Shopping cart

Subtotal CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
  • Home
  • INSIDE HOSPITAL
  • Hôpital régional de Ngaoundéré : En moyenne 20 poches de sang sollicitées par jour.
INSIDE HOSPITAL

Hôpital régional de Ngaoundéré : En moyenne 20 poches de sang sollicitées par jour.

Email : 0

Les services de gynécologie-obstétriques et de pédiatrie viennent en tête de la demande. Une situation qui met la pression sur la Banque de sang qui, malgré la volonté, peine à tenir face à la demande.

Bâtiment abritant la Banque de sang de l’Hôpital Régional de Ngaoundéré. Collecte des poches de sang organisée à l’occasion du 20 mai 2026 à Ngaoundéré par l’Hôpital Régional

Dans cette formation sanitaire de référence régionale, la demande quotidienne oscille entre 10 et 20 poches, un chiffre qui donne la mesure d’un besoin presque jamais rassasié. « Nous ne pouvons pas dire que nous arrivons à satisfaire toute la demande, mais on se base sur notre base de données de donneurs bénévoles pour assurer au mieux l’approvisionnement des services en poches de sang », explique Denis Dang’né Madoué, chef d’unité de la Banque de sang de cette formation sanitaire.

L’établissement n’absorbe pas seulement les urgences de la ville de Ngaoundéré. Plus de 70 % des demandes proviennent de patients référés par les centres de santé périphériques, qui n’ont ni le plateau technique ni les réserves nécessaires pour gérer des cas plus lourds. Ngaoundéré devient alors le dernier maillon d’une chaîne de soins où chaque transfert met plus de pression sur l’équipe.

Deux services se distinguent par leur consommation : la gynécologie, confrontée aux hémorragies de la grossesse et de l’accouchement, et la pédiatrie, où les anémies sévères liées au paludisme ou à la malnutrition restent fréquentes chez les jeunes enfants. Les urgences, la chirurgie et, plus récemment, l’unité d’hémodialyse complètent ce tableau d’une structure.

Cette pression continue sur la banque de sang s’inscrit dans un contexte national connu où au Cameroun, les dons volontaires et bénévoles restent minoritaires face aux dons dits de compensation, où la famille du malade doit elle-même présenter des donneurs. À Ngaoundéré, des associations comme Arewa Médicare et SOS Don de Sang multiplient les campagnes de sensibilisation pour inverser cette tendance, en rappelant qu’un don peut profiter à un parfait inconnu autant qu’à un proche.

Pour le personnel de la banque de sang, la routine est désormais bien rodée. Il s’agit du contrôle du taux d’hémoglobine, vérification du poids et de l’état de santé général, puis prélèvement, avant que la poche ne rejoigne les réfrigérateurs en attendant d’être réclamée par la gynécologie, la pédiatrie ou le bloc opératoire. Un travail discret, mais vital, qui rappelle chaque jour une réalité simple selon laquelle sans donneurs réguliers, aucun hôpital ne peut tenir cette pression.

À l’heure où l’Adamaoua compte plus d’1,6 million d’habitants répartis sur plus de 230 formations sanitaires, le pari de la banque de sang de Ngaoundéré est aussi celui

de toute une région, parvenir à faire du don de sang un geste aussi naturel que celui de consulter un médecin.

Augmentation de la demande

Selon les données de l’Hôpital, dans la période allant de 2021 à 2025 (hors mois de décembre), le nombre de poches de sang collectées par an est passé de 2108 à 3995. Dans la même période, le nombre de personnes reçues pour le don est parti de 2317 pour atteindre 4300. On note également dans le rapport que le nombre de poche collectées en poste fixe a atteint 3972 en novembre 2025 alors qu’en 2021, il était de 2079. En 2024 par exemple, compte tenu d’une intense activité des AODS sur le terrain, le nombre de poche collectées en poste mobile a atteint le seuil de 234 poches.

Dans le même temps, le nombre de poches servies est allé crescendo atteignant 3804 alors qu’il était de 1916 en 2020. Pour ce qui est des services les plus demandeurs des poches de sang, la maternité vient en tête, suivie de la pédiatrie, de la réanimation, de la chirurgie, de la médecine. La liste est complétée par le service d’hémodialyse, des urgences et du haut standing.

Poids des préjugés

Dans cette partie du pays, les stéréotypes et les idées reçues continuent de constituer une menace pour le don bénévole et gratuit de sang. Ces préjugés sont alimentés par les réseaux sociaux et certaines stations de radios locales qui amplifient les freins à la culture du don bénévole de sang.

En attendant une prise de conscience collective sur les bienfaits du don de sang bénévole, gratuit et régulier de sang, les associations locales qui œuvrent pour le don de sang continuent de mener des campagnes afin de faire évoluer les mentalités. Le but est de parvenir à une communauté pleinement consciente de l’importance de venir en aide aux patients dans les hôpitaux.

Jean Besane Mangam

img

Leave a Reply

Articles similaires

📰 Dernière parution : Echos santé n°1427 du vendredi 19 juin 2026

×