore de gardes lorsqu’un malade arrive, surtout aux soins intensifs. Mais cependant, Monsieur le Directeur vient de construire un hangar qui est derrière pour désengorger le service quant aux couloirs qui sont toujours encombrés par ces gardes malades.
Et on a quelques difficultés aussi ici à Foumban, par rapport, parce que si on dit soins, ça part avec tout ce que je veux dire, le problème d’eau également, et le problème d’électricité. Voilà, on a un gros électrogène, bien sûr, mais ça consomme beaucoup. On souhaiterait que l’hôpital soit mis sur un système d’énergie solaire, pour pallier le délestage qu’on vit ici à tout moment. On ne peut pas faire le soin dans un grand hôpital. On a des difficultés, l’hôpital construit depuis 1958 aussi, il va sans dire qu’il y a certaines installations qui sont caduques. Mais Monsieur le Directeur ne baisse pas les bras pour corriger certains manquements qui peuvent être corrigés à son niveau. »
« La sécurité de l’hôpital régional Annexe de Foumban est assurée par les agents, dits de sécurité. On a souscrit à une société de gardiennage ici à Foumban, donc ils sont bien entretenus mensuellement et ils font le travail. Venant donc, au plan de soins, nous coordonnons toutes les activités avec mes deux adjoints, en ce qui concerne les soins infirmiers. On veille à ce que les majors appliquent les soins selon la règle de l’art. Cela veut dire que les soins sont planifiés, on a les fiches de soins dans tous les services, et ces soins sont appliqués dans les espaces, des intervalles de temps établis par le médecin, selon sa prescription. Et là, les infirmiers les exécutent. Oui. Maintenant, puis pendant le séjour des malades, on a des difficultés avec les gardes malades, parce qu’ici à Foumban, il y a une pléthore de gardes lorsqu’un malade arrive, surtout aux soins intensifs. Mais cependant, Monsieur le Directeur vient de construire un hangar qui est derrière pour désengorger le service quant aux couloirs qui sont toujours encombrés par ces gardes malades.
Et on a quelques difficultés aussi ici à Foumban, par rapport, parce que si on dit soins, ça part avec tout ce que je veux dire, le problème d’eau également, et le problème d’électricité. Voilà, on a un gros électrogène, bien sûr, mais ça consomme beaucoup. On souhaiterait que l’hôpital soit mis sur un système d’énergie solaire, pour pallier le délestage qu’on vit ici à tout moment. On ne peut pas faire le soin dans un grand hôpital. On a des difficultés, l’hôpital construit depuis 1958 aussi, il va sans dire qu’il y a certaines installations qui sont caduques. Mais Monsieur le Directeur ne baisse pas les bras pour corriger certains manquements qui peuvent être corrigés à son niveau. »
Feudjo Léontine Aurélie, Major – bloc opératoire à l’hôpital régional annexe de Foumban.
« Aucune femme ne paye pour ses soins »

« Dès qu’une dame chèque santé arrive, nous la recevons, nous l’installons en salle, et puis nous vérifions si elle est effectivement chèque santé, si elle a son numéro MPI, si elle a son numéro chèque santé. Si tel est le cas, donc, nous l’installons et nous nous dirigeons rapidement au niveau de la pharmacie pour récupérer le kit chèque santé pour commencer sa prise en charge. Dès l’acquisition du kit chèque santé, nous commençons par les bilans préopératoires qui sont faits par l’anesthésiste, et ensuite nous lançons la préparation, c’est-à-dire la prise d’une voie veineuse, la pose de la sonde urinaire, le rasage, et tout ce qu’il faut faire concernant la préparation. Après, dans la préparation, nous la ramenons directement en salle opératoire pour son intervention. Et dès que ces femmes arrivent, rien n’est payé, tout est fait gratuitement, aucune femme ne paye 5 francs. Et si pendant la césarienne l’enfant ou le nouveau-né a un problème, nous l’envoyons directement à Neonath, où tout se passe aussi gratuitement, pas 5 francs à payer. »
Interview : Pr. Njifou Njimah Amadou
« L’objectif final c’est : offrir des soins de qualité, respecter les directives, et assurer la satisfaction de l’usager »

Dans un entretien accordé à notre rédaction, le directeur de l’hôpital régional annexe de Foumban, Pr. Njifou Njimah Amadou, présente sa formation sanitaire.
