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Santé de la reproduction :La Polyclinique Odyssée modernise sa prise en charge de la fertilité

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La Polyclinique Odyssée s’impose comme un centre d’excellence en procréation médicalement assistée (PMA) et santé féminine, offrant des infrastructures modernes. Sous la direction de la Dre Ernestine Gwet Bell, l’une des pionnières de la fécondation in vitro (FIV) au Cameroun, l’établissement allie expertise technique, notamment avec son centre de fertilité au quatrième étage, et prise en charge globale.

Au coeur de la ville de Douala, la polyclinique Odyssée reflète désormais une image qui ne laisse personne indifférent. Sa bâtisse de cinq niveaux située au quartier Bonapriso offre confort, sécurité et soins de qualité aux femmes, enfants et hommes en quête de solutions de procréation.

Spécialisée dans la prise en charge des femmes, la polyclinique Odyssée s’est agrandie afin de répondre aux besoins croissants des familles et des femmes en quête de bonheur maternelle. Chaque étage de cette formation sanitaire privée est emménagé avec soins pour faciliter la prise en charge des patients.

Le 4è étage par exemple est uniquement destinée au centre de fertilité. Il comprend un bureau pour le personnel. Des chambres sécurisées avec des lits pour les femmes ayant subi des opérations de FIV ( fécondation In vitro) ou s’apprêtant à le faire. “Ces lits sont mobiles et faciles à déplacées”, affirme Dr Ernestine Gwet Bell, Gynécologue obstétricienne, promotrice de la Polyclinique Odyssée. A ce niveau, l’on retrouve aussi, une salle de ponction. Ici, on recueille les ovocytes. On y trouve également un laboratoire FIV, une salle d’analyse de sperme et une salle de recueillement ou don.

Le troisième étage de cette polyclinique est destiné à la maternité, la néonatalogie et le bloc opératoire. Cet étage est constitué de deux grandes salles d’hospitalisation, salle de réveil, deux blocs opératoires, salle de travail, salle de surveillance du travail, salle de néonatalogie avec 4 couveuses modernes et deux salles d’accouchement.

Le deuxième étage quant à lui regroupe les hospitalisations, et les spécialités comme l’endoscopie, la fisbocospie, la pharmacie, le bloc endoscopie et des

chambres à 1 et deux lits. « Tout est emménagé pour respecter la volonté du patient. Les chambres sont grandes, elles comprennent des toilettes, si un patient veut son intimité il l’a », fait savoir Dr Ernestine Gwet Bell.

Le niveau 1 est dédié aux consultations. Il abrite aussi un laboratoire d’analyses. Ainsi que les bureaux des médecins, une salle d’attente et une salle de conférence. L’objectif derrière cette proposition de cadres plus aptes à répondre aux besoins de plus en plus croissant de la population locale et environnantes.

Depuis l’ouverture de son centre de procréation médicalement assistée, la polyclinique a réussi à satisfaire un bon nombre de femmes. « Pour l’année, je pense qu’on peut avoir une cinquantaine de couples qui viennent pour faire la fécondation in vitro ici », fait savoir Dr Ernestine Gwet Bell.

L’experte cumule une grande expérience dans la FIV. En 1998, la gynécologue-obstétricienne a fait partie de l’équipe qui a fait naître au Cameroun le premier bébé né par FIV dans le secteur privé le 14 avril de cette année-là à Douala. Cette expérience va marquer à tout jamais son parcours professionnel et façonné son expérience au fil des années. 28 ans après cette expérience, elle a contribué à révolutionner la pratique au Cameroun. Depuis 1997 au Cameroun, l’aide médicale à la procréation permet à certains couples en difficulté de devenir parents.

Ghislaine DEUDJUI

Interview

Dre Ernestine Gwet Bell

« L’une des particularités de la Polyclinique Odyssée, c’est son centre de PMA » 


Dans cet entretien, la Gynécologue obstétricienne, apporte quelques précisions sur l’état de la polyclinique Odyssée depuis son ouverture officielle il y a un an.

En quelques mots, pouvez nous dire comment le voyage s’est fait de la clinique à la polyclinique?

Ça fait un an, en fait, que nous sommes rentrés dans cette polyclinique. Le voyage a été un peu long, parce que quand on a décidé de quitter la clinique médicale Odyssée, nous avions comme vision d’améliorer tout ce que nous faisons, notamment en PMA. Donc, on a pris des crédits, d’un montant de 1 milliard Fcfa plus les apports personnels pour pouvoir élever cette polyclinique. Et aujourd’hui, on peut dire que nous sommes satisfaits, parce que nous avons ici tous les éléments qui nous permettent de travailler efficacement et avec un personnel dédié. Et pour ça, vraiment, nous allons grâce à Dieu et à tout le travail qui a été abattu. Parlons

donc de cette polyclinique.

