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Urgence humanitaire au Cameroun : L’UNFPA tient ses Roster nationaux

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L’atelier de développement des capacités pour les spécialistes nationaux de lutte contre les VBG en situations d’urgence et des rosters de sages-femmes humanitaires démarrés le 17 novembre 2023 se sont achevés vendredi dernier à Yaoundé sur une bonne note.

L’urgence humanitaire au Cameroun, alimentée par les crises sociopolitiques et sécuritaires dans les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Extrême-Nord, place 3,3 millions de personnes en besoin d’assistance en 2025. Face à l’impact dévastateur de ces crises sur les populations vulnérables, en particulier les femmes et les filles, le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le ministère de la Promotion de la femme et de la Famille (MINPROFF), a organisé un atelier intensif de formation à Yaoundé, du 17 au 21 novembre 2025. L’objectif principal était de constituer un roster national de sages-femmes humanitaires et de spécialistes en violences basées sur le genre (VBG) en situation d’urgence. Pour l’UNFPA, agence dédiée à la santé sexuelle et reproductive et aux droits des femmes, cet atelier répond à une réalité incontournable : « les besoins essentiels des femmes ne s’arrêtent pas en temps de crise ». L’initiative est directement alignée sur la vision et les trois résultats transformateurs de l’UNFPA : « zéro besoin non satisfait en planification familiale, zéro décès maternel évitable, et zéro violence basée sur le genre, y compris les pratiques néfastes ». Comme l’a souligné le Dr Marquise Kouo Ngamby, spécialiste en santé sexuelle et reproductive à l’UNFPA Cameroun, en situation de crise, « les femmes continuent d’accoucher et la santé sexuelle continue », rendant indispensable une approche de riposte spécifique et qualifiée.

Des professionnels mieux outillés pour l’action immédiate

Une cinquantaine d’experts, incluant des sages-femmes, des psychologues et des travailleuses sociales venues de sept régions, ont participé à cette session intensive. Ils font désormais partie d’un roster national, un mécanisme de réponse rapide visant à garantir une prise en charge immédiate et compétente des urgences. Au cœur de la formation se trouvait la maîtrise du Dispositif minimum d’urgence en santé de la reproduction (DMU-SSR). Ce dispositif est un ensemble de six objectifs cruciaux visant à sauver la vie des femmes et des filles en situation de crise : la coordination des services, la prévention des violences sexuelles et la prise en charge des survivantes, la prévention de la transmission du VIH-SIDA, la prévention de la surmortalité et de la surmorbidité, la prévention des grossesses indésirées et précoces, et le retour au service complet de santé sexuelle et reproductive post-crise. Les participants ont également été familiarisés avec les 12 kits inter-agences en SSR, des outils standardisés essentiels à la mise en œuvre pratique du DMU. Les participants ont exprimé leur satisfaction, soulignant l’importance des nouvelles compétences. Jacqueline Eta, major maternité à l’hôpital de district de Bonassama, a ainsi découvert qu’en cas de crise, il est impératif d’être « neutre, confidentielle, indépendante et impartiale ». Aissatou Sali Youssoufa, sage-femme de la région du Nord, a affirmé l’importance de cette formation pour travailler « partout dans les situations de crise humanitaire » et aider les personnes vulnérables.

Les défis quotidiens des humanitaires

Le Dr Macky SAM, médecin expert en santé sexuelle et reproductive UNFPA basé à Bamenda, a mis en lumière le quotidien exigeant des humanitaires, un travail où l’on est « en permanence en alerte ». « Le déploiement rapide et la méthodologie de préparation sont essentiels pour répondre aux situations imprévues sur le terrain. Les humanitaires, en particulier dans les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Extrême-Nord, font face à des défis quotidiens majeurs. La sécurité est la première préoccupation, car l’humanitaire doit avant tout assurer sa propre protection pour pouvoir apporter du soutien aux bénéficiaires. L’accessibilité est un autre obstacle majeur : les difficultés d’accès sont liées aux lockdown dans les régions anglophones ou aux inondations dans l’Extrême-Nord, entravant l’aide aux populations. Enfin, la disponibilité des ressources est cruciale ; outre l’acheminement des intrants, la capacitation des ressources humaines est primordiale, car les acteurs du développement sont souvent partis en temps de crise. Face à l’effondrement des services de protection en situation de crise, la prise en charge des VBG est une priorité, impliquant un travail coordonné entre les sages-femmes et les travailleuses sociales qui sont dans un espace sûr pour garantir un service holistique aux survivantes », précise-t-il.

En constituant ce pool d’experts prêts à se déployer, l’UNFPA, à travers sa feuille de route humanitaire (2023-2025) pour l’Afrique de l’Ouest et centrale (WCARO), réaffirme son engagement à protéger les droits et la santé des millions de Camerounais affectés. Au terme de la session, ces nouveaux professionnels font désormais partie intégrante du roster national, concrétisant les principes d’appropriation nationale et de durabilité. Cet effort concerté est une étape vitale pour garantir que, même au milieu du chaos, la santé et la dignité des femmes et des filles restent une priorité.

Junior NTEPPE KASSI

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« Une avancée majeure dans la constitution d’un système de santé autonome »

Dr Mandeng, représentant du ministre de la Santé publique.

« Comme vous le savez, le Cameroun dans les conflits massifs met à rude épreuve nos systèmes de santé et de protection et ce sont bien souvent les femmes qui en payent le lourd tribut. Dans ce contexte, la santé sexuelle et reproductive et la lutte contre les violences basées sur le genre doivent rester au cœur de notre réponse humanitaire. C’est pour cela que nous avons travaillé ici toute la semaine. L’initiative soutenue par UNFPA visant à mettre en place deux rosters nationaux, à savoir des sages-femmes et des spécialistes des VBG, est non seulement opportune mais très stratégique. Ces rosters constituent un mécanisme de veille et de déploiement rapide garantissant la disponibilité immédiate des ressources humaines qualifiées, formées à grande échelle, engagées comme vous l’avez demandé durant la formation et surtout prêtes à intervenir dans toutes les situations d’urgence. C’est une avancée majeure dans la constitution d’un système de santé plus autonome, plus inclusif et centré sur les besoins les plus vulnérables. J’exhorte les uns et les autres à assurer la pérennisation de cette dynamique. Le travail amorcé ici ne doit pas s’arrêter à la constitution d’une base de données. Il devra se poursuivre des sessions de renforcement des capacités pour une mise à jour permanente des profils et une coordination étroite entre le niveau national et local pour garantir une réponse efficace sur le terrain. Je tiens à remercier particulièrement L’UNFPA et son bureau régional pour l’Afrique du Centre et de l’Ouest pour leur soutien financier et technique ainsi que pour leur vision d’un partenariat centré sur le développement national et la durabilité. Ensemble, engageons-nous à faire de ces rosters un outil puissant au service de la vie, de la dignité et de la résilience des communautés touchées ».

Propos recueillis par Junior NTEPPE KASSI  

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