Monsieur le Directeur, cela fait deux ans ou un peu plus aujourd’hui que cet hôpital a été transformé en hôpital régional annexe dans la ville de Foumban ; et cela fait également un peu plus de deux ans que vous avez été porté à sa tête. Comment se porte votre formation sanitaire ?
Déjà, merci à toute l’équipe d’Échos Santé qui est conduite personnellement par son directeur de publication. Donc, c’est avec plaisir que nous allons vous parler de l’hôpital régional annexe de Foumban. Exactement, c’est en mars 2024 que, suite à un arrêté du ministre de la Santé publique, le docteur Manaouda Malachie, l’hôpital régional annexe de Foumban a été créé par la transformation de l’ex-hôpital du district. Les activités ont été véritablement lancées le 7 juin de la même année 2024 avec l’installation, avec l’entrée en fonction de son tout premier directeur que je suis.
Donc, c’était une occasion inédite et avec beaucoup d’enthousiasme pour les populations parce que les attentes étaient nombreuses. Lorsqu’il y a une transformation comme celle-là, bien évidemment, on s’attend de manière objective à ce changement. Et je pense que pendant nos deux premières années, nous avons essayé de mettre en œuvre quelques éléments de ces paquets qui nous ont été édictés par la hiérarchie.
Deux ans après, quel est le visage qu’affiche, en termes d’infrastructure, en termes de services, qu’est-ce qui est disponible et opérationnel aujourd’hui dans votre hôpital ?
Oui, vous savez, lorsque nous avons lancé l’hôpital dans l’annexe, nous avons mis un accent sur la qualité des soins et la satisfaction de l’offre, la satisfaction de l’usager. Dans la qualité, il faut inclure également l’offre des soins. Donc, en plus du paquet complémentaire d’activités des hôpitaux de quatrième catégorie, lorsque nous sommes à la troisième catégorie, il faut diversifier avec les soins de spécialité.
Nous avons mis un accent là-dessus, nous avons voulu consolider les soins du paquet complémentaire et offrir davantage de prestations de spécialité à l’hôpital régional annexe de Foumban. Donc, déjà, pour garantir la qualité des soins, il a fallu faire beaucoup de formation au niveau du personnel. Formation initiale dans la plupart des services où il y avait, jusqu’à présent, beaucoup de personnel qui en avait besoin.
Nous avons fait des formations dans tous ces services et nous avons également instauré les formations continues sous la supervision, sous la conduite des médecins spécialistes ou des médecins généralistes dans certains domaines. Donc, ce qui fait que les connaissances ont été renforcées et dans la pratique, il y a des supervisions internes régulières. Il y a des supervisions internes avec des équipes de superviseurs et nous nous efforçons, en fonction des différents protocoles, des normes que nous avons actualisées, que nous avons mises à disposition du personnel, de nous assurer que les différents protocoles et la qualité des soins sont assurés.
Et maintenant, lorsqu’on a parlé de la satisfaction des usagers, il fallait donc s’attaquer ici également à tout ce qui est déjà accueil, communication, le cadre hospitalier, le confort du patient, l’accès aux toilettes, l’environnement, la disposition des moustiquaires dans les salles et l’hygiène et assainissement. Donc, cela a également été un point sur lequel nous avons beaucoup travaillé et nous avons des enquêtes que nous faisons auprès des usagers, des boîtes à suggestions et des réponses qui nous sont positives dans ce domaine.
Aujourd’hui, quand on arrive à l’hôpital régional annexe de Foumban, qu’est-ce qu’on trouve de nouveau depuis 2024 ? Quels sont les nouveaux services ? Qu’est-ce qui fait aujourd’hui la différence entre le district et l’hôpital régional ?
Déjà, vous allez voir que lorsque vous êtes devant l’hôpital, vous allez voir une clôture qui s’impose. Donc, c’est une visibilité certaine qui a été un signe pour nous pour marquer ces changements. Nous avons, avec les fonds propres de l’hôpital, initié une clôture d’environ 200 mètres à la façade principale de l’hôpital.
Bien que le dossier d’extension soit en cours et nous espérons qu’il va aboutir très prochainement, pour que le domaine foncier de l’hôpital soit sécurisé. Mais il y a déjà la façade qui est dotée d’une clôture et qui donne une belle allure à l’hôpital. Imaginez, lorsque nous arrivions ici, placés devant le bâtiment principal, on pouvait vous interpeller de la route.
