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CSU et Renforcement des capacités : Un engagement collectif dans la région du Centre

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Les acteurs communautaires, les autorités locales, les responsables de formations sanitaires ainsi que les représentants du Fonds Régional pour la Promotion de la Santé du Centre (FRPSC) se sont réunis à Yaoundé à l’occasion d’un atelier de renforcement des capacités, organisé dans le cadre de la mise en œuvre de la Couverture Santé Universelle (CSU), phase 1. L’objectif : intensifier la sensibilisation et favoriser l’appropriation de la Couverture Santé Universelle (CSU), phase 1, en mettant en lumière le rôle stratégique du Fonds Régional pour la Promotion de la Santé du Centre.

Cette rencontre stratégique, présidée par le Gouverneur de la région du Centre et président de l’Assemblée générale du FRPSC, M. Naseri Paul Béa, a marqué un tournant majeur dans la mobilisation collective pour l’amélioration de la qualité des soins de santé au Cameroun.

 « Il me plaît de souligner avec emphase que la mise en œuvre de la couverture santé universelle passe non seulement par l’implication d’une pluralité d’acteurs, mais aussi par une synergie d’actions et une conjugaison des efforts collectifs », a déclaré le Gouverneur dans son discours d’ouverture.

Cette rencontre intervient 17 mois après une première série de sensibilisations dans la région, visant à vulgariser les principes de la CSU. L’objectif de cette session était double : renforcer les connaissances des participants sur les mécanismes de la CSU et susciter une meilleure appropriation communautaire pour une implémentation réussie.

Le Dr Mama, administrateur du Fonds régional pour la promotion de la santé du centre, a réitéré l’importance de cette mobilisation au différents participants : « Ce qui nous unit ici, c’est la sensibilisation continue sur la CSU. Nous voulons vous donner les arguments pour porter le message auprès des communautés et susciter leur adhésion. »

Les représentants présents venaient des communes, du Conseil régional, des formations sanitaires (CMA, hôpitaux de district) et des structures de dialogue. Cette diversité témoigne de la volonté de garantir une approche inclusive et participative dans la gouvernance de la santé.

Un fonds structuré, une mission claire

Créé conformément à la loi de 2010 sur les regroupements d’intérêt public, le FRPSC repose sur une structure tripartite : l’État, les communautés et les partenaires techniques et financiers (AFD, KfW, Banque mondiale, etc.). Le fonds, d’une durée de vie de 99 ans, exerce une mission de service public avec autonomie administrative et financière. Il est chargé notamment de : Renforcer la bonne gouvernance ; mobiliser et gérer les ressources pour financer la santé, favoriser la participation communautaire, assurer la gestion et la distribution des médicaments, accompagner les formations sanitaires dans la maintenance des équipements et suivre et rembourser les prestations gratuites dans le cadre de la CSU.

« Quand on dit que la consultation est gratuite, c’est qu’il y a quelqu’un qui paie. Et c’est l’État qui rembourse les prestations à travers le Fonds », a précisé Dr Mama.

Une plateforme pour la transparence

Le Fonds promeut également l’usage de la plateforme OpenIMIS, outil numérique permettant une traçabilité des prestations et un suivi rigoureux des remboursements aux formations sanitaires. Cet outil est appelé à devenir incontournable dans le processus de contractualisation et de vérification.

Cependant, il faut noter que dans son exposé, l’hôpital de district de la Cité-Verte est revenu sur ses difficultés avec utilisation de la plateforme OpenIMIS : « L’hôpital rencontre d’importantes difficultés avec la plateforme, qui fonctionne très mal en journée, ne permettant la saisie des prestations que la nuit en raison de lenteurs importantes. Cette situation complique le travail du personnel, qui doit également saisir les données dans d’autres plateformes, augmentant la charge de travail. Faute de personnel dédié, ce sont les data clerks et autres agents qui s’efforcent de gérer cette saisie en plus de leurs tâches habituelles. Face à ces contraintes, la direction envisage la mise en place d’un point focal exclusivement chargé d’OpenIMIS pour améliorer l’efficacité du processus. » a expliqué Dr Noukayo Félicité, coordonnateur de l’unité de prise en charge VIH à l’hôpital de district de la Cité-Verte

La problématique de l’approvisionnement en médicaments, souvent critiquée pour sa faiblesse, a été évoquée avec insistance. Pour y remédier, le Fonds appelle à un engagement accru des mairies, du Conseil régional et des formations sanitaires pour que les médicaments soient disponibles à un coût abordable dans les structures publiques.« Nous devons tous mettre la main à la pâte. Si les médicaments ne sont pas disponibles, il faut qu’on se demande ensemble où les patients se ravitaillent », a martelé l’administrateur du Fonds.

