Shopping cart

Subtotal CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
  • Home
  • A LA UNE
  • Pré-éclampsie : Sauver des mères et des nouveau-nés
A LA UNE

Pré-éclampsie : Sauver des mères et des nouveau-nés

Email : 215

Aux Deuxièmes Journées camerounaises de prise en charge des grossesses à haut risque, la pré-éclampsie s’imposée comme l’ennemi public numéro deux de la maternité. Chercheurs et cliniciens plaidnt pour un diagnostic plus précoce et des protocoles adaptés aux réalités africaines afin d’enrayer une mortalité maternelle encore trop élevée.

Un rendez-vous scientifique pour la vie

Organisées par l’Association Camerounaise pour l’Étude des Grossesses à Haut Risque (ASSOCEGHRI), ces assises réunissent les 4 et décembre à Yaoundé, spécialistes et décideurs autour d’un mot d’ordre : anticiper. L’ambition est claire : harmoniser les pratiques de dépistage et améliorer la prise en charge dans les formations sanitaires, du premier au troisième trimestre.

Une urgence de santé publique

La pré-éclampsie complique jusqu’à 10 % des grossesses, selon les experts camerounais. Elle se manifeste par une hypertension après 20 semaines, souvent associée à une protéinurie et à des atteintes d’organes. « Nous avons choisi ce thème parce qu’il tue encore trop », a rappelé le Pr Claude Noa Ndoua, président de l’ASSOCEGHRI, soulignant que la pathologie est la deuxième cause de décès maternels après les hémorragies.

Mieux dépister pour mieux prévenir

En leçon inaugurale, le Pr Emile Mboudou a livré une communication de référence intitulée « Comment améliorer le diagnostic précoce de la pré-éclampsie ? ». Il y a rappelé que la maladie se définit par une hypertension gravidique survenant après 20 semaines de grossesse, associée à une protéinurie et/ou à une atteinte d’organe, tout en insistant sur l’importance d’un dépistage dès le premier trimestre de la grossesse, entre la 11e et la 13e semaine, complété par une surveillance attentive après 20 semaines. Selon lui, l’amélioration du diagnostic précoce repose sur une évaluation multifactorielle intégrant l’âge maternel, la nulliparité, les antécédents familiaux, les maladies chroniques telles que l’hypertension ou le diabète, l’indice de masse corporelle et les grossesses multiples, accompagnée d’une mesure rigoureuse de la tension artérielle avec calcul de la pression artérielle moyenne, de l’exploration Doppler des artères utérines pour apprécier l’indice de pulsatilité, ainsi que du recours aux biomarqueurs sériques tels que le PlGF, le sFlt-1, la PAPP-A et le VEGF afin d’affiner la prédiction du risque de pré-éclampsie et d’orienter les décisions cliniques.

Le conférencier a insisté sur l’intérêt clinique du dépistage : possibilité d’une prévention par aspirine à faible dose, réduction des accouchements prématurés induits, meilleure anticipation des complications (éclampsie, HELLP, CIVD, AVC, insuffisance rénale, œdème pulmonaire aigu). « La gravité au Cameroun est liée au retard diagnostique. Dépister tôt, c’est changer le pronostic materno-fœtal », a-t-il résumé.

Spécificités africaines : adapter les seuils

La deuxième leçon inaugurale a été assurée par le Pr Mbu Robinson Enow autour des spécificités africaines de la pré-éclampsie. Selon ses analyses, les critères universels sont indispensables, mais peuvent être trompeurs en Afrique si l’on ne tient pas compte du niveau tensionnel de base plus faible chez de nombreuses femmes africaines. Ainsi, une élévation de +30 mmHg de la systolique ou +15 mmHg de la diastolique par rapport au niveau initial doit déjà alerter, même en-deçà de 140/90 mmHg .

A lire aussi: Lutte contre le VIH : le double combat de Gertrude

Le spécialiste a aussi pointé des facteurs aggravants propres au continent : jeunes maternités (première grossesse souvent avant 20 ans), prédispositions génétiques (combinaisons KIR/HLA-C à risque), obésité maternelle en hausse, alimentation riche en sel, sucres et graisses, faible statut socio-économique et accès limité aux soins prénataux. Sur le plan thérapeutique, deux goulots d’étranglement ressortent : la faible disponibilité du sulfate de magnésium, médicament clé contre les convulsions et le taux insuffisant de césariennes, pourtant vital en cas de formes sévères, situation qui alourdit le tribut maternel et néonatal.

Cap sur l’action

Au terme de la première journée des travaux, un consensus a vite fait de se dégager : renforcer les consultations prénatales, former le personnel, sensibiliser les communautés et sécuriser les médicaments essentiels. La science est prête ; l’organisation des soins doit suivre. Objectif commun : sauver des mères et donner toutes ses chances à chaque nouveau-né.

Mireille Siapje

Comments are closed

Articles similaires

📰 Dernière parution : Echos santé n°1388 du vendredi 17 avril 2026

×