Donc, à moindre pépin, les populations se baladaient de la rue, des bars voisins, de la quincaillerie pour traverser et se retrouver dans l’hôpital sans aucun check-up, aucune mesure de sécurité de contrôle. Nous avons mis cette clôture sur la façade principale de l’hôpital. Vous allez également constater, et ça c’est un autre actif, que les caisses dont les recettes ont été informatisées.
On a des patients qui reçoivent leur ticket de caisse informatisé avec le logo de l’hôpital régional annexe. Vous allez constater qu’il y a la vidéosurveillance à l’hôpital. Ceci permet également de prévenir les conflits avec les incompréhensions avec les usagers, et nous permet d’avoir des informations en temps réel de ce qui s’est passé au niveau de l’hôpital, de sécuriser et de rassurer les usagers.
Cela nous permet également d’avoir un œil, un doigt de regard sur les activités dans les différents services et en temps réel. Donc, ça c’est ce qui est visible. Nous avons réhabilité un bloc de toilettes qui est fonctionnel, vous aurez l’occasion de le voir. Il y a le bâtiment de haut standing qui est opérationnel depuis environ six mois. On a des chambres individuelles avec des espaces d’un confort certain. Donc, mieux encore, nous avons renforcé certains équipements de base, notamment au laboratoire.
Vous savez, le laboratoire, c’est le cœur du diagnostic. Si vous n’avez pas un bon laboratoire, vous n’aurez pas de diagnostic précis. Nous avons investi au laboratoire et nous avons pu acquérir de nouveaux appareils biomédicaux, aussi bien en pneumatologie, en biochimie, en biologie et autres.
Donc, vous allez voir tout cela. Il fallait également renforcer le cadre de certains services techniques comme la pharmacie, la climatisation, réorganiser et réaménager les soins intensifs, la néonatologie. Ah oui, il faut le dire, nous avons également investi en néonatologie.
Nous avons pu mettre à disposition de manière permanente l’énergie électrique grâce aux panneaux solaires. Ça, c’est valable pour la néonatologie, la banque de sang, le laboratoire, le bloc opératoire et les soins intensifs. Nous avons sécurisé ce secteur pour ne pas être trop dépendants de l’énergie du réseau de notre fournisseur.
Donc, voilà, tout le secteur où il y a eu des coups de fouet dans certains bâtiments, l’espace vert, l’environnement. Vous allez voir également que notre façade principale, avec la cour où nous avons recouvert le sol de pouzzolane pour faire partir la poussière et la boue qu’il y avait dans cet espace selon les saisons. Donc, voilà ce que je peux dire par rapport à ce qui est visible, les bâtiments, les infrastructures, les équipements.
Mais nous sommes fiers également pour l’offre de soins de spécialité. C’est ça qui marque pour le patient la grande différence. Nous avons une diversité, c’est vrai que tous ne sont pas permanents. Nous avons une offre de spécialité, une solution de spécialité acceptable.
Qu’est-ce qu’on trouve comme spécialités disponibles ?
Déjà, commençons par l’ORL (chirurgie cervico-faciale), c’est ma spécialité. Et également la chirurgie générale, la chirurgie pédiatrique, l’urologie, la cardiologie, la gastroentérologie, la santé mentale, l’ophtalmologie, la médecine buccodentaire, la pédiatrie, la santé de reproduction, la kinésie, la thérapie. Tous ces différents soins sont fournis à l’hôpital Régional Annexe. Ce n’est pas de manière permanente, mais certains viennent à des rendez-vous de manière régulière, une fois, deux fois par semaine et selon la demande du patient.
Il y a même la chirurgie maxillo-faciale et la chirurgie orthopédique que nous avons dans notre panier de soins. Et la gynécologie parce que nous sommes dans le contexte de chèque santé, ça il ne faut pas l’oublier.
Où en êtes-vous à ce jour dans la mise en œuvre du chèque Santé au sein de l’hôpital régional Annexe de Foumban ?
Déjà, nous avons été honorés par la présence du ministre de la Santé publique, le docteur Manaouda Malachie, c’était en septembre 2024. Il est venu lancer personnellement le chèque santé dans la région de l’Ouest et c’était à l’hôpital régional Annexe de Foumban pendant toute une journée. Immédiatement après ce lancement, nous avons le lendemain commencé à recevoir le premier cas de chaque santé. Et depuis là, il faut vous dire que la vie de l’hôpital a changé après le lancement de chaque santé. L’axe maternité, bloc opératoire, néonatologie a pratiquement triplé ses activités.
