9 pays dans le monde, dont le Cameroun, concernés par ce licenciement.
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) avec ses 2600 employés , traverse une crise financière qui se traduit par une réduction de 20 % de ses effectifs dans le monde. Cette décision, qui affectera directement les opérations humanitaires dans plusieurs pays, touche notamment le Cameroun, où l’agence va alléger sa présence et son soutien logistique aux populations vulnérables.
L’annonce a été faite par Tom Fletcher, chef d’OCHA, dans une lettre adressée au personnel jeudi dernier, alors que l’agence onusienne fait face à un déficit de financement évalué à près de 60 millions de dollars américains pour l’année 2025. Le Cameroun figure sur la liste des neuf pays qui verront leurs effectifs OCHA réduits et leurs opérations révisées à la baisse.
Déjà confronté à des crises humanitaires complexes notamment, les conflits armés dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, insécurité dans l’Extrême-Nord, déplacements internes massifs, et accueil de réfugiés centrafricains, le Cameroun risque de voir les capacités d’intervention de l’ONU sérieusement diminuées.
« Le BCAH réduira sa présence et ses opérations au Cameroun, en Colombie, en Érythrée, en Irak, en Libye, au Nigéria, au Pakistan, à Gaziantep en Turquie et au Zimbabwe », a indiqué Tom Fletcher dans son courrier.
Pour les acteurs humanitaires présents sur le terrain, cette réduction de moyens pourrait aggraver la vulnérabilité des populations affectées par les crises, dans un contexte où les besoins humanitaires, eux, continuent d’augmenter.
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La principale cause de ces suppressions de postes et de la contraction des opérations réside dans la baisse brutale des contributions financières, notamment de la part des États-Unis, historiquement le plus grand donateur d’OCHA. Selon Fletcher, les coupes dans les financements extrabudgétaires ont creusé un déficit majeur qui compromet désormais la capacité d’intervention de l’agence dans de nombreux pays.
Les États-Unis étaient jusqu’alors le principal contributeur aux programmes d’Ocha, avec plus de 60 millions de dollars annuels. L’administration Trump a supprimé 83% des programmes de l’agence américaine USAID, qui gérait un budget annuel de 42,8 milliards de dollars, représentant 42% de l’aide humanitaire mondiale.
« La communauté humanitaire était déjà sous-financée, surmenée et littéralement attaquée. Aujourd’hui, nous faisons face à une vague de coupes brutales », a alerté le responsable onusien.
Face à cette situation, OCHA prévoit une réorganisation structurelle profonde : rationalisation de la gestion, recentrage des budgets vers les terrains les plus critiques, et transfert de la prise de décision vers les niveaux nationaux. L’objectif affiché est de préserver autant que possible l’efficacité des interventions malgré la réduction des ressources humaines et financières.
Cette restructuration intervient alors que les crises humanitaires mondiales n’ont jamais été aussi nombreuses, notamment en Afrique, où conflits, déplacements forcés et effets du changement climatique pèsent lourdement sur les populations.
Pour le Cameroun, la réduction de la présence d’OCHA risque d’amenuiser les capacités de coordination entre agences humanitaires et partenaires locaux, ce qui pourrait freiner la réponse d’urgence en cas de nouvelle crise.
Mireille Siapje















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