Dans un entretien avec la presse au terme de la célébration de la Journée internationale de la Couverture santé universelle, le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, a évoqué plusieurs points stratégiques inscrits dans la mise en œuvre de ce programme.
Quelles sont les mesures qui sont prises pour pérenniser la Couverture santé universelle ?
Nous souhaitons la pérennisation de la couverture santé universelle. Et je voudrais dire que nous avons pris des garanties. Parce qu’en réalité nous n’avons pas voulu commencer une couverture santé universelle comme ça se fait partout ailleurs. Et nous avons dit : « Nous allons faire la couverture de santé universelle de nos moyens. Ça voudrait dire que nous devons nous assurer que ce que nous donnons aujourd’hui comme panier de soins ne peut plus descendre en deçà, mais ça ne peut que se renforcer. Et c’est pour ça que vous allez voir que dans ce panier de soins nous avons commencé par des priorités. Les femmes enceintes, les nouveaux-nés, les maladies chroniques. Et nous progressons au fur et à mesure en tenant compte de ce que nous, sur le plan d’abord de mobilisation d’un financement domestique, nous pouvons faire avant de compter sur les autres. Et c’est pour ça que nous pouvons vous dire aujourd’hui qu’en réalité, tant que le ministère de la Santé publique va exister, va avoir un budget voté par l’Assemblée nationale, nous pouvons assurer ce que nous avons dit comme panier de soins dans le cadre de la Santé universelle.
Peut-être voudrez-vous lancer un appel pour une meilleure prise en compte de la CSU au Cameroun…
Nous voulons aller plus loin. Et c’est pour ça que nous faisons un appel en deux directions. La première direction, et ça je le fais toujours, c’est en direction du secteur privé. Il faut que le secteur privé s’intéresse au financement de la santé. Je fais toujours le lien entre l’économie, la richesse qui est produite par des personnes en bonne santé et donc qui ont une couverture, et le développement de notre pays, l’émergence. Vous avez parlé au présent de l’arbitre, à l’horizon 2035. Il faut donc que nous tous nous soyons en bonne santé pour que nous puissions aller travailler et produire des richesses. En produisant des richesses, nous développons notre pays et en développant notre pays, nous atteignons l’émergence en 2035. Donc, nous avons fait la politique de nos moyens et nous continuerons à faire la politique de nos moyens.
Et maintenant, le second appel que je voulais faire, c’est en direction de l’instance publique maintenant. Parce qu’en réalité, si nous évoluons vers l’encadrement juridique de la couverture de la santé universelle, nous pouvons donc avoir d’autres sources de financement qui sont des cotisations des bénéficiaires. Et à ce moment-là, nous pensons que nous pourrons encore davantage avoir une surface financière qui puisse densifier le panier de soins et nous permettre de marcher et d’aller progressivement, certes, mais sûrement pour que nous ne soyons pas en rupture, que nous ne soyons pas en régression par rapport à notre panier de soins d’ici 5, 10, 15, 20 ans.
Monsieur le ministre, nous sommes dans la région du Centre, quel est le niveau d’adhésion des populations à la CSU ? Que vous inspire le thème retenu cette année ?
Je voudrais commencer par le dernier, par le dernier sujet, parce que c’est important, et d’ailleurs ça fait l’objet de certains commentaires sur les ressources du Cameroun. Et je voudrais dire que ce n’est pas un thème choisi par nous au Cameroun, c’est un thème sur le plan mondial. Mais un thème qui est simple en réalité, peut-être la traduction de l’anglais au français a posé quelques soucis, mais c’est un thème qui est très simple.
Nous avons, lorsque nous avons rendu public les comptes nationaux de la santé, nous nous sommes rendu compte qu’il y avait près de 72 % des ménages qui payaient directement pour leur santé. Et ça constitue donc une barrière, des obstacles pour l’accès aux soins, parce que lorsque vous organisez des soins de santé gratuits, vous avez une foule de personnes qui arrivent, et dès que la campagne de santé gratuite est finie, les hôpitaux ne sortent plus. Pourquoi ? Parce qu’il y a une barrière financière.
Et donc, c’est ça le thème. C’est travailler pour lever les barrières financières dans le cadre de l’accès aux soins de santé, de qualité de santé importante pour tous. Et donc, c’est aussi l’un des motifs de la Courbette Santé Universelle qui vise effectivement dans une démarche de solidarité nationale à soutenir la main les uns les autres ceux qui en ont un peu, ceux qui en ont moyennement et ceux qui n’en ont pas. C’est-à-dire qu’on a tous accès à ces soins de santé de qualité prévus par M. le Président de la Région de santé Sans problème. Et donc, voilà ce qu’il faut comprendre. Maintenant, s’il faut revenir au niveau d’adhésion dans la région du Centre, je peux vous dire effectivement que lorsque vous voyez la mobilisation ce matin pour la marche, vous avez une idée déjà de l’adhésion au niveau du Centre.
Et ce taux d’adhésion a été boosté par l’arrivée de Cher Santé CSU depuis septembre. Parce que nous parlions tout à l’heure de la dame qui a payé 6 000 francs pour des soins de santé dans la région du Centre. Nous voyons ce qui est devenu aujourd’hui pour la marche dans la région du Centre. Et je peux vous dire que d’ici là, nous avons déjà plus de 600 000 personnes qui sont prêtes à rouler jusqu’à la CSU. Et donc, il y a une forte adhésion. Et nous avons réalisé d’ailleurs des capsules pour connaître à peu près quel est le feedback de l’implémentation de la CSU sur le terrain.
Ces capsules ont été réalisées par des cabinets privés qui n’ont pas d’attache avec le ministère de la Santé. Une trentaine environ que nous avons d’ailleurs disséminées. C’est parce que je ne sais pas si la radio et la télévision sont en train de diffuser ou pas. Je pense qu’on peut très vite se rendre compte que la CSU est très acceptée par tous. Et d’ailleurs, certaines populations voudraient qu’on aille assez rapidement pour couvrir les avantages.
Monsieur le ministre, qu’est-ce qui a été engagé en termes de plaidoyer pour que la CSU puisse avoir un cadre juridique, c’est-à-dire une loi dès les prochaines années ?
Ces projets sont en études. Donc, nous attendrons simplement que ces études soient achevées et que le président de la République les transmette. Je puis vous rassurer que nous les ayons déjà soumis au gouvernement.
Qu’est-ce qui est fait pour que les hôpitaux entrent rapidement en possession des fonds qu’ils investissent dans le cadre de la CSU de façon pérenne ?
Ce défi de remboursement des prestations existe. Au Minsanté, nous intégrons le cout dans notre budget. Nous les engageons et nous les liquidons. Nous envoyons la paperasse au ministère des Finances et le ministère des Finances paye directement les Fonds régionaux qui à leur niveau font un travail. Les factures passent par validation et cette procédure a permis à l’État d’économiser jusqu’à présent une somme de 700 millions FCFA. Parfois, il y a des retards de financement mais nous les gérons.
Propos recueillis par Junior NTEPPE KASSI














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