Cette formation sanitaire a abrité hier, 04 décembre 2025, le lancement officiel du premier tour des journées locales de vaccination de riposte à l’épidémie de poliomyélite couplée à la supplémentation en vitamine et le deparasitage. Une cérémonie sous fond de rappel du rôle de la vaccination contre les maladies évitables par cet acte médical.
”Nous exhortons les parents à ouvrir les portes de leurs domiciles aux agents vaccinateurs à partir de ce jour. On ne va pas construire Mbé et le Cameroun avec des personnes invalides. Nous voulons avoir des enfants debout afin qu’ils contribuent pleinement au développement de notre pays”, déclarait ainsi Jean Albert Baba, maire de la commune de Mbé. Cette déclaration de l’élu local traduit selon lui, l’importance de la vaccination dans la prévention de la maladie, la poliomyélite. Pour lui, aucune raison ne peut justifier la réticence. Pour le chef du district de santé de Ngaoundéré rural dont dépend le Centre Médical de Mbé, Martine Wawoua, cette campagne intervient au moment où son district est celui qui a notifié le dernier cas de poliomyélite de type 3 en juillet dernier. Ce qui a conduit le pays à entrer en épidémie. En effet, le district a enregistré le cas de polio de type 3. Dans son intervention, elle a rappelé le rôle joué par la prévention des maladies. Celle-ci passe par la vaccination qui permet de renforcer l’immunité des enfants.
Intervention et stratégie de riposte.
Pour cette campagne de riposte qui cible en tout plus de 472 milles enfants sur l’ensemble des 11 districts de la région, les agents de vaccination sillonneront les domiciles, les marchés, les gares routières, les chefferies, les campements des populations nomades, en stratégies avancées. En poste fixe, ils seront postés dans les hôpitaux. Selon le coordonnateur régional du Programme Élargi de Vaccination (PEV), docteur Joseph Adonis Koona Koona, plusieurs interventions sont prévues au cours de cette campagne de vaccination de riposte. ” Pour cette campagne, plusieurs interventions sont prévues. Nous avons 4 gouttes de vaccins antipoliomyélitique dont deux gouttes pour le bivalent et deux gouttes pour le monovalent. Nous avons la vitamine A qui est administrée, nous avons le mebendazole, nous avons la campagne de la routine pour les enfants qui ont manqué la vaccination”, indique-t-il. Et d’ajouter, ”Nous allons aussi rechercher les autres maladies évitables par la vaccination. Nous allons rattraper les enfants qui ont manqué leur vaccination de routine”.
A Mbé, certains parents sont des habitués de la vaccination et ne manquent jamais l’occasion de faire vacciner leurs progénitures. Pour Adda Kano, grand mère de nombreux enfants, la vaccination est non seulement gratuite mais permet de sauver les enfants des maladies. ”Je ne manque pas l’occasion de faire vacciner mes enfants. Je suis grand-mère de nombreux petits-fils. Celui que je porte en ce moment au dos, sa maman est allée à l’école des infirmiers. Et je suis très contente de faire vacciner mes enfants et mes petits enfants ”, dit-elle avec fierté portant au dos, son petit-fils d’environ 15 mois.
La campagne de riposte contre ainsi lancée prendra fin le 7 décembre prochain avec l’intention d’atteindre tous les enfants de 0-59 mois contre la poliomyélite et de 12 à 59 mois pour la supplémentation en vitamine A et le deparasitage à l’albendazole.
Par Jean Besane Mangam
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Réaction
« L’un des éléments qui ferz en sorte que ces enfants-là grandissent dans de bonnes conditions, c’est la prévention contre les maladies évitables par la vaccination »

Ces journées locales de vaccination seront couplées à la 2ème édition de la semaine d’action de santé et de nutrition infantile et maternelle. Vous savez qu’on est en lutte continue contre la poliomyélite de façon globale et depuis quelques années, on était dans une lutte acharnée contre le variant type 2.
Je voudrais préciser que le vaccin que nous utilisons dans le cadre de la routine n’est pas un nouveau vaccin. C’est le vaccin bivalent que nous utilisons tous les jours dans les formations sanitaires qu’on va utiliser. Une autre précision à rapporter, en dehors du cas détecté dans le district de santé de Ngaoundéré rural, c’est qu’il y a aussi ce même cas qui a été confirmé dans un district de santé du Tchad, qui est frontalier avec certains de nos districts de santé de l’extrême nord, qui ont permis à ce que ce district de santé fasse déjà le round 0 avec le Tchad et nous toujours les rejoindrons pour pouvoir faire une réponse de grande envergure dans les 4 régions du pays.
Ce sont les mêmes stratégies que nous utilisons lors de nos campagnes de masse, à savoir la communication porte-à-porte, la communication dans les lieux de regroupement et la communication aussi dans les lieux d’études. Et ensuite, les études de vaccination seront aussi dans les ménages et aussi dans tous les lieux de regroupement ou alors dans les gares et autres, pour pouvoir administrer les deux coups du vaccin contre la poliomyélite aux enfants, de la naissance jusqu’à l’âge de 5 ans. Et ensuite aussi, supplémenter en vitamines les enfants âgés de 1 an jusqu’à l’âge de 5 ans et déparasiter aussi les enfants des mêmes tranches d’âge.
Ce que je voudrais vraiment demander à nous tous, en tant que parents, c’est de pouvoir faire en sorte que nos enfants grandissent dans de bonnes conditions. Et l’un des éléments qui va faire en sorte que ces enfants-là grandissent dans de bonnes conditions, c’est la prévention contre les maladies évitables par la vaccination. Et nous avons donc la chance effectivement de pouvoir avoir des interventions concernant une quinzaine de maladies qui sont des interventions qui sont gratuites. Et quand il y a des campagnes de masse de ce genre-là, qu’on ne rate pas l’opportunité de pouvoir augmenter l’immunité de son enfant de façon individuelle, mais aussi l’immunité collective de tous les enfants pour faire en sorte que ces enfants-là grandissent dans de très bonnes conditions.
Propos recueillis par Marcus DARE














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