Réunis le 4 juillet 2026 à Ouagadougou, les acteurs de la médecine traditionnelle burkinabè ont marqué un tournant décisif. Sous l’égide de la Fédération nationale sans frontières des tradipraticiens et herboristes de santé, une conférence-formation a posé les bases d’une harmonisation des pratiques, alliant savoirs ancestraux et exigences de modernité.
Face à une demande de soins croissante et diversifiée, le secteur de la médecine traditionnelle au Burkina Faso se structure pour mieux répondre aux besoins des populations. Ce samedi 4 juillet, la capitale a accueilli une rencontre d’envergure nationale, placée sous le haut patronage du Mogho Naaba Baongo, le 37e empereur des Mossi, dont l’objectif était clair : renforcer la qualité, l’éthique et la durabilité des pratiques de soins.
Harmoniser pour mieux soigner
« Il est crucial d’harmoniser nos méthodes pour accompagner efficacement la médecine moderne dans la lutte contre les pathologies actuelles », a souligné El Hadj Malgr-Naaba Sanem, président de la fédération. Pour les tradipraticiens venus de toutes les régions du pays, l’enjeu est de passer d’une pratique artisanale à un cadre plus rigoureux. La formation a ainsi balayé des thématiques essentielles : du dosage précis des remèdes aux techniques de transformation, en passant par le conditionnement et l’étiquetage. L’ambition est de garantir aux patients des produits dont la qualité, la traçabilité et la durée de conservation ne laissent place à aucun doute.
Préserver la biodiversité, un défi vital
Au-delà de l’aspect thérapeutique, la question environnementale a été au cœur des échanges. Dans un contexte de changement climatique, la pérennité des soins repose sur la survie des espèces végétales. Les participants ont été sensibilisés au prélèvement durable, à la régénération
des plantes médicinales et à la nécessité de reboiser les zones exploitées. Une approche responsable pour que la médecine de demain ne soit pas sacrifiée par les besoins d’aujourd’hui.
Éthique et reconnaissance
L’autre pilier de cette rencontre fut l’éthique professionnelle. Le président de la fédération a lancé un appel ferme : les pratiques sans scrupules doivent disparaître au profit d’une approche centrée sur le respect et le bien-être du patient. Un professionnalisme salué par le ministère de la Santé, représenté par la direction de la médecine traditionnelle et alternative.
Signe tangible de cette volonté de structuration, la Fédération a annoncé la mise en circulation prochaine d’une carte professionnelle. Ce précieux sésame permettra d’identifier les praticiens reconnus, exerçant dans le respect des normes, et facilitera une collaboration étroite avec les autorités sanitaires.
En plaçant les débats sous le thème « Tradition durable et modernisation », les tradipraticiens burkinabè réaffirment leur place dans l’écosystème sanitaire national. Cette montée en compétences promet non seulement de valoriser le patrimoine pharmacopée local, mais surtout de renforcer l’offre de soins accessible à chaque citoyen.