Et c’est là où on salue le système de référence, puisque les formations sanitaires ont reconnu la hiérarchie, chacun reconnaît sa place, chacun fait le soin qui est à son niveau et passe la main en cas de nécessité. Donc je pense que ce secteur a été implémenté avec beaucoup de responsabilités, beaucoup de satisfaction et même de succès par rapport à ce que nous avons des usagers à l’hôpital régional annexe de Foumban. Puisque c’est quelques chiffres, à ce jour nous sommes à près de 170 césariennes réalisées dans le cadre de chèque santé. 170 césariennes. À 6 000 FCFA Oui, lorsque le patient a son chèque, il ne paye rien. Depuis la consultation
prénatale à la maternité, s’il y a des complications, on passe au bloc opératoire.
Tout ça, comme on disait, tout ça dans 6 000 Et même si le nouveau-né a des problèmes, la néonatologie, c’est pour ça que j’ai parlé de l’axe maternité, bloc opératoire, néonatologie. Et là, la référence est respectée. Et nous avons, par exemple, au mois de mai, nous avons eu des sueurs, une agitation et une activité intense au bloc opératoire. Nous avons réalisé 40 césariennes de chèque santé. 40 césariennes de chèque santé. Donc c’est important pour l’activité à l’hôpital.
Et lorsque l’on sait que ces césariennes ont été réalisées avec chèque santé, il faut donc apprécier l’impact de cette mesure du gouvernement sur la santé de la mère de l’enfant. Il y a des patients qui nous disent qu’on ne venait jamais à l’hôpital régional parce qu’il n’y avait pas les moyens, pas de signal, pas ceci. Mais les femmes enceintes, elles ont accès librement.
Il suffit d’avoir son chèque à payer à 6 000 francs au centre de santé ou bien au CMA. Elles arrivent à l’hôpital régional, elles sont prises en charge correctement et elles sont fières. Elles apprécient la qualité du service, césarienne ou accouchement normal, néonatologie ou pas, et même jusqu’à la transfusion sanguine.
Les patients se régalent. Donc j’ai encore en mémoire une jeune femme, une jeune dame de 28 ans qui a été prise dans le cadre de chèque santé et qui a eu des complications obstétriques. Elle a eu à recevoir près de huit poches de sang.
Donc près de huit poches de sang parce qu’elle avait des problèmes de coagulation après son intervention. Et en temps normal, après toutes ces dépenses, c’est des factures qui devraient s’élever autour de 400 000, 500 000 S’il fallait introduire tout ce qu’on a eu à payer, tout cela. Mais elle a pu être sauvée dans un bref délai.
Elle-même est déjà venue à l’hôpital à temps parce qu’avant, quand les patients n’ont pas d’argent, ils ne viennent pas à l’hôpital. Elle vient déjà à temps et nous déclenchons notre procédure de prise en charge et tout se passe correctement. Elles sont des vies sauvées.
Donc ces nouveau-nés qui séjournent à l’hôpital de manière durable, en néonatologie, alors que c’était une hantise pour les mamans, je veux sortir mon fils, on ne veut pas l’oxygène, on ne veut pas la couveuse. Maintenant, avec chèque santé, les gens demandent, les gens sont là pour les soins, ils n’attendent que l’offre de soins pour s’exécuter. Donc je pense que c’est une mesure salutaire, et notre activité a pratiquement triplé dans ce secteur.
Nous avons réalisé beaucoup de prestations dans le domaine de la santé. Donc il y a des nuits, des nuits de trois, quatre césariennes et lorsque nous avons vérifié que les indications sont bien posées, là aussi, pour ne pas céder aux pressions pour lesfemmes qui sont en demande, lorsque l’indication est posée, il y a des nuits où nous réalisons quatre ou cinq césariennes et c’est un autre actif également. Et je pense que nous pouvons apprécier favorablement cette initiative.
S’agissant des chiffres, au-delà des plus de 140 femmes qui ont bénéficié de la césarienne dans le cadre du chèque santé, quelle est votre fréquentation de façon globale ou moyenne par mois ou par trimestre ?
