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Santé de la mère et de l’enfant : Pr Ze Minkande appelle à une mobilisation collective et urgente pour l’Afrique

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Le 4 juin dernier, dans l’amphithéâtre bondé de la Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales de l’Université de Yaoundé I, le Pr Jacqueline Ze Minkande, vice-recteur à l’Université de Yaoundé II et présidente du Comité scientifique du PALSA 2025, a prononcé une leçon inaugurale marquante, mettant en lumière les défis actuels et les perspectives pour l’optimisation de la santé maternelle et infantile en Afrique.

Ce discours d’ouverture a été un temps fort du 2ᵉ Congrès scientifique du Prix Africain du Leadership en Santé (PALSA), placé sous le haut patronage de Son Excellence Paul Biya, Président de la République du Cameroun.

Une introduction engagée : « La santé des mères et des enfants est un pilier du développement »

Dès les premières minutes, le Pr Ze Minkande a rappelé que la santé des femmes, des enfants et des adolescents constitue une condition incontournable pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD), éradiquer la pauvreté et bâtir des sociétés résilientes. Elle a défini la santé maternelle et infantile comme l’ensemble des soins nécessaires au bien-être de la femme enceinte, de la mère et de l’enfant, de la grossesse à la petite enfance.

« La survie et le bien-être de la mère et de l’enfant déterminent l’avenir de nos nations », a-t-elle martelé.

Un état des lieux préoccupant : des progrès encore fragiles

À travers des données alarmantes mais rigoureusement documentées, la professeure a dressé un portrait sans complaisance de la situation sanitaire actuelle : Environ 87 % des décès maternels mondiaux surviennent en Afrique (70 %) et en Asie (17 %) — Au Cameroun, 438 femmes meurent pour 100 000 naissances vivantes (Enquête Démographique et de Santé 2020) — Le taux de mortalité infanto-juvénile reste élevé : 80 décès avant 5 ans pour 1 000 naissances — Seules 65 % des femmes bénéficient d’un accouchement assisté par du personnel qualifié — 40 % des grossesses ne sont pas planifiées, faute d’accès à la contraception.

La leçon a aussi mis en exergue la progression des politiques de santé nationales (gratuité des soins, chèque santé, vaccination), mais aussi les tabous persistants autour de la sexualité, la précocité des rapports chez les jeunes, et les méfaits de la digitalisation mal encadrée.

Les grands défis de 2025 : retards, fragilité, santé mentale et politiques

Le Pr Ze Minkande a ensuite identifié plusieurs défis majeurs, notamment : Les “trois retards” : retard à la décision de consulter, retard d’accès au centre de santé, et retard dans la prise en charge une fois sur place — L’inégalité d’accès aux soins, en raison du manque d’infrastructures, de personnel qualifié et de ressources financières — La santé mentale des mères, souvent négligée, avec des cas non détectés de dépression post-partum et un faible accompagnement psychologique — La faiblesse du financement de la santé publique, qui freine la mise en œuvre de politiques ambitieuses.

Ces problèmes, a-t-elle dit, « ne relèvent pas uniquement de la médecine, mais de la société dans son ensemble. »

Des stratégies pour changer la donne : infrastructures, innovation et éducation

Forte de son expérience académique et scientifique, la vice-rectrice a proposé plusieurs pistes concrètes notamment l’investissement dans des infrastructures spécialisées : hôpitaux de référence, centres mère-enfant, maternités équipées. L’appui à la télémédecine et les innovations numériques pour l’éducation sanitaire, la consultation à distance et la surveillance. Le renforcement des campagnes de sensibilisation communautaire et les programmes de formation du personnel de santé. Ainsi que le soutien aux initiatives comme le chèque santé, qui, dans les trois régions du Nord du Cameroun, permet à moindre coût un suivi médical complet de la grossesse jusqu’au post-partum.

Elle a aussi appelé à une coopération internationale plus solide, notamment avec les ONG, les bailleurs de fonds et les institutions multilatérales.

A lire aussi; « Le Leadership en Santé est un facteur déterminant pour l’amélioration »

Une vision pour l’avenir : leadership africain, plaidoyer global

Dans un élan d’espoir et de détermination, Pr Ze Minkande a lancé un appel à la responsabilité collective, du secteur public comme du secteur privé, des gouvernants, des professionnels, des chercheurs et des citoyens.

Elle a salué la résolution portée par le Cameroun à l’OMS sur l’utilisation de l’échographie obstétricale, les initiatives des sociétés savantes africaines, ainsi que les travaux en cours sur la carte d’identité sanitaire de la femme enceinte.

Enfin, elle a souligné que le leadership en santé ne peut être que partagé, engagé, transformateur et africain.

Une conclusion mobilisatrice : « Nous avons tous un rôle à jouer »

« Malgré les progrès, la santé maternelle et infantile reste encore précaire dans notre sous-région. Pour changer cette réalité, il faut agir ensemble, dans une logique de coopération, de transparence et de responsabilité sociale. »

Son intervention a été chaleureusement applaudie, traduisant l’adhésion des participants à ce plaidoyer structuré, argumenté et porteur d’espoir.

Le Congrès PALSA, qui se poursuit jusqu’au 6 juin, réunira des experts de plus de 30 pays africains autour de communications scientifiques, de panels, d’ateliers et d’échanges. Il culminera avec la cérémonie de remise des Awards du leadership en santé, en reconnaissance des initiatives les plus innovantes du continent.

Avec la vision et la clarté exprimées par le Pr Ze Minkande, le PALSA 2025 s’impose comme une tribune continentale pour une transformation durable des systèmes de santé africains.

Mireille Siapje

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📰 Dernière parution : Echos santé n°1388 du vendredi 17 avril 2026

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