Médaillée d’argent au championnat d’Afrique, Lafleur Ndzié incarne la réussite camerounaise en savate, malgré les blessures inhérentes à ce sport exigeant. Entre KO, précautions sanitaires et équipements de protection, découvrez comment les “tireurs” concilient performance et sécurité dans cette discipline où chaque coup compte.
Lafleur Ndzié, la trentaine, est une Camerounaise, pratiquante de savate. Médaillée d’argent lors du championnat d’Afrique des Nations de la discipline tenu en mai dernier au Sénégal, elle n’hésite pas à parler à son entourage des risques qu’elle prend au quotidien dans le cadre de la pratique de la savate. Des risques qui, à coup sûr, ont porté leurs fruits sur le plan national et international. Même si elle n’a pas été épargnée par de nombreuses blessures.
Comme elle, plusieurs athlètes pratiquent au quotidien cette discipline sportive. En effet, la savate, aussi appelée boxe française, est un sport de combat à risque. C’est pourquoi les athlètes, communément appelés « tireurs », sont soumis à un encadrement rigoureux. Comme tout sport de combat, la savate comporte un risque de blessures, notamment aux membres (poignets, chevilles, genoux) et, plus rarement, au visage.
Grâce aux nombreuses techniques de combat, les athlètes sont très souvent mis KO lors des compétitions locales ou internationales. À la question de savoir comment faire pour savoir si un athlète est prêt à poursuivre un combat après avoir perdu connaissance durant la rencontre, les experts en matière sanitaire de savate répondent : « Il faut d’abord commencer par l’acuité visuelle de l’athlète tombé KO. Parce que l’acuité visuelle d’un athlète ne trompe jamais. Maintenant, tout dépend des coups reçus par l’athlète. Parce que si un athlète reçoit un coup à la tempe, qui lui cause un KO, lorsqu’il se relève, il a des vertiges, il n’est plus appelé à poursuivre un combat. Car, il peut y avoir un autre KO et cela amènera à avoir une intervention plus urgente que la première. »
Pour prévenir les risques de blessures chez les pratiquants de savate, plusieurs facteurs s’imposent. Préparation physique générale, renforcement musculaire, souplesse et échauffement spécifique des articulations sollicitées ; l’apprentissage des techniques de coups de pied et de poing, avec une attention particulière à la posture et au placement. Les entraîneurs enseignent les techniques correctes et sensibilisent les pratiquants aux signes d’alerte (douleurs, etc.) qui nécessitent l’arrêt de l’effort. Le port des équipements de protection comme les gants, les chaussons de savate, le protège-dents, la coquille pour les hommes, ou encore le protège-poitrine pour les femmes sont nécessaires.
Il faut dire que les compétitions de savate sont encadrées et soumises à des règles strictes pour assurer la sécurité des combattants. Loin des risques courus par les athlètes, la Savate pratiquée de manière responsable offre de nombreux bénéfices pour la santé physique et mentale, tels que : le renforcement musculaire, l’amélioration de la coordination, la maîtrise de soi et la confiance en soi.
Junior NTEPPE KASSI
Réaction
« La Fecasavate possède un dispositif médical strict pour protéger ses athlètes »

Dr Estelle Ngo Ntep, présidente de la Commission médicale à la Fédération camerounaise de savate.
Le dispositif mis en place pour la prise en charge de chaque athlète affilié à la Fédération camerounaise de savate est déjà d’établir un check-up pour chaque athlète à travers un scanner biologique afin de savoir si nos athlètes sont en bonne santé. Lorsqu’il est découvert qu’un athlète a une maladie quelconque, il est directement pris en charge. Les maux les plus récurrents chez les pratiquants de savate boxe française sont des luxations, le mal de tête, des brulures gastriques ou encore des indigestions. Pour y remédier au Cameroun, la Fecasavate est affiliée à une clinique qui prend automatiquement en charge ses athlètes. Ils sont ainsi suivis à la lettre et ils ont une prise en charge stricte en termes de médicaments et de compléments alimentaires administrés.
Lors des compétitions, nous ne rencontrons presque pas de difficultés. Car, le président de la Fédération camerounaise de savate, Cyrille Mandeng, prend toutes les dispositions pour nous permettre d’avoir tout ce qu’il faut pour une meilleure couverture médicale. Il se rassure également pour que le complément sanitaire soit fourni comme il se doit, afin d’être capable d’intervenir à chaque instant.
Pour qu’une femme pratique cette discipline, beaucoup d’examens sont exigés. Car, il est impossible de pratiquer la savate, par exemple en étant enceinte, en étant asthmatique, ou encore en ayant une bronchite aiguë. On ne peut pas se permettre de laisser une femme pratiquer la savate au Cameroun comme partout dans le monde avec un élément qui interdit d’être sportif. Toute femme qui pratique de la savate boxe française au Cameroun a un suivi particulier.
La doléance que j’émets à l’endroit du top management de la Fédération camerounaise de savate est de continuer à être plus regardant et rigoureux vis-à-vis de leurs athlètes. Aussi, être toujours attentionné et attentif à la plainte de chaque athlète.
Propos recueillis par Junior NTEPPE KASSI














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