Du 25 au 27 juin 2026, l’Hôpital général de Douala a organisé une campagne gratuite de dépistage du cancer du col de l’utérus, marquée par
l’enrôlement de 1 066 femmes ;Implémentée par le service de gynécologie, cette initiative annuelle a innové cette année en proposant exclusivement des tests HPV, une méthode plus sensible que le frottis classique ;Face à ce fléau évitable, les spécialistes rappellent qu’un diagnostic précoce garantit une guérison totale.
Les patientes présentant des anomalies (62 cervicales et 33 mammaires détectées) ont été immédiatement orientées vers une prise en charge médicale appropriée, tout en bénéficiant d’une réduction des coûts de soins au sein de l’établissement.
Ici on prend les paramètresDe nombreuses femmes ont répondu présentes à ce rendez-vous. Elles ont couru pour connaitre, chacune leur état de santé. La cour intérieure dudit hôpital a connu une ambiance singulière. Deux grandes bâches installées ont accueilli des centaines de femmes. Jeunes et adultes. Le jeudi 25 juin, première journée de consultations, les registres faisaient ressortir les chiffres de 250 noms enregistrés autour de 10 h 30. « Cette affluence nous a obligés à limiter ce nombre pour mieux servir. Là on a arrêté les enregistrements pour aujourd’hui », nous informe la major en second dudit service.Une participation massive qui ne surprend guère : « Il faut noter que l’année dernière, on a dépisté environ 600 femmes. Et cette année, nous comptons faire plus que ça », va déclarer le Dr Watchung.Nombre important des femmesAutres raisons évoquées pour justifier le nombre important des femmes venues faire le dépistage, c’est le message lancé depuis l’année dernière : «Nous n’avons cessé de dire aux femmes que le cancer du col est totalement évitable. C’est-à-dire qu’on veut que la population s’habitue à cet exercice de se faire dépister. Parce que quand on se fait dépister, on trouve les lésions précancéreuses qu’on peut traiter et après le traitement, on est guéri et on n’aura jamais le cancer du col. Et donc on voit que le message passe. C’est pour ça que depuis à peu près 6 ans, on s’attèle à faire cette campagne-là tous les ans et on espère qu’au fur et à mesure le message passe. La raison pour laquelle vous avez beaucoup de femmes qui sont arrivées depuis 6 heures, on a même dû bloquer. Depuis à peu près une heure de temps, on a déjà bloqué à la guérite et les femmes viennent un peu de partout », a laissé entendre le Pr Charlotte Tchente.Berthe a été renvoyée pour le jour suivant, « je suis venue me faire consulter. Mais on ne donne plus les numéros. On me demande de revenir plus tard demain. J’ai essayé de forcer. Mais je n’ai pas pu. Je vais seulement faire un effort supplémentaire pour revenir demain », va nous raconter la jeune dame.Céline Mapa a été enregistrée : « On nous a expliqué qu’il y a une campagne qui commence jeudi et se termine samedi. Raison pour laquelle j’ai trouvé mieux de venir me faire dépister, parce qu’on ne sait jamais. Je n’ai pas peur. Plus tu te fais dépister à temps, tu as aussi plusieurs chances de te faire soigner. Je conseillerai à toutes les femmes de toujours se faire dépister à temps. Parce qu’on ne sait jamais. Tout bien portant est un malade qui s’ignore. Et on ne nous a rien demandé, rien du tout », dit-elle.Et à chaque campagne sa spécificité : « L’année dernière, on s’est limité à faire des frottis cervico-utérins, qui est une autre forme de dépistage. Mais pour cette année exclusivement, on fera rien que des tests de HPV, c’est-à-dire la recherche du human papillomavirus, qui est le virus responsable de ce cancer. Il faut noter que c’est un cancer qui est sexuellement transmissible, donc il peut être totalement évité », va encore expliquer le Dr Watchung K.1 066 femmes enrôléesSur les