Mise en œuvre de la CSU phase1 : les communautés au cœur de l’action

Prenant la parole à son tour, le Gouverneur de la région du Centre a rappelé l’historique de la CSU, une initiative présidentielle lancée officiellement en avril 2023 dans la région de l’Est. Il a souligné la nécessité d’une synergie d’action entre les différents acteurs pour assurer le succès de cette réforme capitale.

« Vous êtes des acteurs majeurs de cette mise en œuvre », a-t-il déclaré à l’endroit des conseillers régionaux, maires et responsables sanitaires présents. « Il ne s’agit pas d’un simple programme du ministère de la Santé, mais d’un projet national qui exige la conjugaison des efforts de tous. »

Le gouverneur a également mis l’accent sur l’importance de la bonne gouvernance, de la communication continue avec les populations, et de la connaissance des mécanismes de contrôle et de remboursement dans le cadre de la CSU.Et parlant de remboursement, le délégué régional de la santé publique pour le centre a insisté sur l’effectivité de la gratuité des consultations, des soins et autre médicaments concernant les maladies enregistrées dans le panier de la CSU « Si les directives qui ont été données ne sont pas respectées, vous ne pourrez pas être remboursés car il faudra prouver par exemple que, l’enfant de 0 à 5 ans souffrant du paludisme, enrôlé, a été consulté gratuitement et a reçu gratuitement ses médicaments contre le paludisme  à la pharmacie. Vous devez être capables de prouver cela. » a-t-elle martelé.

Les difficultés relevées par les districts de santé 

Dr Noukayo Félicité, coordonnateur de l’unité de prise en charge VIH à l’hôpital de district de la Cité-Verte : « La mise en œuvre de la Couverture Santé Universelle (CSU) à l’hôpital de district de la Cité-Verte, depuis septembre 2023, s’est heurtée à plusieurs difficultés. L’une des principales contraintes réside dans le manque de personnel dédié à l’enrôlement, les agents de santé devant cumuler cette tâche avec leurs fonctions habituelles. À cela s’ajoutent des problèmes techniques, notamment une mauvaise connexion à la plateforme, rendant les enrôlements plus efficaces la nuit ou très tôt le matin. La réticence de certains usagers, notamment les PVVIH, face à la prise de photo, freine également l’adhésion malgré les efforts de sensibilisation. Pour convaincre les populations, surtout les parents d’enfants de 0 à 5 ans, des actions ciblées comme la sensibilisation lors des campagnes de vaccination en école sont menées, en insistant sur la gratuité du traitement du paludisme grave, maladie la plus fréquente chez cette tranche d’âge. »

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Une présentation du président du COSADI de Ntui a révélé que, dans le District de Santé (DS) de Ntui, la perception de la Couverture Santé Universelle (CSU) reste encore mitigée, avec un pré-enrôlement et un enrôlement timides dans les aires de santé, malgré les efforts déployés. Les acteurs sur le terrain font face à de nombreuses difficultés, souvent d’ordre externe, freinant l’avancée du processus. Toutefois, de nouvelles stratégies sont en cours pour améliorer les activités d’enrôlement, avec un suivi régulier des recommandations et un accompagnement constant de la hiérarchie, qui s’avère être un levier important. « Il est donc nécessaire de mettre en place des approches innovantes pour dynamiser l’enrôlement, notamment par une communication de proximité impliquant les professionnels de santé et les communautés. Le plaidoyer auprès des autorités administratives, traditionnelles et religieuses, la communication pour le changement de comportement et la mobilisation sociale sont au cœur des mécanismes de sensibilisation. » D’autres approches incluent la communication digitale, la gestion de la désinformation, l’adaptation des stratégies aux populations spécifiques, ainsi qu’une planification rigoureuse, avec documentation, supervision et suivi-évaluation. Les outils comme les affiches, flyers, notes et fiches d’information sont également utilisés pour renforcer la sensibilisation communautaire.

Une exhortation à l’engagement

Dans son mot de clôture, le Gouverneur Naseri Paul Béa a tenu à rappeler l’engagement personnel du Président de la République dans cette politique, initiée lors de son discours à la Nation le 31 décembre 2017.

« Je reste convaincu que chacun, au sortir de cette rencontre, prendra conscience de sa place dans la mise en œuvre de ce projet. Il faut jouer son rôle, tout son rôle et rien que son rôle pour que la CSU soit une réalité profitable à toutes les couches sociales », a-t-il insisté.

Ce renforcement des capacités vient renforcer les bases d’une couverture santé inclusive, équitable et accessible. Alors que les défis persistent, cette rencontre laisse entrevoir une dynamique positive, avec des acteurs mieux outillés et unis pour faire de la CSU un véritable levier de justice sociale et de progrès sanitaire au Cameroun.

Mireille Siapje

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