Des essais cliniques, des études précliniques, autant d’initiatives mises en œuvre pour une validation scientifique de la médecine traditionnelle en Tanzanie.
Vers une validation des médicaments traditionnels en Tanzanie
La médecine traditionnelle connaît un nouvel essor en Tanzanie. Le 10 juillet 2026, lors d’une visite à l’antenne de Bagamoyo de l’Institut de santé d’Ifakara (IHI), le ministre de l’Éducation, des Sciences et des Technologies, le professeur Adolf Mkenda, a annoncé le lancement d’une initiative majeure visant à valider scientifiquement les médecines traditionnelles.
Un tournant stratégique pour la souveraineté sanitaire
Le gouvernement tanzanien ambitionne de transformer les remèdes traditionnels en produits pharmaceutiques brevetés localement. Cette démarche répond à des objectifs fondamentaux : en créant des laboratoires spécialisés dédiés au test des médicaments, le pays entend réduire sa dépendance aux importations et capter une plus grande valeur économique issue de l’innovation locale. Face à l’utilisation massive des plantes médicinales par la population, il est urgent de vérifier la sécurité, la qualité et l’efficacité de ces remèdes avant leur approbation. Le gouvernement s’engage à protéger les droits de propriété intellectuelle des savoirs autochtones transmis de génération en génération, tout en veillant à ce que les innovateurs bénéficient des retombées économiques de leurs découvertes.
La recherche au cœur du processus
Pour concrétiser ce plan, une réunion nationale consultative réunissant acteurs de la santé, chercheurs et innovateurs est en préparation. Le professeur Mkenda a exhorté les scientifiques tanzaniens à intensifier les investissements dans la recherche, les études précliniques et les essais cliniques. Le Dr Ally Olotu, directeur scientifique de l’IHI, a réaffirmé l’engagement de son institut à produire des connaissances fondées sur des preuves, soulignant que l’avenir du secteur de la santé dépend de la capacité du pays à générer des solutions médicales répondant à ses priorités sanitaires. Le ministère révise également la politique nationale de science et technologie pour la rendre plus pratique et axée sur les résultats, avec des indicateurs de performance mesurables.
Cette initiative tanzanienne s’inscrit dans un mouvement continental et mondial plus large, encouragé par l’OMS, visant à combler le fossé entre les savoirs ancestraux et la science moderne.
Les éléments moteurs de ce contexte sont : la standardisation – à l’instar d’autres pays comme le Nigéria ou l’Éthiopie, la Tanzanie cherche à identifier les composés bioactifs et à éliminer les risques de toxicité via des protocoles rigoureux – et l’intégration officielle : l’objectif est de faciliter l’intégration de la médecine traditionnelle dans les politiques de santé publique grâce à une validation scientifique stricte, répondant ainsi aux critères de contrôle qualité internationaux.
Réaffirmant l’engagement gouvernemental, le professeur Mkenda a conclu qu’un investissement soutenu dans la science et la technologie demeure essentiel pour bâtir une économie fondée sur le savoir et améliorer la prestation de services dans tous les secteurs du pays.







