Engagé en première ligne contre les maladies infantiles contagieuses, l’Hôpital de District de Djoungolo-Olembe a orchestré avec succès le deuxième round des Journées Locales de Vaccination à Yaoundé.
Yaoundé, les premiers jours de juin ont vu l’Hôpital de District de Djoungolo-Olembe se muer en véritable quartier général d’une opération de santé publique d’une ampleur exceptionnelle. Dans les couloirs où résonnent habituellement les pas pressés des malades et le murmure des consultations, une effervescence particulière a gagné les équipes soignantes à l’occasion du lancement de la Semaine d’Actions de Santé et de Nutrition Infantile et Maternelle, conjuguée au deuxième round des Journées Locales de Vaccination contre la poliomyélite et la rougeole. Cette double initiative, qui se déploie du 9 au 12 juin 2026 sur l’ensemble du territoire national, revêt ici une acuité singulière tant l’enjeu est vital pour des populations dont l’accès aux soins demeure parfois entravé par les contingences logistiques et géographiques.
Dès l’aube du premier jour, les équipes mobiles ont pris leur quartier, équipées de glacières regorgeant de vaccins précieux et de flacons de vitamine A destinés à renforcer les défenses immunitaires des tout-petits. Le dispositif, savamment orchestré par la direction de l’établissement, a mobilisé l’ensemble du personnel soignant disponible, appuyé par un réseau dense d’agents communautaires dont la connaissance intime des quartiers et des familles constitue un atout inestimable dans cette quête d’universalité vaccinale. Deux stratégies complémentaires ont été déployées avec une rigueur toute militaire : les points fixes, installés au sein même des formations sanitaires et dans des lieux stratégiquement choisis pour capter un large public, et le porte-à-porte, cette approche de proximité qui permet de franchir les seuils des habitations pour ne laisser aucun enfant sur le bord du chemin.

Les objectifs de cette campagne sont aussi clairs que fondamentaux. Il s’agit d’abord d’administrer les vaccins contre la poliomyélite et la rougeole à tous les enfants âgés de zéro à cinq ans, afin de maintenir le Cameroun sur la trajectoire de l’élimination de ces maladies hautement contagieuses qui continuent, ailleurs dans le monde, de faire des ravages parmi les populations non protégées. La poliomyélite, cette affection redoutable qui peut laisser des séquelles irréversibles en quelques heures, et la rougeole, dont les complications respiratoires et neurologiques menacent encore la vie de milliers d’enfants, constituent des ennemis que la science a appris à vaincre mais qui guettent dès que la vigilance faiblit. Parallèlement, la supplémentation en vitamine A pour les enfants de douze à cinquante-neuf mois vient compléter ce dispositif préventif, car ce nutriment essentiel à la croissance, à la vision et à la résistance aux
infections fait souvent défaut dans les régimes alimentaires des populations les plus vulnérables.
Sur le terrain, la mobilisation a dépassé toutes les attentes des organisateurs. Aux abords des points fixes, les files d’attente se sont formées dès les premières heures, composées de mères fières et déterminées, de pères attentifs, de grands-mères porteuses de leurs petits dans des pagnes colorés. Chaque bras tendu pour recevoir la goutte ou la piqûre salvateur devient un symbole d’espoir, un rempart contre l’invisible. Les agents communautaires, eux, arpentent sans relâche les ruelles poussiéreuses et les artères plus bitumées, leur carnet de vaccination à la main, interpellant les familles avec cette bienveillance qui fait la force des approches participatives. « Nous ne voulons laisser personne derrière nous », confie l’un d’eux, essuyant son front ruisselant de sueur, alors qu’il vient de convaincre une mère hésitante de l’importance de protéger son nourrisson contre des maladies qui n’ont plus leur place au vingt et unième siècle.
La période de quatre jours, du 9 au 12 juin, est intense mais nécessaire pour couvrir l’intégralité de l’aire de santé de Djoungolo-Olembe, un territoire urbain mêlant quartiers résidentiels et zones plus précaires où les défis d’accès aux services de santé se conjuguent parfois à une méfiance qu’il faut patiemment dissiper par l’information et le dialogue. Les formations sanitaires, qu’elles soient publiques ou privées, ont été intégrées à cette vaste toile vaccinale, créant un maillage serré où chaque point de contact avec la population devient une opportunité de sauver des vies. La coordination avec les autorités locales, les chefs de quartier et les associations communautaires a permis de diffuser largement l’information, utilisant les canaux les plus variés, des affichages dans les lieux publics aux messages relayés par les réseaux sociaux et les groupes de discussion de voisinage.
Au-delà des chiffres, ce sont des visages qui donnent sa pleine mesure à cette campagne. Celui de ce nourrisson de quelques mois qui reçoit son vaccin contre la polio sans même protester, absorbé par le monde qui l’entoure. Celui de cette petite fille de trois ans qui, après avoir avalé sa goutte de vitamine A, repart en courant rejoindre ses camarades de jeu, les bras chargés d’une santé renforcée pour les mois à venir. Et celui des agents de santé, dont les gestes précis et rassurants transforment chaque acte technique en moment de tendresse et de confiance partagée. Ces journées de juin, dans leur effervescence bien organisée, rappellent que la santé publique est d’abord une affaire de persévérance, de coordination et de foi en l’avenir, une conviction que chaque enfant protégé aujourd’hui est une promesse de lendemains plus sereins pour toute une communauté. L’Hôpital de District de Djoungolo-Olembe, en prenant sa part pleine et entière dans ce dispositif national, écrit une page supplémentaire de son histoire de service aux populations, une page où la science, l’engagement et l’amour du prochain se conjuguent pour offrir aux tout-petits le plus beau des cadeaux : celui de grandir en bonne santé.












