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Prisons Camerounaises : Le taux d’occupation explosif de 164%

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Le 25 avril 2025, la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun a alerté sur la surpopulation carcérale, avec un taux d’occupation de 164,25 %. Les 76 prisons du pays comptent 34 419 détenus pour seulement 20 955 places, dont plus de la moitié (55,52 %) en attente de jugement.

La prison est la mort sous les tropiques”, un cri viscéral qui résonne avec une vérité glaçante au Cameroun. Derrière les murs austères des établissements pénitentiaires, une réalité cauchemardesque se déroule loin des regards : la surpopulation carcérale, une gangrène qui ronge les corps et les âmes. Ce 25 avril 2025, la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun a levé le voile sur des chiffres effroyables, révélant une crise humanitaire silencieuse où des vies sont brisées pour des délits parfois insignifiants.

Imaginez des cellules conçues pour une poignée d’individus, abritant le triple, voire le quadruple de leur capacité. Des corps entassés, l’air irrespirable, la promiscuité érigée en quotidien. La prison camerounaise, loin d’être un lieu de réhabilitation, se transforme en un bouillon de culture de virus, de bactéries, de maladies endémiques qui se propagent à une vitesse alarmante. Ceux qui en ressortent, s’ils en ressortent vivants, portent à jamais les stigmates psychiques et physiques de cet enfer.

La Commission a à l’esprit que certaines contraintes liées au fonctionnement des établissements pénitentiaires résultent essentiellement de la surpopulation carcérale avec un taux d’occupation des prisons de 164,25%, les soixante-seize (76) prisons fonctionnelles du Cameroun dont la capacité totale est de vingt mille neuf cent cinquante-cinq (20 955) places ayant au 15 avril 2024 un effectif total de trente-quatre mille quatre cent dix-neuf (34 419) individus, dont dix-neuf mille cent neuf (19 109) prévenus (55,52%) et quinze mille trois cent dix (15 310) condamnés (44,48%).

La Commission reste préoccupée par la lenteur dans le traitement des dossiers des détenus en information judiciaire ainsi que la communication difficile entre le parquet et la prison, ce qui accentue l’ignorance par certains détenus de la situation de leurs dossiers judiciaires.

La Commission condamne vigoureusement les cas de détention provisoire abusive constatés à la Prison centrale de Ngaoundéré, à la Prison principale de Guider, à la Prison principale de Tcholliré, et à la Prison principale de Ntui, depuis le 25 avril 2023, actes qui contribuent à aggraver le surpeuplement carcéral.

La Commission recommande au Gouvernement de sensibiliser davantage la population en général et les détenus en particulier, y compris en lien avec les organisations de promotion et de défense des Droits de l’homme, sur l’existence et l’effectivité de la Commission d’indemnisation en raison d’une détention provisoire ou d’une garde à vue abusive.

Le rôle des organisations de promotion et de défense des droits de l’homme est ici fondamental. Elles constituent des partenaires essentiels pour relayer l’information, accompagner les victimes dans leurs démarches et s’assurer que leurs droits soient respectés. La Commission encourage vivement le Gouvernement à renforcer ses liens et sa collaboration avec ces organisations, en leur fournissant les moyens nécessaires pour mener à bien cette mission cruciale de sensibilisation et d’accompagnement.

A lire aussi: Prison centrale de Bertoua : Vaccination et dépistage au service de la santé carcérale

La Journée Africaine de la Détention Provisoire doit être l’occasion d’une prise de conscience collective. Il est inacceptable que des personnes ayant subi une injustice aussi grave que la privation arbitraire de liberté reste dans l’ignorance de leurs droits à réparation. L’effectivité de la Commission d’indemnisation passe inévitablement par une information large et accessible à tous.

Ensemble, brisons le silence autour de la détention provisoire et de la garde à vue abusive. Ensemble, œuvrons pour que chaque victime connaisse ses droits et puisse obtenir la réparation juste qu’elle mérite. L’accès à la justice et la reconnaissance du préjudice subi sont des piliers fondamentaux d’une société respectueuse des droits de l’homme. Il est temps d’agir avec détermination pour que la Commission d’indemnisation devienne une réalité tangible et effective pour toutes les victimes d’injustices.

Elvis Serge NSAA

 

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