Le Centre hospitalier régional de Maroua (CHR) et l’Hôpital régional de Maroua viennent d’obtenir la certification internationale ISO 9001:2015. Une reconnaissance qui récompense plusieurs années d’efforts en faveur de la qualité des soins et qui constitue une avancée majeure pour le système de santé de la région de l’Extrême-Nord, confrontée à de nombreux défis sanitaires.

L’Extrême-Nord du Cameroun vient d’inscrire une nouvelle page dans l’histoire de son système de santé. Le Centre hospitalier régional de Maroua et l’Hôpital régional de Maroua ont officiellement obtenu la prestigieuse certification ISO 9001:2015, délivrée par Bureau Veritas Certification. Cette distinction internationale atteste de la conformité de leurs systèmes de management de la qualité aux standards les plus exigeants en matière d’organisation, de gouvernance et de prise en charge des patients.
Le Centre hospitalier régional de Maroua a reçu son certificat le 1er juillet 2026. Celui-ci couvre les services de consultations, urgences, appui au diagnostic et chirurgie. Quant à l’Hôpital régional de Maroua, il a obtenu sa certification le 10 juillet 2026, pour les domaines des urgences, de l’imagerie médicale, de la chirurgie
pédiatrique ainsi que du laboratoire et de la banque de sang. Ces certifications sont valables jusqu’en 2029, sous réserve du maintien des exigences du système de management de la qualité.
Au-delà de la portée symbolique de cette reconnaissance, cette double certification constitue une réponse concrète aux attentes des populations de l’Extrême-Nord. Dans une région où les défis sanitaires demeurent nombreux, entre forte croissance démographique, maladies endémiques, urgences humanitaires et accès parfois difficile aux soins spécialisés, l’amélioration continue de la qualité des prestations hospitalières apparaît comme une nécessité absolue.
Pour les usagers, cette certification représente avant tout une garantie supplémentaire de bénéficier de soins mieux organisés, plus sécurisés et davantage centrés sur les besoins du patient. Elle traduit également une meilleure maîtrise des procédures internes, une gestion rigoureuse des risques, un suivi permanent de la qualité des prestations ainsi qu’une culture de l’amélioration continue au sein des deux établissements.
L’obtention de ces certificats est le résultat d’un travail de longue haleine. Durant plusieurs mois, les équipes des deux hôpitaux se sont engagées dans un vaste processus de transformation interne. Les procédures ont été harmonisées, les pratiques évaluées, les personnels formés et les différents services mobilisés autour d’un objectif commun : répondre aux exigences internationales de la norme ISO 9001:2015.
Cette réussite est également le fruit d’une parfaite synergie entre le ministère de la Santé publique et les responsables des deux formations hospitalières. Sous l’impulsion du ministre de la Santé publique, les établissements ont bénéficié d’un accompagnement technique et institutionnel ayant permis de conduire avec succès cette démarche qualité. Mais cette reconnaissance internationale est surtout le reflet du professionnalisme, de l’engagement quotidien et du sens du devoir démontrés par les directions des deux hôpitaux, avec l’implication constante de l’ensemble des personnels administratifs, médicaux, paramédicaux et techniques.
Dans un contexte où les populations recherchent des services de santé toujours plus performants, cette certification vient renforcer la crédibilité des deux principales structures hospitalières de référence de la région. Elle contribue également à instaurer un climat de confiance entre les patients et les professionnels de santé, tout en favorisant une meilleure efficacité dans la prise en charge des malades.
Cette distinction ouvre également de nouvelles perspectives. Elle encourage les deux établissements à maintenir les standards atteints, à poursuivre les évaluations régulières de leurs performances et à inscrire durablement la culture de la qualité dans leur fonctionnement quotidien. Car l’obtention d’une certification ISO n’est pas une finalité, mais le début d’un processus permanent d’amélioration.
Pour les autorités sanitaires, cette double consécration démontre qu’il est possible de hisser les structures hospitalières de l’Extrême-Nord aux standards internationaux malgré les contraintes auxquelles la région est confrontée. Elle témoigne de la volonté des pouvoirs publics de renforcer durablement le système de santé camerounais en mettant la qualité, la sécurité des patients et la satisfaction des usagers au cœur de l’action hospitalière.
Avec ces deux certifications ISO 9001:2015, le Centre hospitalier régional de Maroua et l’Hôpital régional de Maroua envoient un signal fort. Celui d’institutions résolument engagées dans une dynamique d’excellence, déterminées à offrir des soins de qualité aux populations et à faire de l’Extrême-Nord une région où l’accès à des services de santé performants devient progressivement une réalité. Cette reconnaissance internationale constitue ainsi une fierté pour les deux établissements, leurs personnels, le ministère de la Santé publique et, au-delà, pour toute la région de l’Extrême-Nord.
INTERVIEW
« Les deux hôpitaux ont ainsi évolué ensemble et sont devenus les premiers établissements hospitaliers certifiés ISO au Cameroun. »

Dr Gérard Fetse Tam
Monsieur le Directeur, merci de nous accorder cet entretien. Le Centre Hospitalier Régional (CHR) de Maroua et l’Hôpital Régional de Maroua viennent d’obtenir des certifications ISO. Qu’est-ce que cela apporte de nouveau au fonctionnement de ces deux formations sanitaires et quelles sont leurs particularités
Merci beaucoup pour l’intérêt que vous portez à la qualité, d’une part, et à l’évolution de nos hôpitaux, d’autre part.
Je dois dire que toutes les entreprises, toutes les structures et toutes les organisations devraient se conformer à des normes. Il existe plusieurs normes, mais les normes internationales, comme les normes ISO dans lesquelles nous sommes désormais inscrits, imposent une véritable discipline.