lieux, trois tables accueillent à tour de rôle les femmes qu’on fait venir par ordre.et qui par la suite vont faire des examens appropriés D’autres attendent sous les bâches suivant les conseils du Pr Tchente Nguefack, gynécologue-Obstétricienne. Le médecin est resté très proche des femmes. Un grand moment de partage, pour leur permettre de mieux comprendre les facteurs de risque, les moyens de prévention, l’importance du dépistage régulier et le rôle essentiel de la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV).Au terme de trois jours de consultations en toute gratuité, les statistiques parlent d’elles-mêmes : 1 066 femmes enrôlées – 996 femmes enregistrées et prises en charge – 950 tests d’anémie réalisés – Environ 500 tests HPV effectués (en attente de confirmation définitive du laboratoire) – 33 cas de lésions mammaires détectés sur 894 examens mammaires documentés – 62 anomalies et lésions cervicales visibles au spéculum identifiées et orientées pour une prise en charge appropriée.« Prévenir aujourd’hui pour protéger demain »Alors, la détection de plusieurs cas nécessitant un suivi médical illustre l’importance de telles campagnes dans la lutte contre les cancers féminins. Chaque examen réalisé alors, représente une opportunité de diagnostic précoce, de prise en charge rapide et, potentiellement, une vie sauvée.Ladite campagne s’est achevée par un message répété. Les médecins soutiennent inlassablement que, «le cancer du col de l’utérus peut être prévenu et traité efficacement lorsqu’il est détecté à temps. Le dépistage régulier reste l’un des gestes les plus importants pour préserver la santé des femmes ». Et que, « prévenir aujourd’hui pour protéger demain », pour indiquer le chemin à suivre.Et il faut bien le préciser, cette opération de santé publique a bénéficié de l’accompagnement des partenaires, notamment Innotech International, MacLeods et Pierre Fabre pour le succès de cette initiative.
Réactions : Dr Marius Watchung K.
« Il y a une tranche d’âge qui est comprise entre 25 et 65 ans pour le dépistage du cancer du col de l’utérus »

Dr Marius Watchung K est gynécologue – obstétricien en service à l’hôpital général de Douala. C’est le 25 juin 2006. Comme d’habitude, chaque année, nous célébrons le mois du cancer du col qui est encore appelé juin-hiver. A cette occasion, nous organisons à l’hôpital général de Douala, sous le haut patronage du directeur général de l’hôpital général de Douala, une campagne gratuite de sensibilisation, d’éducation et de dépistage du cancer du col de l’utérus. Et cela par le test HPV qui sera fait sur place. Il faut noter que c’est un test qui est totalement gratuit et ouvert à toute la population.Dans le même temps, on en profitera pour faire des sensibilisations sur les différentes pathologies que l’on rencontre fréquemment à l’hôpital général. Au service de gynécologie, on fera le dépistage clinique du cancer du sein. On fera également une éducation sur toutes les activités qui se déroulent au niveau du service de gynécologie de l’Hôpital général de Douala. Il faut noter que le cancer du col est le premier cancer après celui du sein qui fait les ravages auprès des femmes. Est-ce que vous avez les statistiques du cancer du col de l’utérus ? Le cancer du col de l’utérus, comme on l’a dit, c’est le premier cancer avant le cancer du sein. Sur le plan national, les statistiques, je ne les ai pas. Mais au niveau de l’hôpital, on peut noter environ 20 à 30% des cas de cancer du col de l’utérus que l’on détecte. Depuis l’année dernière, vous êtes dans cet exercice et à ce jour, combien avez-vous dépisté concrètement, docteur ? L’année dernière, on a dépisté environ 600 femmes pour ces tests-là. Et cette année, nous comptons faire plus que ça. A noter que l’année dernière, on s’est limité à faire