En ce début de saison agricole dans cette partie du pays, les agriculteurs peuvent être victimes de morsures de serpents. Le personnel de santé conseille d’éviter la pose de garrot et la scarification, la solution se trouvant dans les formations sanitaires.
La région de l’Adamaoua connue pour ses immenses terres agricoles et pastorales, les acteurs de ce secteurs d’activités peuvent être victimes de morsures de serpents. Avec ou sans envenimations, le personnel de santé reste disposer à aider la victime à guérir du mal. En un trimestre, plusieurs cas ont été notifiés aux services des urgences. Pour la prise en charge des cas de morsure de serpent, des gestes dangereux restent répandus dans la région, alerte le directeur de l’Hôpital régional de Ngaoundéré, le Dr Gaya Hamza. Selon lui, l’usage du garrot et les scarifications locales, notamment avec la « pierre noire », sont non seulement inefficaces mais peuvent aggraver l’état de la victime. « Poser un garrot empêche la circulation sanguine et peut conduire à l’ischémie, à des lésions tissulaires sévères voire à l’amputation », avertit le Dr Gaya. Il explique par ailleurs que le garrot concentre le venin et accroît les dégâts locaux. De plus, la scarification ou les tentatives d’aspiration avec des objets non stériles favorisent l’infection et retardent l’accès aux soins appropriés.
Le médecin rappelle la conduite recommandée qui consiste notamment à se rendre dans la formation sanitaire la plus proche. Ici, le personnel en service saura poser le
meilleur geste qui pourra sauver la vie de la victime. « Le gouvernement de la République, à travers le ministère de la santé nous a dotés des sérums anti venins. Selon le cas, ces derniers peuvent être gérés en kits d’urgence. Donc en cas de morsures de serpents que ce soit avec ou sans envenimation, la solution la plus pratique est de se rendre dans une formation sanitaire », insiste le docteur Gaya Hamza.
Au-delà de la capacité des formations sanitaires à faire face aux cas de morsures de serpents, il appelle à la sensibilisation communautaire pour remplacer les pratiques dangereuses par des gestes simples et efficaces. Selon lui, c’est par des actions concertées que ce mal issu des morsures de serpents sera jugulé.
REACTION
Docteur Gaya Hamza, médecin et Directeur de l’Hôpital Régional de Ngaoundéré, « Le garrot n’est pas conseillé ».

Il y a eu un moment, l’attitude était de mettre un garrot. C’est-à-dire, le garrot avait pour but d’empêcher que le venin ne diffuse dans tout l’organisme. Seulement, avec le temps, le garrot s’est révélé être plus nuisible que le geste qu’il faut faire. Parce qu’on s’est retrouvé avec des membres ischémiques. Quand on met le garrot, on
serre tellement fort que le sang ne circule plus dans le membre. Le sang ne circulant plus dans le membre, il se trouve que l’oxygène n’arrive plus dans la partie distale du membre. Et donc, on est en ischémie. En plus, le venin, il y a une sorte de mode de dilution qui attenu la toxicité. Et finalement, si vous mettez le garrot, il peut y avoir une nécrose de tout le membre. Parce que non seulement il est ischémique, mais en plus le venin est diffusé dans tous les tissus avoisinants. Et il a tout le temps d’avoir tout l’effet toxique. Donc, le garrot n’est pas conseillé. Il vaut mieux éviter de mettre le garrot dans le membre. Mais il se trouve que si vous avez été mordu par un serpent, dont le venin est hémotoxique. Il vous entraîne une impossibilité du sang à coaguler. Il va se passer que le sang va saigner par ces scarifications sans s’arrêter. Vous risquez de vous vider de votre sang à travers ces scarifications. Et la pierre noire, peut-être, je ne suis pas sûr que la pierre noire nous donne efficacité. A l’heure actuelle, le protocole n’intègre pas la pierre noire. La pierre noire, je doute, j’émets des réserves, mais je doute de l’efficacité. Je préfère m’en tenir au traitement avec un sérum antivenimeux. Lequel a prouvé son efficacité s’il est administré le plus tôt possible. C’est pour ça que l’attitude serait de calmer la personne victime de morsure de serpent, de l’orienter vers le centre de santé à mesure de lui offrir les soins les plus adéquats, disposant de sérum antivenimeux.















