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ENVIRONNEMENT

Gestion des déchets ménagers : Garoua face au défi persistant

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Les déchets ménagers continuent de s’amonceler dans plusieurs quartiers de la ville et rendent la situation plus alarmante en cette saison des pluies.

La bataille contre les déchets ménagers est loin d’être gagnée dans la ville de Garoua. Dans plusieurs quartiers de la capitale, les tas d’ordures font désormais partie du décor. À certains endroits, les déchets s’accumulent au bord des routes, dans les espaces libres et aux abords des habitations. Dans les zones difficiles d’accès, certains dépotoirs improvisés prennent progressivement de l’ampleur, jusqu’à occuper une partie de la chaussée.

Face à cette situation, plusieurs acteurs sont mobilisés. La mairie de la ville, dans le cadre de ses missions de salubrité publique, multiplie les actions pour maintenir la ville propre. À ses côtés, l’entreprise Hygiène et Salubrité du Cameroun (Hysacam) assure la collecte et l’évacuation des ordures ménagères dans les secteurs qui relèvent de son dispositif opérationnel. Les communes d’arrondissement participent également, chacune selon ses moyens, aux opérations d’assainissement.

Mais sur le terrain, le constat reste alarmant. Les efforts conjugués de ces différents intervenants ne suffisent pas encore à débarrasser complètement la ville de ses déchets. La quantité d’ordures produites, les difficultés d’accès à certains quartiers et l’insuffisance des équipements constituent autant de contraintes qui compliquent la tâche des équipes chargées de la propreté urbaine.

Dans certaines artères de la ville, les habitants vivent quotidiennement avec des dépotoirs qui ne cessent de grossir. Les déchets sont parfois entassés pendant plusieurs jours avant d’être évacués. Avec le temps, les petits tas d’ordures deviennent de véritables montagnes de déchets qui s’étendent progressivement vers les voies de circulation. La situation est particulièrement visible dans les quartiers périphériques ou mal desservis par les engins de collecte. Les rues étroites, l’état dégradé de certaines voies et l’occupation anarchique de certains espaces rendent parfois difficile l’intervention des véhicules de collecte. Les populations se retrouvent alors contraintes de déposer leurs déchets dans des endroits non prévus à cet effet. Le phénomène n’est cependant pas limité à un seul quartier. Il touche plusieurs secteurs de la ville, donnant l’impression d’un problème qui dépasse désormais les seules capacités opérationnelles des structures chargées de la salubrité.

Dans ces conditions, les communes d’arrondissement tentent elles aussi d’apporter leur contribution. Des opérations ponctuelles de nettoyage et d’enlèvement des ordures sont organisées. Mais là encore, les moyens disponibles ne permettent pas toujours de maintenir durablement les espaces assainis. Quelques jours après le passage des équipes, les dépôts sauvages peuvent réapparaître.

Face à l’ampleur du phénomène, les habitants commencent progressivement à s’organiser. Dans certains quartiers mieux structurés, des associations locales se mobilisent pour assurer le ramassage des déchets et sensibiliser les populations.

Dans plusieurs secteurs, cette mobilisation démontre qu’une partie de la population a compris que la propreté de la ville ne peut pas reposer uniquement sur les pouvoirs publics ou les entreprises spécialisées. Car au-delà des difficultés liées à la collecte, le problème réside également dans les habitudes. Certains ménages

continuent de déposer leurs déchets dans les rues, les caniveaux ou les espaces non aménagés. Des sachets plastiques, bouteilles, emballages et autres détritus se retrouvent ainsi dans la nature et contribuent à la dégradation du cadre de vie. La problématique prend une dimension encore plus préoccupante pendant la saison des pluies. Dans la ville, les déchets accumulés dans les quartiers peuvent être entraînés par les eaux de ruissellement et obstruer les caniveaux. Ces derniers, lorsqu’ils sont encombrés, ne jouent plus correctement leur rôle d’évacuation des eaux. Les déchets se retrouvent alors mélangés à l’eau stagnante, créant des conditions favorables à la prolifération des moustiques et d’autres vecteurs de maladies. Les populations exposées sont particulièrement vulnérables aux risques sanitaires liés à l’insalubrité.