des frottis cervico-utérins, qui est une autre forme de dépistage. Mais pour cette année exclusivement, on fera rien que des tests de HPV, c’est-à-dire la recherche du human papillomavirus, qui est le virus responsable de ce cancer. Il faut noter que c’est un cancer qui est sexuellement transmissible, donc il peut être totalement évité.Est-ce que l’hôpital général Douala. a un plateau technique de prendre en charge ce cancer? Je vous le confirme, que nous pouvons prévenir, nous pouvons prendre en charge complètement du début à la fin. A atteindre des lésions précancéreuses jusqu’au cancer avéré au stade terminal. Donc, l’hôpital général de Douala a tout le plateau technique pour pouvoir dépister, traiter et prévenir le cancer du col de l’utérus.On peut guérir complètement de ça, docteur? On peut guérir du cancer du col si on diagnose si tôt, si on s’y prend tôt et qu’on a un traitement approprié pour la prise en charge. Il faut noter que dans la plupart des cas, les patientes prennent cette pathologie comme étant un mythe. Et pour la première impression, lorsqu’on leur donne le diagnostic, ils ont tendance à, soit aller vers les églises ou alors se réfugier vers les médicaments traditionnels.Et très souvent, ils arrivent quand c’est tard et pour la plupart, on n’a plus grand chose à faire. Mais quand il est dépisté tôt et qu’ils ont changé tôt, on guérit complètement du cancer du col de l’utérus. Quand vous parlez tôt, c’est à quel âge qu’il faut commencer à faire ce dépistage, docteur ?Il y a une tranche d’âge qui est comprise entre 25 et 65 ans pour le dépistage du cancer du col de l’utérus. Mais pour ce qui est du frottis, il faut noter que toute femme en activité sexuelle 5 années après le début de l’activité sexuelle est éligible pour un frottis du col de l’utérus. Est-ce qu’il y a des signes qui peuvent nous amener à venir vous voir? Oui, mais je ne pense pas que ce serait mieux d’attendre les signes parce que très souvent, c’est un cancer qui est très sournois et qui ne fait pas de bruit. Mais quand on commence à avoir des saignements anormaux, c’est-à-dire que vous allez voir une femme qui va se plaindre du fait qu’elle a des saignements pendant le rapport sexuel ou alors en dehors des règles, elle a des petits saignements ou lorsqu’elle a fait pipi, elle trouve du sang lorsqu’elle se nettoie.En ce moment, on a quand même un stade qui est déjà un peu avancé. Donc c’est l’un des signes qu’on a très souvent pour pouvoir diagnostiquer ce cancer de façon clinique.
Pr. Charlotte Tchente Nguefack
« Le cancer c’est des cellules d’un organe qui, à un moment donné, commencent à se multiplier de manière désordonnée »

Le Pr. Charlotte Tchente Nguefack est agrégée de gynécologie-Obstétrique en service à l’Hôpital général de Douala. C’est le chef du service de gynécologie à ladite formation. Nous l’avons approchée pour mieux comprendre le mal et avoir une idée sur la prise en charge. Vous êtes toujours en campagne pour sensibiliser les femmes contre le cancer du col de l’utérus. Alors, qu’est-ce que vous encore allez leur dire aujourd’hui ? Ce que je vais leur dire aujourd’hui, c’est que le cancer du col est totalement évitable. C’est-à-dire qu’on veut que la population s’habitue à cet exercice de se faire dépister. Parce que quand on se fait dépister, on trouve les lésions précancéreuses qu’on peut traiter et après le traitement, on est guéri et on n’aura jamais le cancer du col. Donc c’est la chance d’avoir une pathologie comme ça qu’on maîtrise et donc on veut que le message passe. C’est pour ça que depuis à peu près 6 ans, on s’attèle à faire cette campagne-là tous les ans et on espère qu’au fur et à mesure le message passe.La raison pour laquelle vous avez beaucoup de femmes qui sont arrivées depuis 6 heures, on a même dû bloquer parce