Actuellement, l’hôpital régional annonce qu’on reçoit environ 1 600 nouvelles consultations chaque mois. Lorsque nous étions en 2024 à l’hôpital de district, on était autour de 900. Vous voyez qu’avec l’offre de soins qui a été diversifiée avec les spécialistes, nous sommes passés à pratiquement 1 600 nouvelles consultations. De 800 à 1 600, c’est pratiquement le double régime. Oui, nous avons pratiquement doublé, parce qu’il y a l’offre de soins de spécialité et nous avons consolidé et nous avons maintenu les acquis.
Et en moyenne, nous avons 500 à 550 hospitalisations chaque mois avec un taux d’occupation des lits qui tourne autour de 70 à 80 %. Il faut dire que l’hôpital régional annexe de Foumban a une capacité de 140 lits. Donc, si on a un taux d’occupation de 70 à 80 %, je pense que l’hôpital est assez bien fréquenté. En permanence, nous avons autour de 90 à 100 malades dans l’hôpital, donc l’hôpital est fréquenté.
On est tentés de dire que votre hôpital se porte de mieux en mieux, mais permettez-nous tout de même de savoir : comment est-ce que vous gérez les urgences vitales ?
Oui, les urgences, nous sommes un hôpital public et ce n’est pas un choix. Nous sommes sous le coup des directives de notre hiérarchie et, en tant que médecins, nous les appliquons avec fierté. Donc, lorsqu’on a un cas d’urgence, la prise en charge est immédiatement déclenchée.
Ça, c’est certain, la prise en charge est immédiatement déclenchée et le patient reçoit les soins de qualité, médicaments, actes et tout le nécessaire disponible à l’hôpital. Et ce n’est que lorsque son état est déjà sorti des problèmes pouvant menacer son pronostic vital que nous essayons de faire le point par rapport à ce qui a été consommé, par rapport à ce qui a été utilisé. Donc, les urgences sont, la prise en charge des urgences est bien réglementée et notre personnel est formé, est correctement formé pour éviter tout retard dans la prise en charge d’une situation d’urgence. Aussi bien les urgences dans les actions de la voie publique, les urgences médicales, que les urgences liées à la santé de la mère, de l’enfant, comme dans le cas de chèque santé.
D’accord, monsieur le directeur, nous savons que l’autre point qui fait
généralement grincer les dents en milieu hospitalier, c’est le paiement des quotes-parts, des primes. Comment vous gérez cela à Foumban ?
Oui, nous n’allons pas dire que tout est rose. Monsieur le directeur, nous avons, au niveau du personnel, je veux dire le personnel en charge, le personnel globalement, nous avons une forte pression avec le personnel local, ce que nous appelons le personnel local. Imaginez l’hôpital a 240 postes de travail bien identifiés. Nous avons fait l’expertise pour savoir s’il faut 3 personnes dans une équipe en néonatologie pour 4 équipes, il faut 4 personnes en maternité pour 4 équipes, 5 personnes en bloc opératoire pour 4 équipes. On a comptabilisé et on a eu besoin de 240 personnels. Et dans cet effectif, le personnel de l’État représente moins de la moitié, vous comprenez, donc que nous avons une forte pression avec les indemnités de prise en charge du personnel local. Donc c’est également une priorité comme les côtes part.
Nous nous efforçons de payer les quotes-parts, les motivations, les indemnités du personnel avant le 5 de chaque mois ; il y a un comité qui est dédié à cet effet et dès le 1ᵉʳ, le 2 ou le 3 au plus tard en fonction de la période du jour ou suivant la fin du mois, tous les calculs sont faits et au plus tard le 5 du mois, les quotes-parts sont payées conformément à la répartition faite par la commission. Ça, c’est un point d’honneur pour nous. Tout comme le versement de fonds de solidarité, vous savez que les formations sanitaires sont soumises à une solidarité au niveau national, au niveau régional. Donc le versement de fonds de solidarité, le paiement de cotes-parts constituent une priorité. Et maintenant, il faut dire aussi que les difficultés sont là.
Il y a cette difficulté des ressources humaines à compléter. Il faut pouvoir assurer la disponibilité des intrants pour prendre en charge cette urgence et même les prestations de chèque santé qui seront régularisées ultérieurement. Il y a toutes ces difficultés.
Et pour le moment, nous essayons de colmater les brèches et avec évidemment l’appui et le soutien de la hiérarchie, la délégation régionale et le ministère de la Santé publique.
Monsieur le directeur, Qu’est-ce qui vous manque ou quels sont vos projets pour que cet hôpital devienne un hôpital de référence ?
