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Production locale de vaccins : Africa CDC vers la deuxième indépendance de l’Afrique

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Par Mireille Siapje | 20 mai 2025 | De retour d’Addis-Abeba

Les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), l’agence de santé publique de l’Union africaine veut fabriquer au moins 60 % des vaccins sur le continent d’ici 2040. Cette ambition a été réaffirmée à Addis-Abeba lors d’un workshop continental avec les journalistes africains.

L’Afrique a tiré de lourdes leçons de la pandémie de COVID-19. Alors que des fonds étaient disponibles, le continent s’est retrouvé sans possibilité d’acheter des vaccins, pris en étau par le nationalisme vaccinal des grandes puissances. Cette réalité a sonné comme un électrochoc. Face à cette inégalité, l’Union africaine avec le soutien d’Africa CDC, a lancé une stratégie : produire 60 % des vaccins utilisés en Afrique d’ici 2040, contre moins de 1 % actuellement.

Cette initiative, intitulée Partenariat pour la fabrication des vaccins africains (PAVM), repose sur huit axes d’intervention : le financement, le développement de talents, le transfert de technologies, la réglementation, l’infrastructure, la coordination, la recherche et le marché. À ce jour, 25 fabricants ont été identifiés, dont neuf sont prêts à recevoir des technologies de production. Trois entreprises – deux en Afrique du Sud et une au Sénégal – devraient produire huit vaccins préqualifiés par l’OMS d’ici 2030.

Mais le défi ne se limite pas à l’infrastructure. Il faut également renforcer les capacités humaines : de 3 000 employés actuellement, l’objectif est de former 12 500 professionnels d’ici 2040. Pour cela, l’Africa CDC a mis en place un réseau régional de formation (RCCN) s’appuyant sur des institutions en Égypte, au Sénégal, au Rwanda et en Afrique du Sud.

Les vaccins prioritaires

L’Afrique entend accorder une priorité stratégique à la production et à l’accès à plusieurs vaccins pour lutter contre des maladies qui continuent de faire des ravages sur le continent. Le vaccin contre le paludisme est particulièrement important, cette maladie provoquant chaque année des milliers de décès. Le choléra constitue également une menace majeure, soulignant l’urgence de renforcer la vaccination contre cette infection. La fièvre jaune, endémique dans certaines régions, nécessite elle aussi une vigilance accrue. Par ailleurs, la recherche d’un vaccin efficace contre le VIH/SIDA demeure une priorité sanitaire de premier plan. La persistance de la tuberculose dans de nombreuses zones rend indispensable un meilleur accès au vaccin BCG. Pour ne citer que ceux-ci.

Ces priorités s’inscrivent dans une dynamique globale de renforcement des systèmes de santé publique sur le continent. En développant la production locale de vaccins, l’Afrique peut réduire sa dépendance aux importations, garantir un accès plus rapide et équitable aux traitements, et mieux répondre aux urgences sanitaires.

Un appel aux investisseurs

Des financements significatifs ont déjà été mobilisés. Le fonds Avma, doté de 120 millions d’euros, soutiendra la production vaccinale sur dix ans. La Banque africaine de développement (BAD) et des partenaires internationaux, comme Gavi ou la Fondation Gates, se sont également engagés. Ces efforts visent à rassurer les investisseurs sur la viabilité à long terme de cette industrie.

La coordination avec les agences de régulation et l’OMS permet également de réduire les obstacles à l’entrée sur le marché. Des avancées récentes autorisent désormais les fabricants à soumettre simultanément leurs dossiers aux autorités nationales et à l’OMS, raccourcissant ainsi les délais d’homologation.

A lire aussi: Vaccination infantile : L’alerte du CDC Afrique sur un système défaillant

Vers une économie de la santé autonome

À long terme, la fabrication locale de vaccins ne se limite pas à une réponse sanitaire : elle constitue un levier d’autonomisation économique. En réduisant la dépendance extérieure, en stimulant l’innovation et en valorisant les compétences locales, l’Afrique peut transformer un défi en opportunité économique.

Cette stratégie vaccinale s’inscrit dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui vise une Afrique prospère et autosuffisante. En pariant sur l’industrie pharmaceutique, le continent affirme sa détermination de s’affranchir des vulnérabilités économiques héritées de l’ordre mondial actuel.

« L’industrie pharmaceutique représente une opportunité de plusieurs milliards de dollars pour l’Afrique. Produire localement, c’est créer de la richesse et des emplois », souligne CDC Afrique.

Rappel…

C’est en 2021 que les dirigeants africains se sont engagés à faire passer la part des vaccins fabriqués en Afrique de 1 % en 2021 à 60 % en 2040. En 2022 l’Agence africaine des médicaments (AMA) a été créée au Rwanda.

L’Égypte, le Maroc, le Sénégal, l’Afrique du Sud et la Tunisie abritent les usines de fabrication de vaccins qui fournissent 1% de la consommation actuelle de vaccins en Afrique.

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