qu’à 14 heures, on a un enseignement post-universitaire. On va parler maintenant au personnel médical et donc on ne peut pas prendre tout le monde qui arrive. Depuis à peu près une heure de temps, on a déjà bloqué à la guérite et les femmes viennent un peu de partout.Donc on pense que le message est en train de passer parce qu’au fur et à mesure que les années passent, l’affluence augmente. C’est vraiment tout le plaisir de l’hôpital général avec son top management qui ne s’attèle pas seulement à faire les traitements des maladies mais surtout à prévenir pour avoir une population camerounaise en bonne santé. Est-ce qu’on peut guérir du cancer du col de l’utérus? Bien évidemment, on peut guérir de n’importe quel cancer. Tout est dans le moment du diagnostic. Lorsqu’un cancer est diagnostiqué tôt, pour la plupart, on peut guérir. Et donc pour dépister tôt, pour diagnostiquer tôt, il faut aussi aller chercher parce qu’il y a des femmes ici, probablement quand on va aller les examiner, on va voir qu’il y a peut-être un petit cancer qui a déjà commencé et qu’elle n’était pas au courant. Et là, ça leur donne aussi l’occasion, la chance de guérir parce que quand c’est dépisté tôt. Le cancer, c’est des cellules d’un organe qui, à un moment donné, commencent à se multiplier de manière désordonnée et acquiert les capacités de quitter là où ils ont commencé pour aller attaquer les organes à distance. Dès le début, ce n’est pas comme ça. Au début, c’est d’abord local.Et donc si on trouve le cancer, quand il est en train de démarrer son processus, on sait traiter l’organe et puis c’est bon. S’il n’y a pas de métastase à distance, le malade a 100% de chance de guérir. Maintenant, lorsqu’il existe déjà des métastases, on peut aussi guérir certaines métastases.Jusque-là, la proportion de guérir est toujours présente. Et dans tous les cas, on peut guérir du cancer du col, on peut guérir du cancer du sein, on peut guérir de la plupart des cancers. Professeure, avec autant de femmes que nous voyons. Comment êtes-vous organisés pour prendre tout ce monde en charge ? C’est très facile parce que toutes les femmes qui sont là ne sont pas malades. La majorité, peut-être à la fin, va se retrouver avec 10-15% qui ont des lésions qu’on va traiter. Ça devient aisé, donc on dépiste celles qui ont des anomalies, on leur donne maintenant le rendez-vous pour une prise en charge. Et ce n’est pas tout le monde qui est là qui a des anomalies.En général, la fréquence des lésions précancéreuses, on tourne autour de 7-10%, maximum 15%, donc ça va. Et l’Hôpital général a mis des mécanismes pour réduire les coûts après ces consultations ? Pour cette campagne, c’est totalement gratuit, c’est-à-dire que le top management a encore mieux fait. Habituellement, on fait les frottis du col, mais cette fois-ci, on va faire une campagne par une méthode, un dépistage par une méthode qui est encore plus sensible, qui est le test HPV, Human Papillomavirus, qui est ce virus-là même qui cause le cancer du col.Donc, lorsqu’on valide, une fois qu’on l’identifie, à ce moment-là, on suit. C’est un test qui coûte dans les 35-60 000 Fcfa en ville, mais les patients l’auront gratuitement ce matin et durant les 3 jours que va durer la campagne. Maintenant, lorsque l’anomalie, lorsqu’on trouve une lésion, oui, effectivement, la prise en charge du cancer, d’une manière globale, bénéficie d’une certaine réduction ici à l’hôpital général.Par exemple, dans les bilans, dans les examens, si une numération coûte peut-être 10 000 Fcfa, le malade cancéreux paye entre 7 et 8 000 Fcfa, si mes souvenirs sont exacts. Donc, il y a une réduction des coûts. Donc, quand on les dépiste, on va les soigner et dans leur prise en charge, il y a une réduction des coûts.
Propos recueillis par Alphonse Jènè