Pouvez-vous nous faire une présentation succincte de la polyclinique ?

La polyclinique a cinq niveaux. Il y a un sous-sol, qui est un parking, qui est également un lieu où on garde certains matériels. Il y a un rez-de-chaussée, où se font toutes les consultations externes, et également là où les confrères peuvent venir travailler. Il y a plusieurs spécialisations qui viennent faire leurs consultations ici. Le premier étage est vraiment dédié aux consultations, notamment aux consultations gynécologiques, mais à d’autres consultations. Le deuxième étage, c’est uniquement les hospitalisations. Dans cet étage aussi, on fait de la petite chirurgie, notamment des hystéroscopies. Le troisième étage est dédié à la chirurgie. C’est là qu’on fait toutes les interventions chirurgicales. Le quatrième étage, c’est essentiellement la fécondation In vitro. Les salles sont stériles. Le cinquième étage, c’est une terrasse. C’est là qu’on peut faire des réceptions, mais c’est surtout là où se trouvent tous les appareils qui permettent de stériliser des étages sensibles comme le troisième ou le quatrième. Et en termes de ressources humaines, on sait que les ressources humaines qualifiées sont rares au Cameroun.

Est-ce que vous en avez suffisamment de mains d’œuvre pour faire fonctionner tout cela ?

Oui. On a des médecins ici qui sont tous spécialistes. On a des biologistes, comme le Docteur Akoun avec qui on a commencé dès le premier jour à faire la fécondation in vitro. Il y a le Docteur Béat qui est venu s’en rajouter. Il y a aussi une anesthésiste de renom, le Docteur Gaïla. On a tout ce qu’il faut pour que nous travaillions correctement. L’une des particularités de la Polyclinique Odyssée, c’est son centre de PMA.

Que pouvez-vous nous dire sur ce centre ?

Je pense que c’est un centre excellent. Il y a tout ce qu’il faut pour que la PMA se fasse correctement. Il y a des équipements de dernier cri, il y a du personnel. La plupart de ce personnel est là depuis le début. Le plateau technique est top. Il est top parce que nous recevons beaucoup de patients qui viennent de toute l’Afrique et même de l’Europe. Il y en a qui viennent de France, il y en a qui viennent du Canada. Ils ne viendraient pas ici s’ils n’avaient pas la certitude qu’ils auront des résultats.

Comment est-ce que vous voyez cette clinique dans plus de cinq ans?

Ce que je souhaite et ce que j’ai commencé d’ailleurs, c’est de faire former des jeunes médecins, jeunes confrères, puisque aujourd’hui, la plupart de ces jeunes

médecins sont comme mes enfants. Le but étant de continuer à promouvoir la qualité de ce centre pour qu’il ne disparaisse pas après mon départ.

Pouvons-nous avoir une idée aujourd’hui d’en moyenne combien de femmes ou de couples fréquentent le centre en un an, en un mois? Quelques chiffres?

Pour l’année, je pense qu’on peut avoir une cinquantaine, une cinquantaine de couples qui viennent pour faire la fécondation in vitro ici.

Propos recueillis par Joseph Mbeng Boum et Ghislaine Deudjui

Réactions

Dr Nicole Akoung,

Dans cet entretien, la Pharmacienne Biologiste apporte des précisions sur ses tâches au sein de la polyclinique Odyssée.

Quel est votre rôle en tant que biologiste dans cette polyclinique ?

Mon rôle est de m’assurer de la bonne pratique des procédures de fécondation in vitro à la polyclinique Odyssée. Et cela va du recueil des gamètes jusqu’à la culture des embryons, leur choix et la préparation du transfert des embryons et également toutes les techniques relatives à la congélation et à la décongélation des embryons.

Qu’est-ce que vous faites pour vous rassurer que ce couple ou cette femme est éligible à l’arrivée ? Comment vous rassurez que le parcours, tous les examens, respecte les procédures ?