Réactions : « La communauté urbaine prévoit de valoriser les déchets ménagers »

Aissatou Ladi, directrice de l’environnement et du cadre de vie de la communauté urbaine de Garoua

La gestion des déchets ménagers incombe non seulement à la population, mais beaucoup plus la communauté urbaine de Garoua. La communauté urbaine a pour charge de faire le nettoyage, le balayage, que ce soit au niveau des marchés, des artères de la ville, places et rues, pour le récupérage des ordures, le balayage et la collecte pour la cheminée au niveau de la décharge de Tinglin. C’est pourquoi, la communauté urbaine a pris sur elle et a recruté une entreprise nommée Hysacam, qui avec elle, elle fait le nettoyage et la collecte des déchets dans la ville, de tous ses alentours. La communauté urbaine ne cesse de sensibiliser, informe la population qu’il faut jeter les ordures au niveau des bacs, sortir déjà les ordures. Nous informons la population de prendre conscience que nous générons déjà beaucoup d’ordures et qu’il faut savoir comment les gérer. Et c’est par la collecte que nous récupérons ces ordures ménagées. Donc la population doit avoir un comportement citoyen et responsable en premier lieu, et prendre hâte de la situation, que nous sommes en état d’alerte, que les ordures ne sont plus une situation simple aujourd’hui. La majorité de la population est consciente aujourd’hui qu’on ne jette pas les ordures à main le sol et même partout. Il y a des bacs qu’on dépose qui sont déployés presque partout dans la ville. La communauté urbaine de Garoua travaille en collaboration avec les trois arrondissements. Non seulement nous passons par la sensibilisation, nous avons aussi distribué des bacs à ordures aujourd’hui au niveau des ménages. La communauté urbaine prévoit valoriser les déchets ménagers, c’est-à-dire nous donnons une deuxième vie aux déchets par exemple, faire le compostage avec les déchets plastiques fabriqués, de nouveaux matériels, des tuiles, des toitures, des bassines, des pneus. Et pourquoi ne pas aussi, avec le temps, produire de l’essence

« Il existe des quartiers…dont les voies ne sont pas très accessibles.»

Mekassi Louis Marie, Chef d’agence Hysacam Nord

Il existe des quartiers lors des saisons pluvieuses dont les voies ne sont pas très accessibles. En ce moment-là, nous laissons le soleil agir pour nous permettre d’entrer dans les quartiers, faire le travail et éviter ainsi les rembourrements. Cependant, nous avons également des opérations spéciales qui nous permettent de travailler avec la benne chargée, le camion d’entrepreneur pour pouvoir évacuer un certain nombre d’états d’immondices lorsque la saison nous permet d’agir sans inquiétude. Nous n’avons pas uniquement la collecte proprement dite porte-à-porte, nous avons également la collecte qui est faite par des services spéciaux, des bacs que nous déposons et que nous enlevons. Il faut dire que ces enlèvements se font d’une façon progressive. La collecte, dans son ensemble, est menée par des camions porte-à-porte qui suivent le circuit de collecte. Nous pouvons dire que la collaboration entre Hysacam et les populations est au beau fixe. Les circuits de collecte sont exécutés, les contrôleurs font leur travail, partent sur le terrain, contrôlent la situation, ramènent les informations qui permettent de réajuster les populations. Si elles ont des préoccupations, elles peuvent venir au niveau de la structure de l’agence Hysacam. Nous prenons en compte leurs préoccupations et il y a une procédure dédiée à cela pour s’assurer que la préoccupation posée par les populations est résolue. Nous pouvons juste dire à la population d’atteindre le passage de camions pour une bonne gestion des déchets, de suivre les endroits indiqués pour le dépôt des ordures où le camion passera, c’est de mettre les ordures dans les bacs pour que les camions au niveau des services spéciaux viennent ramasser. Nous sommes prêts à apporter de notre secours, à donner tout ce qu’il y a de mieux

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Marcus DARE

Journaliste Reporter d'Images

Marcus DARE, Journaliste Reporter d'Images, exerçant dans la ville de Garoua dans le Nord Cameroun. Passionné des questions de santé, il mène des recherches et réalise des interview avec les professionnels du secteur afin d'éclairer les populations sur l'éducation à la santé. En plus d'être journaliste, Marcus DARE est juriste.

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