Dans notre domaine en particulier, il est indispensable de fonctionner sur la base de protocoles et de procédures, qu’ils soient techniques ou administratifs. Tous ces protocoles et toutes ces procédures visent à offrir des soins de qualité et, surtout, à garantir la satisfaction de nos usagers et de nos patients.
La certification couvre, au CHR, quatre principaux domaines : les consultations, les urgences, l’appui au diagnostic et la chirurgie. Pourquoi avoir choisi ces services en priorité ? D’autres seront-ils certifiés à leur tour ?
Il faut d’abord revenir sur l’historique de cette démarche.Depuis plus de cinq ans, l’Hôpital Régional de Maroua est engagé dans un processus de management de la qualité. Il y a quatre ans, nous avons bénéficié de l’accompagnement de Global Health Systems Solutions pour le laboratoire. Nous avons d’abord concentré nos efforts sur ce service, ce qui nous a conduits, en novembre 2025, à l’accréditation ISO 15189.
Le laboratoire de l’Hôpital Régional de Maroua est aujourd’hui l’un des huit laboratoires accrédités du Cameroun. Il est même le premier du pays en nombre d’examens couverts par cette accréditation.
Progressivement, nous avons étendu cette culture qualité à l’ensemble de l’hôpital.
En mars 2024, le ministre de la Santé publique m’a confié la responsabilité de l’opérationnalisation du CHR de Maroua. Nous avons alors capitalisé sur les acquis de l’Hôpital Régional pour engager également le CHR dans cette démarche qualité.
Notre vision était claire : conduire cet établissement vers la certification. Les deux hôpitaux ont ainsi évolué ensemble et sont devenus les premiers établissements hospitaliers certifiés ISO au Cameroun. Nous en sommes particulièrement fiers.
Concernant le choix du périmètre, il fallait bien commencer quelque part. Au CHR, nous avons présenté à la certification les consultations externes, les urgences, l’imagerie, le laboratoire et la chirurgie, y compris tous les services qui gravitent autour du bloc opératoire : la buanderie, la stérilisation, les salles d’opération et l’hospitalisation chirurgicale.
Les résultats sont déjà visibles. Depuis l’ouverture des blocs opératoires du CHR, aucune infection post-opératoire n’a été enregistrée. C’est une grande fierté pour nous et une preuve concrète de la mise en œuvre des exigences de qualité
À l’Hôpital Régional, les services concernés sont les urgences, l’imagerie médicale, le laboratoire, la banque de sang et la chirurgie pédiatrique.
Le laboratoire est à la fois accrédité ISO 15189 et certifié ISO 9001. Quant au service de chirurgie pédiatrique, il est aujourd’hui le seul service certifié ISO dans toute la sous-région.
Il faut également préciser que tous les services supports sont impliqués dans cette démarche : les achats, la comptabilité, la maintenance, les ressources humaines, entre autres. Leur implication est indispensable à toute certification.
Ces certificats sont-ils définitifs ou devront-ils être renouvelés ?
Les certificats sont valables pour trois ans. Cependant, chaque année, nous recevrons un audit de suivi. À tout moment, si les exigences ne sont plus respectées, la certification peut être retirée.
Nous expliquons donc à nos collaborateurs que le plus difficile commence maintenant. Nous avons obtenu la certification, mais il faut désormais démontrer chaque jour que nous sommes capables de maintenir ce niveau d’exigence.
Les prochains audits seront encore plus rigoureux. J’encourage donc l’ensemble du personnel à poursuivre ses efforts afin que cette certification soit pleinement méritée.
Il faut également comprendre qu’être un établissement certifié ne signifie pas qu’il n’y aura jamais de problèmes. La certification ne supprime pas les difficultés.
En revanche, un établissement certifié est capable d’identifier les problèmes, de les analyser et de mettre en place des mesures correctives pour éviter qu’ils ne se reproduisent.
C’est dans ce cadre que nous parlons d’ « événements indésirables ». Lorsqu’un tel événement survient, il est analysé afin de comprendre ses causes et de mettre en œuvre des solutions durables.
Le plus important n’est donc pas l’absence totale de problèmes, mais la capacité à les prévenir, à les corriger et à améliorer continuellement nos pratiques.
Quel message adressez-vous aux populations de l’Extrême-Nord, principales bénéficiaires de cette démarche qualité ?
Je voudrais avant tout rassurer les populations de l’Extrême-Nord.
Nous faisons le maximum pour leur offrir des soins et des services de qualité. Nous leur demandons de nous faire confiance, de faire preuve de patience et de nous accompagner dans cette démarche qui est bénéfique pour tous.
Je voudrais également dire à certaines personnes qui passent leur temps à rechercher uniquement ce qui ne fonctionne pas dans les services publics, parfois pour alimenter les réseaux sociaux, que notre porte reste ouverte.
Si des dysfonctionnements sont constatés, qu’elles viennent nous les signaler afin que nous puissions, ensemble, trouver des solutions. Notre objectif n’a jamais été de mal faire.
Si nous nous sommes engagés dans ce processus particulièrement exigeant, c’est justement pour offrir aux populations des prestations conformes aux normes internationales.
D’ailleurs, nous recevons aujourd’hui au CHR de Maroua des patients venus de Douala et de Yaoundé pour se faire soigner.
Les populations locales doivent comprendre que si des patients parcourent de si longues distances pour venir jusqu’à Maroua, c’est parce qu’ils y trouvent des services qu’ils ne trouvent pas forcément ailleurs.
Elles doivent donc faire confiance à leurs hôpitaux.







