Shopping cart

Subtotal CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
  • Home
  • ACTUALITE
  • VIH au Cameroun : Quand ONU Femmes place le dialogue au cœur de sa stratégie collective
ACTUALITE

VIH au Cameroun : Quand ONU Femmes place le dialogue au cœur de sa stratégie collective

Email : 9

En prélude à la mise en œuvre du plan stratégique quinquennal 2027-2031, ONU Femmes Cameroun a réuni le lundi 29 juin 2026 à Yaoundé des femmes vivant avec le VIH issues de plusieurs régions du pays. Un dialogue direct et sans fard, soutenu par les agences onusiennes et les ministères sectoriels, destiné à transformer les réalités du terrain en leviers de politiques publiques inclusives.

La lutte contre le VIH/SIDA continue. C’est une avancée majeure dans la riposte contre le VIH/SIDA au Cameroun. L’écoute active remplace désormais les théories de bureau. À l’initiative d’ONU Femmes Cameroun, une concertation de haut niveau s’est tenue le 29 juin 2026 à Yaoundé, rassemblant des femmes vivant avec le VIH venues partager leurs vécus, leurs blocages et leurs aspirations. L’événement a vu la participation stratégique du représentant résident d’ONUSIDA, Taoufik Bakkali, ainsi que d’experts de l’OMS, du ministère de la Promotion de la femme et de la famille (MINPROFF) et du ministère des Affaires sociales (MINAS).Briser le cercle de la vulnérabilité socio-économiqueAu Cameroun, la vulnérabilité face au virus demeure intimement liée aux inégalités de genre. Les données épidémiologiques sont implacables : le taux d’infection par le VIH est deux fois plus élevé chez les femmes que chez les hommes, la tranche d’âge des 10-25 ans payant le tribut le plus lourd. Cette fragilité est accentuée par les discriminations, la précarité financière et les violences basées sur le genre (VBG).« Ce sont des facteurs sociétaux. Nous savons tous malheureusement la place que la femme occupe dans nos sociétés, où on a plutôt tendance à les mettre en dessous des hommes. Elles ne sont pas en position de décision et cela les rend beaucoup plus vulnérables dans la mesure où elles sont dépendantes économiquement », explique le Dr Ahmet Secka, médecin en chef du Dispensaire des Nations Unies à Yaoundé. Face à ce constat, l’autonomisation économique s’impose comme le rempart indispensable pour restituer aux femmes leur pouvoir décisionnel et réduire leur exposition aux risques sanitaires.Une tribune inclusive pour le prochain plan quinquennalPour ONU Femmes, cette journée d’échanges constitue le socle stratégique du prochain cycle qui débutera en 2027. L’objectif est de bâtir une feuille de route ancrée dans les besoins réels explicités par les premières concernées, en contournant les filtres habituels qui étouffent la voix des minorisées.« L’enjeu est de nous assurer que nous donnons la parole aux vraies actrices. Les femmes n’ont pas souvent l’occasion de parler quand elles sont dans des cercles avec les hommes. Souvent, elles ne se font pas entendre. Donc, pour nous, il était important de créer un espace dédié, où les femmes, en toute confiance, prennent la parole », précise Marie-Pierre Raky Chaupin, représentante résidente d’ONU Femmes Cameroun.Un plaidoyer d’envergure porté vers les sommetsPendant plusieurs heures, les barrières sont tombées. Les participantes ont exposé sans complaisance les réalités de la stigmatisation médicale, les écueils d’accès aux soins de qualité et la précarité qui complique l’observance thérapeutique. Cette libération de la parole insuffle une légitimité nouvelle au plaidoyer national.Lucie Tsobgni Zambou, présidente du conseil d’administration du Réseau camerounais de personnes vivant avec le VIH (RECAP+), s’est réjouie de cette opportunité historique : « C’est une opportunité longtemps attendue. Les femmes positives vivant dans la précarité ont constaté que leurs préoccupations ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Nous espérons que ces priorités seront portées aux plus hauts niveaux institutionnels ».De l’écoute à l’action concrèteLa forte mobilisation de la communauté internationale et des ministères régaliens traduit une volonté de rompre le travail en silo. L’intégration des recommandations issues de cet atelier au plan quinquennal d’ONU Femmes marque un tournant paradigmatique : la réponse au VIH ne peut plus être purement clinique ; elle doit intégrer les droits humains, la protection sociale et la justice de genre. Écouter n’était que la première étape, le défi réside désormais dans l’exécution politique de ces engagements.

img

Junior NTEPPE KASSI, 33 ans, est un journaliste scientifique camerounais au Groupe Échos Santé. Spécialiste de la médecine du sport, il met sa passion au service de l'information médicale de pointe.

Leave a Reply

Articles similaires

📰 Dernière parution : Echos santé n°1434 du mardi 30 juin 2026

×