Financée par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) avec l’appui technique du PNUE, cette initiative sur 36 mois ambitionne de restaurer 10 000 hectares de terres dégradées et d’atténuer l’émission de 5,7 millions de tonnes de $CO_2$, sonnant la charge contre la déforestation dans les massifs de l’Ouest et le sanctuaire de Mpem-Djim.
Yaoundé, écrin diplomatique et bastion des décisions majeures, a abrité ce mardi 7 juillet 2026 une rencontre d’une importance cruciale pour l’avenir environnemental du Cameroun.** Dans la salle feutrée où se tiennent habituellement les grandes conférences sur le devenir de la nation, le Ministre de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable, HELE Pierre, a présidé l’atelier de validation du Document de Projet intitulé “Renforcement de la gestion communautaire des paysages et des actions fondées sur la nature pour restaurer les écosystèmes dégradés et promouvoir la résilience des moyens de subsistance dans les Hautes Terres de l’Ouest et la Région du Centre du Cameroun”. Une initiative d’envergure qui scelle l’engagement résolu du Cameroun à conjuguer restauration écologique et développement humain.
Ce projet ambitieux, dont la concrétisation a été rendue possible grâce à l’approbation du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), se déploie sur deux paysages emblématiques dont la fragilité n’a d’égale que la richesse biologique. D’un côté, les Hautes Terres de l’Ouest, véritable château d’eau du pays, s’étendent sur 350 000 hectares de forêts de montagne et d’écosystèmes d’une valeur inestimable. Pourtant, ces sanctuaires verdoyants subissent les assauts d’une déforestation galopante qui, depuis 2002, a déjà englouti jusqu’à 41 % du couvert forestier originel, menaçant irrémédiablement l’équilibre climatique et hydrique de toute une région. De l’autre côté, le paysage de Mpem-Djim, situé dans la Région du Centre, déploie ses 542 000 hectares de forêts denses abritant des espèces emblématiques parmi lesquelles les éléphants de forêt et les chimpanzés, dont la survie dépend étroitement de la gouvernance des terres qui les entourent. Ce territoire, qui intègre le Parc National de Mpem-Djim, constitue un sanctuaire de biodiversité dont la préservation est devenue une priorité nationale et internationale.
Face à ce double défi, le projet propose des solutions concrètes et mesurables. Il ambitionne la restauration active de 10 000 hectares de terres et d’écosystèmes dégradés, une opération de réhabilitation écologique qui redonnera vie à des sols appauvris par des décennies d’exploitation excessive. Parallèlement, ce sont près de 100 000 hectares qui bénéficieront d’une amélioration significative des pratiques de gestion, grâce à l’introduction de méthodes agroécologiques innovantes et à la formation des communautés locales aux techniques de conservation durable. Au-delà de l’impact visible sur les paysages, ce projet s’inscrit résolument dans la lutte contre le réchauffement climatique, avec une contribution estimée à l’atténuation de 5,7 millions de tonnes équivalent CO2 sur une période de vingt ans. Ce chiffre, loin d’être abstrait, représente la promesse d’un avenir plus sobre en carbone et plus respectueux des équilibres planétaires.
L’atelier de validation qui s’est tenu à Yaoundé a réuni autour du Ministre HELE Pierre une constellation d’acteurs incontournables de la gouvernance environnementale. Le Ministre délégué à l’Environnement, le Représentant du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), partenaire technique de ce projet, ainsi que les responsables des sectorielles administratives concernées ont croisé leurs expertises pour passer au crible les moindres dispositions du Document de Projet. Les experts et consultants mobilisés pour l’occasion, de même que les représentants de la société civile, ont apporté leurs regards complémentaires, enrichissant les débats d’une diversité de perspectives qui garantit la robustesse du plan d’action final. Cette large concertation traduit la volonté d’élaborer un outil opérationnel qui ne soit pas seulement un document technique, mais un véritable levier de transformation pour les territoires ciblés.
Au cœur de cette ambition, l’humain occupe une place centrale. Le projet prévoit de bénéficier directement à 5 000 personnes, dont 2 500 femmes et plus de 500 membres de communautés autochtones, ces gardiens ancestraux des forêts dont le savoir-faire et la connaissance intime des écosystèmes constituent des atouts précieux. La création d’entreprises fondées sur la nature figure parmi les retombées attendues, offrant aux populations locales des alternatives économiques viables qui réduiront la pression sur les ressources naturelles tout en générant des revenus durables. Cette approche intégrée, qui conjugue restauration écologique, développement local et équité sociale, confère au projet une dimension holistique rarement atteinte dans les programmes de conservation classiques.
Étalé sur une période de 36 mois, ce projet se veut un catalyseur de changement, dont l’impact se fera ressentir à trois niveaux stratégiques : la gouvernance environnementale, d’abord, avec le renforcement des capacités institutionnelles et la mise en place de mécanismes de gestion participative ; la restauration écologique des terres, ensuite, à travers des actions concrètes de reboisement et de régénération naturelle assistée ; et le développement local, enfin, par la diversification des sources de revenus et l’amélioration des conditions de vie des communautés. En validant ce Document de Projet, les autorités camerounaises et leurs partenaires internationaux posent une pierre supplémentaire à l’édifice de la lutte contre la dégradation environnementale, tout en offrant aux générations futures les moyens de vivre en harmonie avec un patrimoine naturel qui n’a pas fini de révéler ses trésors.







