Du 22 au 26 juin 2026 à Ebolowa, le Programme Zoonoses et son partenaire STRIDES ont franchi un cap décisif en validant la nouvelle méthodologie de traitement et de vérification des données de la plateforme COHIS.
À Ebolowa, du 22 au 26 juin 2026, le Programme Zoonoses a validé la méthodologie de traitement et de vérification des données de la plateforme COHIS.Dès l’ouverture des travaux, les participants ont procédé à une analyse minutieuse des processus actuels de vérification, de transmission et de traitement des données par secteur au sein de la plateforme. L’objectif était clair : identifier les goulets d’étranglement et les sources de données aberrantes qui fragilisent encore la chaîne d’information multisectorielle. Car COHIS, le Cameroon One Health Information System, est conçu pour briser les silos entre la santé humaine, la santé animale et la surveillance environnementale. Une alerte sur une maladie animale émergente doit pouvoir être instantanément croisée avec des données de santé humaine et des facteurs environnementaux. Pour que ce décloisonnement fonctionne, chaque maillon de la chaîne doit être irréprochable.Les échanges ont mis en lumière les défis persistants. La multiplicité des sources, la diversité des formats et les délais de transmission constituent autant de points de friction qui peuvent compromettre la réactivité du système. Face à ce constat, les experts ont élaboré une méthodologie harmonisée de contrôle qualité, véritable colonne vertébrale de la future fiabilité de COHIS. Celle-ci repose sur trois piliers : des filtres stricts de détection des valeurs aberrantes, des protocoles d’alerte sur les anomalies et des critères d’acceptation des données clairement définis. Ces garde-fous permettront désormais de détecter automatiquement toute incohérence avant qu’elle ne vienne polluer l’analyse et la prise de décision.L’enjeu dépasse largement la seule performance technique. Comme l’a rappelé un participant lors des débats, « avant, les informations circulaient de manière fragmentée. Aujourd’hui, COHIS nous offre une vision unifiée de la menace. C’est un changement de paradigme pour la gestion des épidémies au Cameroun ». Cette vision unifiée, pour être opérationnelle, exige une confiance absolue dans les données qui l’alimentent. Une confiance qui se construit par des règles claires, partagées et rigoureusement appliquées par tous les acteurs, qu’ils relèvent du ministère de la Santé publique, de celui de l’Élevage ou de celui de l’Environnement.La plateforme COHIS, fruit d’une forte volonté politique et d’une collaboration avec des experts africains, est déjà considérée comme un pilier fondamental du renforcement des capacités du pays en matière de surveillance épidémiologique. Sa validation officielle par les Services du Premier Ministre a positionné le Cameroun comme un pionnier en Afrique dans l’adoption d’une approche intégrée de la santé. Mais cette avancée technologique ne saurait suffire. La pérennisation de l’outil, sa maintenance et la formation continue des utilisateurs sont des conditions essentielles pour que COHIS reste un outil vivant et opérationnel.L’atelier d’Ebolowa, en se focalisant sur la qualité des données, a apporté une réponse concrète à l’un des défis majeurs identifiés lors du sommet mondial One Health de Lyon, où le Cameroun avait présenté son bilan de dix ans d’action. La fiabilité des données est en effet le prérequis indispensable à une gouvernance décentralisée de la veille sanitaire. Comme l’avait souligné un responsable de la délégation camerounaise à Lyon, « la prochaine crise ne sera pas arrêtée par une déclaration solennelle, mais par un agent communautaire bien formé et un système d’information capable de relier un élevage de porcs à un dispensaire de brousse ».En posant les bases d’une méthodologie robuste de vérification et de traitement des données, le Programme Zoonoses et ses partenaires de STRIDES ont franchi une étape décisive. L’ambition est désormais à portée de main : faire de COHIS le système d’information de référence pour la prévention et la riposte face aux menaces sanitaires complexes au Cameroun, et un modèle pour toute l’Afrique.















