Le poids croissant des maladies non transmissibles en Afrique centrale interpelle. Réunis lors d’un webinaire, des acteurs de la société civile et des journalistes du REMAPSEN ont décidé d’unir leurs forces pour sensibiliser, mobiliser et pousser les gouvernements à agir.
La lutte contre les maladies non transmissibles (MNTs) a franchi une nouvelle étape en Afrique centrale avec la tenue d’un webinaire de sensibilisation, d’engagement et de synergie d’action réunissant organisations de la société civile et journalistes membres du REMAPSEN. Cette rencontre, organisée dans le cadre de la Semaine mondiale d’action sur les MNTs, a permis de poser les bases d’une collaboration renforcée face à un fléau de santé publique en constante progression.
Un fardeau croissant pour l’Afrique
Selon les données présentées par Ferdinant Sonyuy, Directeur exécutif du African NCDs Network, la part des décès liés aux MNTs sur le continent est passée de 24 % en 2000 à 37 % en 2019. Hypertension, diabète, cancers, maladies cardiovasculaires, drépanocytose ou encore troubles mentaux représentent désormais une cause majeure de mortalité et de morbidité en Afrique subsaharienne. « Il est temps que les gouvernements accélèrent l’action sur les MNTs en mettant en œuvre des politiques nationales ambitieuses », a plaidé Sonyuy.
La voix des acteurs régionaux
Le Cameroun, à travers Boniface Takwe, membre de l’Alliance MNTs Afrique centrale (AMNTAC), a rappelé l’impact sanitaire, économique et social des MNTs, notamment sur les enfants et les jeunes. Pour sa part, Fabien Nkili, représentant du Gabon, a insisté sur le thème de la campagne mondiale 2025, « Le temps des leaders », appelant chacun à assumer sa part de responsabilité, qu’il s’agisse des gouvernements, des médias ou des citoyens.
Le rôle clé des médias
La rencontre a également mis en lumière l’importance des journalistes dans ce combat. Judith Noël, représentante de l’Alliance MNTs, a souligné que les médias constituent un véritable « quatrième pouvoir », capables de sensibiliser les populations, de rappeler les engagements des décideurs et d’influencer les agendas politiques. Les membres du REMAPSEN, à l’image de Prince Yassa – 1ᵉʳ vice-président en charge de l’Afrique centrale et de Prince Mpondo – coordonnateur national pour le Cameroun, ont co-modéré les échanges, témoignant de l’engagement des professionnels de l’information à faire des MNTs une priorité de santé publique.
Vers une feuille de route commune
Au terme des discussions, les participants se sont engagés à renforcer la collaboration entre société civile et médias dans leurs pays respectifs afin d’amplifier les actions de plaidoyer, de prévention et de prise en charge des MNTs. Une feuille de route régionale sera mise en œuvre, avec un accent particulier sur la mobilisation des ressources et la création d’alliances nationales.
Cette dynamique est intervenue à la veille de la 4ᵉ Réunion de haut niveau des Nations unies sur les MNTs et la santé mentale, tenue le 25 septembre 2025. Une occasion pour les gouvernements de traduire leurs engagements en actions concrètes et pour l’Afrique centrale de faire entendre sa voix dans ce combat pour un monde plus juste et plus sain.
Mireille SIAPJE














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