Selon un rapport de l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) publié en 2020, l’Afrique a enregistré 230 cas de dopage confirmés entre 2015 et 2019. Le Kenya, l’Éthiopie et l’Afrique du Sud sont les pays africains les plus touchés par le dopage, avec respectivement 40, 35 et 25 cas confirmés au cours de cette période. L’athlétisme et le cyclisme sont les sports les plus concernés par le dopage en Afrique.
En 2021, le gardien de but des Lions Indomptables, André Onana avait écopé d’une suspension de 12 mois par l’instance faitière du football européen (l’UEFA) alors qu’il était accusé d’avoir consommé un produit dopant nommé « Lasimac ». Après avoir plaidé son ignorance au moment de la consommation dudit produit, sa suspension a été revue à neuf mois. Néanmoins, cet incident a eu un impact négatif sur sa carrière durant une longue période. Comme lui, plusieurs athlètes font face aux conséquences du dopage au quotidien dans le monde.
De nombreux cas sont détectés à travers plusieurs compétitions organisées dans diverses disciplines sportives. La motivation majeure des athlètes étant de performer au plus haut niveau. Pour ce faire, certains d’entre eux se livrent à la consommation des substances peu orthodoxes. « J’ai gagné plusieurs compétitions en 1500m. Tout le monde était surpris par mon niveau de performance y compris moi-même. C’était incroyable ! Mais, ça n’a pas duré longtemps car, après je suis tombé gravement malade et les résultats de mes examens médicaux ont démontré la présence de cette substance dans mon sang. Ma suspension était donc évidente », témoigne Hubert Wagba, athlète professionnel Camerounais.
Les substances dopantes les plus utilisées sont généralement : les stéroïdes anabolisants et les hormones de croissance. Ils sont consommés par les sportifs pour améliorer leur performance, mais ils ont souvent des conséquences graves sur leur santé à long terme. Selon une étude récente publiée dans le Journal of Sports Medicine, les athlètes qui se dopent sont exposés à un risque significativement plus élevé de problèmes cardiovasculaires, de dommages hépatiques et rénaux, de troubles endocriniens, et de problèmes musculosquelettiques. Les chercheurs ont analysé les données de plusieurs centaines d’athlètes de haut niveau et ont constaté que les produits dopants peuvent entraîner une augmentation de la pression artérielle, une hypertrophie cardiaque, des lésions hépatiques, et même une plus grande probabilité de crise cardiaque ou d’accident vasculaire cérébral.
Les effets du dopage ne se limitent pas aux organes physiques. Les chercheurs ont également découvert que le dopage peut avoir un impact significatif sur la santé mentale des athlètes. Les troubles de l’humeur, l’anxiété, la dépression et même les tendances suicidaires sont souvent associées à l’utilisation de produits dopants. La pression de la compétition et les conséquences potentielles de la découverte de leur dopage peuvent contribuer à ces problèmes de santé mentale.
De plus, l’étude révèle que certaines substances dopantes peuvent augmenter le risque de cancer. Les stéroïdes anabolisants, en particulier, ont été liés à un risque accru de cancer du foie, de la prostate et du sein. L’affaiblissement du système immunitaire est également un effet secondaire fréquent du dopage, ce qui rend les athlètes plus vulnérables aux infections et aux maladies. « Il est essentiel que les athlètes, les entraîneurs et les organisations sportives comprennent les risques associés au dopage. Non, seulement le dopage peut entraîner des sanctions et des conséquences juridiques, mais il peut aussi avoir des effets dévastateurs sur la santé à long terme des sportifs », déclare Dr Oumarou Sogba, auteur de l’étude.
En outre, il est également importance de sensibiliser pour prévenir les cas de dopage dans le sport de haut niveau. Les organisations sportives, les entraîneurs et les athlètes doivent travailler ensemble pour promouvoir des pratiques saines et éthiques, tout en veillant à la santé et au bien-être des sportifs.
Au Cameroun, des mécanismes sont mis sur pieds pour assurer une meilleure lutte contre le dopage au cours des compétitions locales de haut niveau et des compétitions académiques. C’est peut-être dans ce sens que le Comité National Olympique et Sportif du Cameroun a décidé de mettre sur pieds, l’Agence Nationale Antidopage du Cameroun (ANAD). Conduite par le ministre de la Santé Publique, Dr Manaouda Malachie, l’ANAD a vu ses membres être installés le 22 avril dernier à Yaoundé pour le compte de l’Olympiade 2025-2028.
Junior NTEPPE KASSI
Réaction
« Le problème de dopage sportif est un problème sanitaire »

Dr Manaouda Malachie, président de l’Agence Nationale Antidopage du Cameroun (ANAD) pour l’Olympiade 2025-2028 parle de l’importance de mettre un accent sur la lutte contre le dopage des athlètes.
« Le problème de dopage sportif est un problème sanitaire. Parc conséquent, nous pensons avoir quelques bribes de connaissances pour pouvoir adresser la problématique et contribuer à ce que notre mouvement sportif se porte encore mieux, tant sur le plan national qu’international. La prise de stupéfiants est un problème de santé publique. Si nos sportifs veulent être plus performants, ils doivent passer par d’autres moyens que ceux des stupéfiants. Nous devons ensemble contribuer à garder notre milieu sportif sain, afin d’améliorer l’image du Cameroun à l’international. Je profite de cette occasion pour annoncer la mise en œuvre d’un programme national de sensibilisation et de communication, en collaboration avec les acteurs du monde sportif et sanitaire. »
Propos recueillis par JNK / Cellcom Minsanté
















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