Oui, nous avons fait un plan de développement de notre formation de sanitaire. Nous avons identifié les infrastructures de base qui nous manquent.
Il faut notamment un bloc des urgences au niveau de l’hôpital régional annexe de Foumban. Il faut la dotation d’un scanner à l’hôpital régional annexe de Foumban. Il faut un pavillon mère-enfant dans cet hôpital. Nous en avons besoin. Il faut
réhabiliter l’hôpital régional annexe de Foumban. Il faut également une unité de stabilisation à la hauteur.
Et sécuriser le domaine foncier de l’hôpital par une clôture. Donc voilà ce qui concerne les grandes infrastructures. Et maintenant, renforcer quelques équipements au niveau des services d’ophtalmologie, au niveau du service d’ORL, buccodentaire, et ainsi de suite.
Et voilà. Et aussi, les ressources humaines étant la principale ressource, nous pensons que nous avons besoin d’être renforcés. Si nous avons du personnel de qualité spécialisé, des médecins spécialistes permanents à l’hôpital, ça serait également une plus-value.
Nous sommes arrivés à la fin de notre entretien. Un dernier mot ?
Oui, le dernier mot c’est, nous demandons aux populations, notre population cible, ce sont les populations du Noun, des populations de la région de l’Ouest et des régions avoisinantes. Nous recevons les patients qui viennent du Nord-Ouest, de l’Adamaoua, au niveau de Bagno, du centre, au niveau de Ngambétika, et tout cela.
Et comme je l’ai dit, les autres départements de la région de l’Ouest. Donc nous leur demandons de faire confiance à l’hôpital régional annexe de Foumban. Et s’ils ont des problèmes, qu’ils n’hésitent pas à s’exprimer, sur nos boîtes de suggestion, ou bien à contacter la IRH.
Nous avons également un mot pour le personnel. Vous savez, le personnel de santé, parfois il y a une image caricaturale qui est souvent néfaste, mais il faut reconnaître les efforts faits par le personnel de santé. Vous imaginez ces jeunes médecins et généralistes qui, au cours d’une nuit, réussissent, ou bien ces chirurgiens, ces gynécologues qui, au cours d’une nuit, réussissent à faire quatre césariennes, qui passent toute une nuit à l’hôpital, le lendemain doivent continuer avec les consultations, et lorsqu’il a appelé, il doit répondre.
Donc il y a des gens qui donnent pratiquement leur vie. Les anesthésistes qui sont là, tant qu’une intervention commence, ça doit s’achever, et s’il y en a une autre qui arrive, ils doivent continuer le travail sans pratiquement avoir de repos. Donc tout ce personnel qui se met au service des usagers, pour la mise en œuvre des différentes directives et des instructions que nous sommes tenus d’appliquer, je pense qu’il faut également leur tirer un coup de chapeau.
Bien sûr qu’il y a certains problèmes qui naissent, parfois de la communication, parfois des incompréhensions, et c’est pour ça que la formation continue et la supervision interne est là. Donc nous tenons à la fin également à remercier déjà notre comité de gestion, le président du conseil régional de l’Ouest, qui nous
accompagne dans la gestion quotidienne, grâce à qui nous avons pu avoir le pavillon haut standing, que vous allez sûrement visiter, que nous avons mis en fonction il y a environ six mois. Le délégué régional de la santé publique de l’Ouest, qui est un technicien, qui nous aide au quotidien pour l’évolution de notre formation de santé avec toute l’équipe régionale, et maintenant, vous savez, le ministère de la santé publique est très bien organisé, en dehors de notre ministre, qui est au four et au moulin, et qui a un contact direct avec la formation sanitaire.
Donc il y a tous les services techniques qui nous appuient, qui viennent de l’inspection générale, les ressources humaines, qui sont au quotidien, qui répondent à nos sollicitations, et avec qui nous sommes en contact. Nous tenons à les remercier, pour dire qu’en ce qui nous concerne, nous allons jouer pleinement notre rôle de formation sanitaire, de référence au niveau de la troisième catégorie, dans la région de l’Ouest, et nous pensons également aux formations qui collaborent avec nous, tels que les hôpitaux de district, les centres médicaux d’avancement. Donc le système de santé, c’est un tout.
Et l’objectif final, c’est d’offrir des soins de qualité, de respecter les directives, et d’avoir également la satisfaction de l’usager.













