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Maroua : Le quotidien des vendeurs de poissons au marché comice

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Entre chaleur écrasante, rareté de la glace et pertes fréquentes, les vendeurs de poissons du marché comice de Maroua vivent un véritable casse-tête pour conserver leurs produits.

Il est 14h11 ce jeudi 31 juillet 2025 au marché comice de Maroua. Sous un soleil implacable, l’odeur de poisson flotte dans l’air, mêlée aux cris des commerçants qui tentent d’attirer les clients. Dans cette effervescence, les vendeurs de poissons font face à une problématique bien connue : la conservation du poisson, un défi quotidien dans une région où la température dépasse régulièrement les 40°C.

Dans les étals de fortune, poissons frais, parfois à peine refroidis, reposent sur des bâches plastiques ou dans des bassines. La glace, denrée précieuse ici, devient le nerf de la guerre. Lorsqu’elle est disponible, elle permet de sauver une bonne partie de la marchandise. Mais sa rareté et son coût élevé rendent la situation très compliquée pour les commerçants.

« La glace est la meilleure option pour conserver le poisson, surtout dans cette chaleur. Mais très souvent, elle est difficile à trouver, ou alors elle coûte trop cher. C’est pour cela que beaucoup de poissons pourrissent ici », déplore Dihan Christophe, étudiant rencontré sur le marché. Il observe les commerçants, certains en train de ventiler leurs bacs de poissons avec des cartons, d’autres résignés à jeter les produits avariés.

Asta, une commerçante dynamique, expose ses poissons avec soin malgré les conditions difficiles. Pour elle, la solution pourrait venir des vendeurs eux-mêmes. « Si on s’entendait entre commerçants, on pourrait bien créer une petite entreprise de fabrication de glace. Cela nous éviterait de dépendre des fournisseurs extérieurs et de perdre nos marchandises », suggère-t-elle, convaincue qu’une initiative collective pourrait améliorer la situation.

Mais la solidarité entre vendeurs reste encore fragile. Chacun travaille de son côté, avec ses propres moyens. Certains vont jusqu’à acheter des blocs de glace à des prix élevés dans d’autres quartiers de la ville. D’autres improvisent des systèmes de conservation à base de sacs en plastique et de draps humides. Résultat : la qualité du poisson varie d’un étal à un autre, ce qui affecte la confiance des clients.

Justement, du côté des consommateurs, la méfiance grandit. Habiba, ménagère croisée dans les allées du marché, confie son inquiétude :

« Parfois, le poisson a l’air frais, mais quand on l’amène à la maison, il dégage une mauvaise odeur à la cuisson. On ne sait plus à qui faire confiance. C’est pour ça que moi, j’en achète de moins en moins », explique-t-elle. D’autres clients affirment qu’ils préfèrent désormais le poisson fumé ou congelé en grande surface, même s’il coûte plus cher.

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En fin de journée, les pertes sont souvent inévitables. Des poissons trop exposés finissent à la poubelle, une perte économique considérable pour ces petits commerçants dont l’activité dépend du bon état de leur marchandise.

Malgré tout, le marché comice reste un point de ravitaillement  pour les ménages de Maroua, en particulier pour le poisson, qui représente une alternative accessible à la viande. Les consommateurs y viennent nombreux, mais deviennent de plus en plus exigeants sur la fraîcheur du produit.

Dans un contexte où les défis climatiques s’intensifient et les infrastructures de conservation demeurent insuffisantes, les vendeurs du marché comice de Maroua espèrent voir émerger des solutions durables, locales et collectives.

Samuel ADJEWA

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