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    MEDECINE DE SPORT

    Judo : Quand la science révolutionne la discipline au Cameroun

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    La Fédération camerounaise de judo et la Jigoro KANO Foundation ont tenu le 1ᵉʳ symposium de médecine du judo. Mêlant cardiologie, nutrition locale et gestion du stress, cet événement pionnier allie science et ressources africaines pour préserver la santé et booster l’élite.

     Yaoundé a vibré au rythme des arts martiaux africains. Le 18 juillet 2026, le siège de l’OSTA a accueilli le tout premier symposium de médecine du judo, coorganisé par la Fédération camerounaise de judo (FECAJUDO) et la Jigoro KANO Judo Foundation. Entre cardiologie, nutrition du terroir, prévention des blessures et neuropsychologie, la médecine sportive s’invite au cœur du combat pour garantir la santé et propulser la performance des judokas vers les sommets internationaux.

     Une alliance inédite pour préserver le combattant

    Sur le tatami, la recherche de l’ippon exige une intensité physique et mentale absolue. Mais à quel prix ? C’est pour répondre à cette question cruciale que la Fédération Camerounaise de Judo (FECAJUDO), présidée par Me Alain Christian Kingue Dihang (6ᵉ Dan), s’est associée à la Jigoro KANO Judo Foundation, dirigée par le Dr Evele Malik Atour, pour organiser le tout premier Symposium de Médecine du Judo à Yaoundé. Placé sous le thème « Judo, santé et performance : œuvrer à la protection du judoka », cet événement pionnier a réuni entraîneurs, médecins de clubs et dirigeants sportifs pour poser les jalons d’un encadrement médical moderne et rigoureux.

     La médecine de pointe au service du tatami

    Pendant une journée intense de conférences plénières, les plus grands experts se sont succédé pour décortiquer la biomécanique et la traumatologie du judoka. Du bilan cardiologique initial (incluant ECG et indice de Ruffier) au protocole d’urgence « ABCDE » sur le plateau de compétition, l’accent a été mis sur la gestion rigoureuse des blessures fréquentes : luxations de l’épaule, entorses graves du genou ou commotions cérébrales. Le mot d’ordre des spécialistes comme le Dr Olivier Kennedy Muluem et Maître Jules Bertin Teneku est clair : l’application stricte de la règle du « no same-day return-to-play » et le respect scrupuleux de l’Ukemi (l’art de tomber sans se blesser) sont incontournables. « Bien récupérer aujourd’hui, c’est mieux performer demain. La recherche de la performance maximale ne peut garantir de résultats durables que si nos athlètes demeurent en excellente santé », argumente Charles Biock, médecin à la Fecajudo.

     La nutrition locale et le mental : le nouveau carburant des champions

    L’un des moments forts du symposium réside dans la valorisation des ressources alimentaires locales camerounaises. M. Dylan Lavoisier Kenfack a démontré avec brio qu’il n’est nul besoin de compléments coûteux : le manioc, le plantain bouilli, le maquereau braisé et les fruits du terroir constituent le parfait carburant de l’athlète. Une déshydratation de seulement 2 % réduisant la force de 15 à 20 %, une boisson d’effort « maison » à base d’eau, de miel et d’une pincée de sel local a été plébiscitée.

    Enfin, l’aspect psychologique a levé le voile sur un lien médical effrayant : le stress non maîtrisé et la détresse mentale triplent le risque de rupture du ligament croisé antérieur (LCA). Grâce à la boîte à outils d’urgence présentée par le Dr Evele Malik Atour (respiration 4-7-8, ancrage proprioceptif), le judoka camerounais dispose désormais des armes mentales pour neutraliser les « trois tueurs » (peur, colère, doute) et combattre en toute sérénité.

    En associant science, nutrition africaine et éthique, le Cameroun réaffirme son leadership continental et ouvre une nouvelle air où la santé devient le premier garant de la victoire.

    Réaction

    « Les clubs auront une plus-value en termes de prise en charge »

    Alain Christian Kingue, président de la Fédération camerounaise de judo

    Nous avons organisé ce séminaire pour renforcer les capacités de nos différents cadres, notamment les entraîneurs, les athlètes, les officiers techniques et même les équipes médicales de la Fédération. Vous savez, il faudrait que tout le monde qui travaille autour de la filière judo soit au fait des différents protocoles en termes de

    médecine, en termes de protection, en termes de sécurité des athlètes. Vous savez, c’est le corps humain qu’on utilise, qu’on manipule, donc il est question d’avoir au moins des informations, des prérequis sur les différents protocoles à mettre sur pied en cas d’incident. Donc, il n’est pas question pour nous de former des entraîneurs pour qu’ils deviennent des médecins ou des infirmiers, mais au moins qu’ils aient le geste de premier secours, qu’ils aient l’information utile et nécessaire afin de pouvoir prendre en charge rapidement le cas. Vous savez, une mauvaise prise en charge au début d’un incident ou d’un accident peut aggraver le cas.

    Donc, c’est pour ça que nous avons, comme ça, décidé de faire ce séminaire pour édifier davantage les différents acteurs et ensuite pour pouvoir, comme ça, implémenter ces protocoles qui font partie de la haute performance dans notre processus de développement, notre processus de formation, de nos différentes ressources. Ensuite, les attentes sont que les clubs, au gré de leur niveau d’entraînement, au gré de leur programme d’entraînement et du bien-fondé, auront une plus-value en termes de prise en charge, en termes d’information sur les gestes de premiers secours à appliquer en cas d’accident ou d’incident. Du moins, nous pourrons, comme ça, valablement parler avec beaucoup plus de compétences sur certains domaines et savoir ce qui est bien pour l’athlète. Donc voilà, ce n’est que du positif que nous attendons et ça va permettre d’augmenter également les performances parce que certains ont reçu des protocoles sur la nutrition, sur la prise en charge, sur la protection des athlètes même. En gros, c’est un séminaire qui est un plus positif pour le développement du judo au Cameroun et du sport en général.

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    Junior NTEPPE KASSI, 33 ans, est un journaliste scientifique camerounais au Groupe Échos Santé. Spécialiste de la médecine du sport, il met sa passion au service de l'information médicale de pointe.

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