Ndolet, achu, mbongo, mbol ou couscous de riz à la sauce foléré, les plats camerounais sont riches et variés. Leur préparation, les quantités et les accompagnements doivent toutefois être maîtrisés pour une alimentation équilibrée.
Après le travail comme lors des cérémonies, de nombreuses personnes aiment avoir des assiettes bien garnies. Grosses boules de couscous, plantain en quantité et plusieurs accompagnements sont souvent au rendez-vous. Pourtant, pour la nutritionniste Mme Cynthia MEDIDJE, la quantité ne fait pas nécessairement la qualité de l’assiette. Dans « La Minute du nutritionniste », capsule publiée sur la page de l’Hôpital Général de Douala, Mme Cynthia MEDIDJE, nutritionniste dans cet établissement, revisite plusieurs plats traditionnels et donne des indications sur les quantités, les modes de cuisson et les accompagnements à privilégier pour une alimentation plus équilibrée.
Le ndolet, un plat riche mais à alléger
Selon la nutritionniste, ce plat regorge notamment de fer et de calcium. Sa particularité réside également dans l’ajout des arachides à l’intérieur de la préparation. Mais un élément de sa préparation mérite, selon elle, une attention particulière : l’huile ajoutée en fin de cuisson. « Le problème avec le ndolet, c’est de l’huile qu’on rajoute à la fin dans une poêle, on chauffe à point, on met encore les oignons », explique-t-elle. Pour la nutritionniste, cette étape n’est pas nécessaire. Le ndolet étant naturellement savoureux, il n’est pas indispensable de modifier davantage sa préparation avec cette quantité d’huile chauffée. Elle propose plutôt de prendre «
un peu d’huile », de l’ajouter à la fin, mais « sans chauffage bien sûr », puis de découper les oignons et de les verser également à la fin de la préparation. L’objectif est notamment de bénéficier des propriétés qu’elle attribue à l’oignon, qu’elle présente comme ayant des effets antibiotiques et anti-inflammatoires. La spécialiste s’intéresse aussi aux accompagnements. Lorsque le ndolet est servi avec des frites de plantain et du bobolo (bâton de manioc), elle estime qu’il n’est pas nécessaire de consommer les deux simultanément. « Il n’y a pas besoin de ces deux compléments », souligne-t-elle. Elle recommande plutôt de choisir l’un des deux accompagnements et d’en prendre « une petite proportion » afin de conserver un repas équilibré tout en profitant pleinement du plat.
Achu, mbongo : surveiller le sel, l’huile et les féculents
Le Achu ou taro sauce jaune est le second plat. Dans cette préparation, la sauce jaune est réalisée notamment avec de l’huile rouge et du kanwa (sel gemme). Sur ce dernier ingrédient, la nutritionniste appelle à la modération. « Le kanwa, en excès, n’est pas bon pour les personnes hypertendues, parce que la dose de sodium augmente », explique-t-elle. Elle considère ainsi le Achu comme « un plat plaisir » et non comme « un plat de routine constante ». La nutritionniste attire également l’attention sur la quantité de protéines présente dans l’assiette. Elle rappelle que l’apport recommandé en protéines chez un individu normal se situe autour de 0,8 à 1 gramme par kilogramme de poids corporel et par jour. Pour elle, il n’est donc pas nécessaire de multiplier les portions de protéines dans une même assiette. En revanche, la présence des légumes à côté du Achu constitue un point positif à ses yeux. Elle recommande d’en faire une bonne part, notamment pour leur richesse en fibres, utiles à la digestion. Chez les Bassa, la nutritionniste s’arrête ensuite sur le mbongo accompagné de plantain. « Les nutritionnistes conseillent d’ailleurs beaucoup ce plat », affirme-t-elle. Elle met en avant les épices locales utilisées dans sa préparation, qu’elle décrit comme riches en propriétés antibiotiques et anti-inflammatoires. Un autre avantage relevé est la quantité d’huile utilisée. « On ne met pas beaucoup d’huile dedans », note-t-elle. Selon elle, l’idéal est d’ajouter « une à deux cuillères d’huile à la fin ». Cette manière de préparer le plat permettrait d’obtenir une préparation « très digeste, très saine, moins calorifique ». Mais là encore, la quantité de féculents doit être maîtrisée.
À l’Est et au Nord, réduire également les féculents
Direction l’Est du Cameroun avec le mbol. L’experte évoque la particularité des populations de cette région et leur rapport aux produits issus de la forêt. Mais son attention se porte surtout sur l’accompagnement du plat, notamment le foufou ou couscous de manioc. La quantité servie doit être réduite. « Il ne faut pas avoir une grosse partie de boule », explique-t-elle en faisant référence à la portion importante visible dans l’assiette présentée. Pour la nutritionniste, cette réduction permet de diminuer l’apport calorique ainsi que la quantité de sucres consommés. Elle estime également qu’elle permet d’éviter une production accélérée d’insuline. Le dernier plat présenté est le couscous du riz avec la sauce foléré, un plat du Nord Cameroun. La nutritionniste rappelle les qualités nutritionnelles attribuées au foléré, qu’elle présente comme riche en fer, en calcium, en magnésium et en potassium. Il est également riche en fibres et, selon elle, très digeste. Le couscous de riz appelle cependant à davantage de modération. La nutritionniste relève que le riz utilisé est du riz raffiné, explique-t-elle, ce qui signifie qu’il est riche en glucides. La recommandation est donc de réduire la quantité servie. « Si tu diminues la quantité, ça fait que c’est idéal », résume-t-elle.
L’enjeu ici n’est donc pas de supprimer ces plats de l’alimentation, mais de faire attention à leur préparation et aux proportions servies.
Marie Chantale FAIDA