En fait, la fécondation in vitro, la PMA, c’est une équipe pluridisciplinaire qui s’en occupe. Donc, il y a l’équipe des cliniciens qui sont là pour établir un diagnostic qui a été fait après les examens et consultations. Et c’est cette équipe, c’est cette partie clinique qui choisit les couples pour la fécondation in vitro. Bien entendu, nous travaillons en staff et tous les dossiers des couples sont étudiés en staff collégial. Le staff est formé des cliniciens, comme je l’ai dit, des biologistes également, des gynécologues, des médecins généralistes. Et puis, de tout le personnel parce que tout le personnel impacte la réussite de chaque fécondation in vitro à plusieurs titres. Quand le couple est élu pour la fécondation in vitro, notre rôle commence. Le jour de la ponction, les biologistes ont pour rôle, comme je l’ai dit au début, de recueillir les gamètes, les gamètes étant des spermatozoïdes d’un côté pour les hommes et des ovules de l’autre côté pour les femmes qui sont obtenues par ponction. Ensuite, nous les mettons, nous pratiquons la fécondation in vitro, soit classique, quand le sperme le permet, soit alors nous faisons une ICSI (Injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde en français, ndlr) est une technique avancée de fécondation in vitro ; c’est-à-dire que nous injectons à l’intérieur de chaque ovule un spermatozoïde. Ça, c’est l’étape qui permet la fécondation en fait de l’ovule dans le but d’obtenir un embryon. Après cette étape de mise en contact, nous disposons les embryons dans des tubes qui reproduisent les conditions physiologiques en fait de l’utérus de la femme pour cultiver les embryons, permettre leur évolution et nous surveillons chacune des étapes de l’évolution des embryons. Ensuite, nous allons procéder le jour du transfert à la sélection des embryons. Cette sélection est basée sur la morphologie et sur la cinétique de division. Ensuite, nous préparons le transfert des embryons. Je ne vais pas entrer dans les détails, ça serait beaucoup trop technique. Et s’il y a plus d’embryons que ceux que nous pouvons proposer au transfert, nous allons les congeler par une technique qu’on appelle la vitrification et qui permet de maintenir toutes les qualités de l’embryon jusqu’à leur décongélation pour un transfert ultérieur. Je dis en passant que ce n’est pas seulement les embryons qui peuvent être congelés et ainsi préservés, mais également les gamètes, c’est-à-dire le sperme et les ovules.

À quel moment vous dites, c’est bon, on a réussi ?

Quand la femme est enceinte et je dirais même quand elle accouche.

Quel est le dispositif de sécurité qui vous permet ici, dans cette clinique,

d’éviter l’échec ou de diagnostiquer l’échec ?

En fait, la fécondation in vitro, ce n’est pas seulement la technique au laboratoire. Il y a tout un environnement qu’on doit préserver. L’air même est analysé, il est stérile, il est filtré plusieurs fois par différents dispositifs. Il y a les appareils, que nous avons qui sont hautement performants. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est une équipe d’experts qui est venue expertiser la polyclinique, notamment notre centre de PMA et qui nous a attribué un label. C’était en 2017, ce label a d’ailleurs été renouvelé. Il atteste de la qualité de nos procédures, il atteste de la qualité de l’environnement, il atteste de la qualité du matériel dont nous disposons et même de l’air, comme je l’ai dit tout à l’heure. Donc, nous tenons particulièrement à préserver ce label qui nous hisse au niveau des cliniques performantes.

En tant que biologiste, qu’est-ce que vous dites aux femmes qui continuent de souffrir de l’infertilité?

Je leur dis tout simplement qu’elles ont à portée de demain, ici à Douala, un centre de haute performance. Ici, le matériel, le personnel est vraiment, non seulement il est enthousiaste, il est passionné par ce qu’il fait, mais on bénéficie ici d’une formation continue. C’est-à-dire une formation continue qu’on effectue soit sur place, soit alors lors de nos voyages. On voyage beaucoup, la science évolue, notamment dans le domaine de la PMA, ça va très très vite. Donc, il faut régulièrement aller, je ne dirais pas se recycler parce qu’on est déjà formé, mais régulièrement aller se mettre au niveau de la technique quand elle évolue.

Est-ce que la fertilité ne concerne que les femmes? Comment les hommes appréhendent cela ?

Absolument, parce qu’on fait un bébé non seulement avec des ovules qui viennent de la femme, mais également avec des spermatozoïdes. Malheureusement, on ne sait pas si c’est certainement à cause des polluants actuels, la vie a tellement évolué qu’elle vient avec son lot de pesticides, d’insecticides, qui influent sur la qualité du sperme de l’homme. On a beaucoup d’hommes qui viennent, des enfants se font à deux.

Un mot de fin?

Le premier bébé éprouvé auquel nous avons participé à aujourd’hui 28 ou 29 ans. Il y en a beaucoup d’autres qui sont nés, il y en a beaucoup d’autres qui naîtront encore. Juste faites-nous confiance, venez, vous bénéficierez ici des meilleurs soins. Merci.

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