La 30ème édition de la Journée Mondiale de la Femme Rurale place leur autonomie et leur épanouissement au centre des priorités nationales.
Alors que le Cameroun s’apprête à célébrer la 30ème édition de la Journée Mondiale de la Femme Rurale (JMFR) ce 15 octobre 2025, l’accent est résolument mis sur le bien-être global de ces milliers de femmes qui portent littéralement la nation sur leurs épaules. Placée sous le thème « Femmes rurales face aux défis des changements climatiques et de l’accès aux ressources productives », cette édition anniversaire dépasse le simple hommage pour s’attaquer aux freins concrets qui entravent leur épanouissement socio-économique et personnel. Le bien-être des femmes rurales est intrinsèquement lié à leur environnement et à leur autonomie économique. Or, elles subissent de plein fouet une double peine : les effets dévastateurs des changements climatiques et un accès encore trop limité aux ressources essentielles.
D’un côté, la recrudescence d’événements climatiques extrêmes – sécheresses, inondations, bouleversement des saisons – menace directement leur sécurité alimentaire et leurs moyens de subsistance. « La pénibilité de leur travail augmente, les rendements agricoles baissent, et l’accès à l’eau devient un parcours du combattant. Cela a un impact direct sur leur santé physique et mentale, augmentant les risques de malnutrition et de maladies », explique une responsable du MINPROFF. Cette pression constante mine leur résilience et celle de leurs familles.
De l’autre, des inégalités structurelles persistantes les privent des leviers nécessaires pour s’adapter et prospérer. Le fait que seulement 1,6% des femmes soient propriétaires foncières et que seulement 16,8% aient accès au crédit est un frein majeur à leur autonomie et à leur sentiment de sécurité. Sans terre à cultiver, sans prêt pour investir, sans formation pour moderniser leurs pratiques, comment envisager sereinement l’avenir ?
Conscient de ces enjeux, le gouvernement, à travers le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), et ses partenaires, orientent leurs actions vers une approche intégrée du bien-être. Il ne s’agit plus seulement de fournir une aide ponctuelle, mais de construire les fondations d’une autonomie durable.
Tout d’abord, en matière de réduction de la pénibilité, des efforts sont consentis pour l’octroi de matériels agricoles adaptés et d’intrants, visant à alléger leurs tâches quotidiennes. Dans la même optique d’amélioration de leur autonomie, le renforcement des compétences constitue un axe prioritaire, à travers des formations aux techniques agroécologiques résilientes, à la transformation des produits pour accroître leur valeur ajoutée, et à la gestion financière. Parallèlement, l’accès au numérique est facilité par des séances d’alphabétisation numérique appliquée à l’agriculture, leur ouvrant l’accès à l’information, aux marchés et aux services financiers dématérialisés. Enfin, sur le plan structurel, un plaidoyer pour les droits fonciers est activement mené via des actions de sensibilisation ciblant les leaders traditionnels et communaux, afin de faciliter l’accès des femmes à la terre, qui reste un pilier fondamental de leur sécurité et de leur indépendance économique.
Une célébration tournée vers les solutions
Les activités prévues pour la JMFR 2025 reflètent cette volonté d’action concrète. Le « Café-climat » permettra des échanges sur les pratiques paysannes adaptées, tandis que le « Forum des solutions vertes » exposera les initiatives locales féminines en agroécologie. Les foires-expositions mettront en lumière leur savoir-faire, renforçant ainsi leur visibilité et leur fierté. Ces espaces d’échange et de reconnaissance sont essentiels pour leur bien-être psychosocial et leur sentiment d’appartenance à une communauté valorisée.
Vers un avenir plus résilient et épanoui
La 30ème JMFR est bien plus qu’une célébration ; c’est un plaidoyer renouvelé pour investir dans le bien-être des femmes rurales. En facilitant leur accès à la terre, au crédit, aux technologies et au savoir, c’est toute la société camerounaise qui s’en trouve renforcée. Des femmes rurales épanouies, en bonne santé et économiquement autonomes, sont la clé de voûte de communautés résilientes, d’une sécurité alimentaire assurée et d’un développement rural durable et inclusif. Leur bien-être n’est pas une option, mais une condition sine qua non pour l’avenir du Cameroun.
Elvis Serge NSAA















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