Dans certains ménages, le gant de toilette circule d’une personne à l’autre après le bain. Pourtant, lorsqu’il est partagé, il peut devenir un support de transmission de certains microbes.
Dans nos ménages au quotidien, le gant de toilette est utilisé par tous les membres de la famille. Un enfant l’utilise le matin, un parent quelques heures plus tard, puis un autre membre de la famille. Chez un proche, il suffit parfois d’un oubli pour changer les habitudes. Pas de gant de toilette dans ses affaires ? On prend celui qui est posé dans la salle de bains et on poursuit sa toilette comme d’habitude. Ce petit geste courant dans les familles n’est pourtant pas sans risque pour la peau lorsque le même gant passe d’une personne à l’autre. Le risque est d’autant plus important lorsque le gant reste humide entre deux utilisations. Les environnements chauds et humides favorisent en effet la multiplication de certains micro-organismes. L’Organisation mondiale de la Santé recommande notamment de ne pas partager les objets personnels comme les serviettes, car ils peuvent participer à la transmission de certaines infections cutanées.
Un accessoire qui peut transporter des microbes
Le problème ne vient pas du gant de toilette en lui-même, mais de la manière dont il est utilisé. Lorsqu’une personne présente une infection de la peau, des micro-organismes peuvent se retrouver sur le tissu pendant la toilette. Si le même gant est ensuite utilisé par une autre personne, notamment sur une peau irritée ou présentant de petites lésions, le risque de transmission peut augmenter. Aminatou Adda, dermatologue, rappelle que le partage des objets de toilette peut favoriser la transmission de germes responsables de certaines affections cutanées. Les infections fongiques, comme les mycoses, peuvent notamment être concernées. Des bactéries telles que le staphylocoque peuvent également provoquer différentes infections de la peau. La spécialiste souligne que le risque est particulièrement à considérer lorsque l’objet est humide ou lorsqu’il est utilisé par une personne ayant déjà une infection cutanée. Cette situation n’est pas seulement théorique. Une étude menée au service de dermatologie du CHU de Yopougon, en Côte d’Ivoire, auprès de 103 patients, rapporte que 88,4 % d’entre eux utilisaient en commun des objets de toilette avec d’autres personnes. Parmi ces objets figuraient notamment les serviettes, les éponges et les gants de toilette. Les auteurs se sont intéressés aux habitudes d’hygiène dans le cadre des infections mycosiques des plis cutanés.
Humide, le gant devient plus problématique
Après la toilette, le gant est souvent essoré rapidement puis suspendu dans la salle de bains. S’il reste humide pendant plusieurs heures, il offre un environnement favorable à la persistance et à la multiplication de certains micro-organismes. C’est pourquoi un gant qui semble propre à l’œil nu ne l’est pas nécessairement sur le plan microbiologique. Le risque concerne particulièrement les personnes qui présentent des lésions cutanées, des boutons, des plaies, une mycose ou une autre affection de la peau. La peau fragilisée peut en effet être plus vulnérable à certaines infections. La gale constitue également une situation dans laquelle les objets ayant été en contact avec une personne infestée doivent faire l’objet de précautions particulières. L’OMS recommande notamment de laver les serviettes, vêtements et draps utilisés par la personne atteinte et de les sécher correctement afin de limiter le risque de réinfestation ou de transmission. Il ne faut toutefois pas attribuer au gant de toilette la responsabilité de toutes les infections. Le simple fait de toucher un gant utilisé par une autre personne ne signifie pas automatiquement qu’une maladie sera transmise. Le risque dépend notamment du micro-organisme présent, de l’état de la peau et des conditions de lavage et de séchage.
Un gant par personne et un entretien régulier
La première précaution est simple : chaque membre de la famille devrait avoir son propre gant de toilette. Cette règle est particulièrement importante lorsqu’une personne présente une maladie ou une infection cutanée. Après utilisation, le gant doit être soigneusement lavé puis mis à sécher complètement dans un endroit propre et suffisamment aéré. Il est préférable d’éviter de le laisser humide et entassé dans la salle de bains. Un gant qui présente une mauvaise odeur, des traces de moisissure ou qui reste constamment humide doit être lavé correctement ou remplacé. Le Dr Aminatou Adda recommande également de ne pas banaliser les signes inhabituels de la peau. Des démangeaisons persistantes, des plaques qui s’étendent, une peau qui pèle, des boutons remplis de pus ou des lésions qui ne guérissent pas doivent conduire à demander un avis médical plutôt que de multiplier les produits d’automédication. Le gant de toilette n’est donc pas à bannir. Il doit simplement rester un objet personnel, régulièrement lavé et correctement séché.
Dans une famille, le réflexe le plus simple reste encore le plus efficace : chacun son gant, comme chacun sa serviette.
Marie Chantale FAIDA








