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Lutte contre la poliomyélite : Deux tours de riposte pour éradiquer le virus

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Le ministère de la Santé publique, à travers le Programme Elargi de Vaccination (PEV), lance une campagne de vaccination massive contre la poliomyélite. Objectif : vacciner 7 442 572 millions de personnes grâce à 8 782 235 millions de doses de vaccin. La campagne se déroulera en deux phases : du 24 au 28 avril 2025 et du 29 mai au 1er juin 2025.

Le Cameroun fait face à une résurgence inquiétante du poliovirus dérivé de souche vaccinale de type 2 (cVDPV2), avec des cas confirmés aussi bien chez l’humain que dans l’environnement. Depuis mai 2024, sept isolats de ce virus ont été détectés dans quatre régions du pays : l’Adamaoua, l’Est, l’Extrême-Nord et le Littoral. Parmi ces isolats, quatre ont été détectés chez des individus dans les districts de santé de Batouri, Ndélélé, Vele et Kousseri. De manière préoccupante, trois autres ont été retrouvés dans des prélèvements environnementaux effectués sur des sites spécifiques : Baladji Derrière Eglise, Ngaoundéré Urbain (Relais Touristique) et Kousséri (Pont Missoké), ainsi qu’à Deïdo.

L’analyse des antécédents vaccinaux de ces cas révèle une vulnérabilité significative. À l’exception du virus détecté à Deïdo, Kousséri et Vele, où aucun tour de vaccination n’avait été organisé, tous les autres cas ont concerné des populations ayant pourtant bénéficié d’au moins deux cycles de vaccination. Cette observation soulève des questions sur l’efficacité de la couverture vaccinale actuelle et la nécessité de stratégies de renforcement de l’immunité.

Plusieurs facteurs contribuent à cette situation préoccupante. La baisse de l’immunité contre le poliovirus de type 2 au sein de la population constitue un terrain fertile pour la propagation du cVDPV2. Les mouvements transfrontaliers de population, fréquents dans la région, peuvent également favoriser l’introduction et la dissémination du virus. L’identification de cas de virus orphelins, dont l’origine et la trajectoire restent à déterminer, ajoute une complexité supplémentaire à la surveillance épidémiologique.

Face à cette menace imminente, une initiative globale de riposte vaccinale est en cours d’organisation. L’objectif : protéger chaque enfant de moins de cinq ans, sans exception, y compris les réfugiés et les communautés nomades, grâce au nouveau Vaccin Polio Oral de type 2 (nOPV2).  Cette campagne d’envergure nationale vise une couverture vaccinale d’au moins 95% dans toutes les aires de santé, marquant une étape cruciale pour stopper définitivement la circulation de ce virus invalidant. Les chiffres révèlent l’ampleur de la tâche : 7 442 572 personnes sont ciblées à travers les dix régions du pays, nécessitant l’administration de 8 782 235 doses de vaccin.

L’Adamaoua, avec ses 11 districts, ambitionne de vacciner 521 577 personnes. Le Centre, épicentre démographique du pays avec 33 districts, se fixe un objectif de 1 387 760 cibles. L’Est, région étendue et parfois difficile d’accès avec ses 15 districts, vise à atteindre 532 291 individus. L’Extrême-Nord, confronté à des défis sécuritaires et climatiques, déploie ses efforts dans 33 districts pour immuniser 1 637 557 personnes, soit la région avec la cible la plus élevée.

Le Littoral, poumon économique du pays avec 24 districts, entend protéger 628 103 habitants. Le Nord, avec ses 15 districts, se mobilise pour atteindre 1 023 918 personnes. Le Nord-Ouest, marqué par une crise socio-politique, concentre ses efforts sur 21 districts pour vacciner 332 723 individus. L’Ouest, région densément peuplée avec 20 districts, vise à immuniser 572 387 personnes. Le Sud, avec ses 13 districts, ambitionne d’atteindre 167 590 cibles. Enfin, le Sud-Ouest, également touché par la crise, se fixe pour objectif de vacciner 301 998 personnes dans ses 21 districts.

La répartition du nombre de doses par région reflète la taille de la population cible et les stratégies vaccinales spécifiques mises en place. L’Extrême-Nord, avec sa population nombreuse, nécessite ainsi 1 862 080 doses. Le Centre suit de près avec 1 637 557 doses. Le Littoral et le Nord requièrent respectivement 740 248 et 1 208 223 doses. L’Adamaoua et l’Est nécessitent des quantités similaires, autour de 600 000 doses chacun. Les régions du Nord-Ouest, de l’Ouest, du Sud et du Sud-Ouest, avec des populations cibles moins importantes, requièrent des quantités de doses proportionnellement inférieures.

Dès le 21 avril 2025, une vaste campagne de mobilisation sociale précédera le lancement officiel des Journées Nationales de Vaccination (JNV) ce 24 avril dans les dix régions du pays. L’objectif : atteindre chaque enfant de 0 à 5 ans grâce à une approche multiforme allant du porte-à-porte aux points de vaccination fixes dans les lieux stratégiques. Découvrez comment le Cameroun entend gagner la bataille contre la polio. 24 au 28 avril 2025. Durant cinq jours intensifs, les équipes de vaccination se mobiliseront sur l’ensemble du territoire national pour administrer le précieux vaccin oral contre la poliomyélite à chaque enfant âgé de moins de cinq ans. Le second assaut, tout aussi vital, est programmé du 29 mai au 1er juin 2025. Ces deux vagues de vaccination sont conçues pour renforcer l’immunité collective au sein de cette tranche d’âge particulièrement vulnérable et ainsi briser définitivement la chaîne de transmission du poliovirus variant de type 2 dans tous les pays concernés.

L’objectif principal de cette initiative d’envergure nationale est clair et impératif : renforcer l’immunité des enfants de moins de cinq ans contre ce virus potentiellement paralysant, en utilisant le nouveau Vaccin Polio Oral de type 2 (nOPV2) pour stopper définitivement sa circulation.

A lire aussi: Aide internationale en baisse : Les pays vulnérables paient le prix fort

Deuxièmement, la campagne vise à vacciner 100% des enfants de moins de 5 ans présents sur le territoire camerounais, sans distinction d’origine ou de statut. L’inclusion des réfugiés et des communautés nomades dans cette campagne témoigne d’une approche humanitaire et d’une reconnaissance du fait que le virus ne connaît pas de frontières. Atteindre ces populations souvent marginalisées représente un défi logistique et culturel significatif, nécessitant des stratégies de communication et de mobilisation adaptées à leurs spécificités.

Enfin, la campagne vise à assurer la surveillance et la routine de MAPI afin d’améliorer la qualité des activités (LOA) dans au moins 95% des aires des Districts de Santé concernés et une proportion d’enfants manqués de moins de 5% au Monitorage Indépendant (MI). Cette démarche proactive de recherche active et de notification des cas de paralysie flasque aiguë (PFA) est essentielle pour détecter rapidement toute circulation du poliovirus et pour renforcer le système de surveillance épidémiologique.

Le succès de cette première phase reposera sur l’engagement de tous : les professionnels de santé en première ligne, les autorités administratives et locales, les leaders communautaires, les organisations de la société civile et, surtout, la population elle-même.

Elvis Serge NSAA

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