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Santé publique : Le moustique est l’animal le plus meurtrier au monde

Selon les derniers rapports de l'OMS, le paludisme à lui seul a provoqué 608 000 décès en 2022.
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À l’occasion de la Journée mondiale du moustique, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) tire la sonnette d’alarme. En 2022, le paludisme a causé 608 000 décès dans le monde, selon son dernier rapport. Ce chiffre macabre met en évidence l’urgence de redoubler les efforts de prévention et de traitement pour lutter contre cette maladie qui continue de ravager les populations, en particulier dans les régions les plus fragiles.

« Chaque semaine, je vois des enfants de moins de cinq ans arriver dans un état critique. D’abord, la piqûre semble banale, mais ensuite la fièvre monte et les convulsions commencent. » Tout d’abord, il faut comprendre comment ce prédateur opère. En effet, la femelle moustique, seule à piquer, recherche activement ses proies grâce à des capteurs sophistiqués. Lorsqu’elle perce la peau, elle injecte non seulement sa salive anticoagulante, mais aussi des parasites mortels si elle est infectée. Par ailleurs, les femmes enceintes constituent une cible privilégiée. En raison de leur immunosuppression naturelle, elles attirent deux fois plus les moustiques.   Le processus de contamination suit un schéma implacable. Premièrement, le moustique s’infecte en piquant une personne malade. Ensuite, le parasite se multiplie dans son organisme pendant plusieurs jours. Finalement, lorsqu’elle pique à nouveau, elle inocule la maladie à une nouvelle victime, perpétuant ainsi un cycle mortel.

Tout d’abord, il convient de souligner que le moustique continue de représenter la première cause de mortalité animale pour l’humanité. En effet, selon les derniers rapports de l’OMS, le paludisme à lui seul a provoqué 608 000 décès en 2022. Par ailleurs, la dengue connaît une expansion alarmante avec environ 390 millions de personnes infectées annuellement. Cette progression s’explique notamment par le changement climatique qui étend les zones de prolifération des moustiques.

Les origines d’une mobilisation historique

L’institution de cette journée remonte à une découverte scientifique majeure. En effet, le 20 août 1897, le médecin britannique Sir Ronald Ross établissait le lien entre les moustiques Anopheles et la transmission du paludisme. Depuis, cette date symbolique sert de point de ralliement pour la communauté scientifique et médicale. D’ailleurs, cette commémoration permet de mesurer les progrès accomplis tout en reconnaissant les défis persistants.

Des actions concrètes sur le terrain

De nombreuses initiatives sont déployées à travers le monde à cette occasion. Ainsi, des campagnes de distribution de moustiquaires imprégnées sont organisées dans les zones endémiques. Parallèlement, des opérations d’assainissement visent à éliminer les gîtes larvaires, particulièrement dans les environnements urbains. De plus, des conférences scientifiques permettent de partager les dernières avancées en matière de lutte antivectorielle.

Un défi qui dépasse les frontières

La lutte contre les moustiques exige une approche coordonnée au niveau mondial. En effet, ces insectes ne connaissent pas les frontières et profitent de la globalisation des échanges pour étendre leur habitat. C’est pourquoi les organisations internationales appellent à un renforcement des systèmes de surveillance épidémiologique transfrontaliers.

Alors que la Journée mondiale du moustique du 20 août 2025 s’annonce, les experts soulignent l’importance d’adopter des stratégies durables. D’une part, il faut combiner les méthodes traditionnelles de prévention avec les innovations technologiques. D’autre part, il est crucial d’adapter les interventions aux spécificités locales et aux changements environnementaux.

Elvis Serge NSAA

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Interview

« Combattre les moustiques, c’est d’abord comprendre leurs secrets » 

Dr. Magellan TCHOUAKUI

À l’occasion de la Journée mondiale du moustique ce 20 août, le Dr. Magellan TCHOUAKUI, chercheur au Centre de Recherche sur les Maladies Infectieuses (CRID), revient sur les enjeux de la lutte antivectorielle au Cameroun. Entre résistance aux insecticides, innovations comme le répulsif spatial et sensibilisation des communautés, il détaille les stratégies pour vaincre le paludisme et autres maladies transmises par ces insectes. Un entretien éclairant sur un combat où science et mobilisation collective font la différence. 

Est-ce que je peux me présenter pour les lecteurs du Groupe-Echos santé

Je suis le Dr. Magellan TCHOUAKUI, chercheur au Centre de Recherche sur les Maladies Infectieuses (CRID), où j’ai également effectué ma thèse. J’ai rejoint le CRID dès sa création en 2018. Après ma thèse en 2020, j’ai réalisé un post-doctorat dans le cadre d’un projet financé par la Fondation Bill et Melinda Gates, au cours duquel j’ai étudié les mécanismes de la résistance aux nouveaux insecticides recommandes par l’OMS. Actuellement, je suis lauréat d’un projet de recherche Wellcome Trust de cinq ans qui vise à déterminer les meilleures stratégies pour gérer la résistance des vecteurs du paludisme aux insecticides. C’est le cœur de mes activités de recherche quotidiennes.

Je dirige une équipe de chercheurs au CRID, composée d’étudiants en thèse, d’étudiants en master et de techniciens de laboratoire. En résumé, je suis un chercheur du CRID dont les travaux portent principalement sur la gestion de la résistance aux insecticides chez le vecteur du paludisme.

Pour commencer, ce 20 août 2025, le Cameroun va se joindre à la communauté internationale, va célébrer la journée mondiale des moustiques.

C’est une très bonne question. Pour rappel, la découverte du rôle du moustique dans la transmission du paludisme a été un événement majeur, car de nombreuses personnes souffraient de la maladie sans en connaître la cause exacte.  En 1897, le médecin britannique Sir Ronald Ross a prouvé que les moustiques transmettaient le parasite du paludisme aux humains. Cette découverte lui a valu le Prix Nobel de médecine en 1902 et a représenté une avancée scientifique considérable. Pour commémorer cet exploit, la date de sa découverte, le 20 août, a été désignée comme la Journée mondiale du moustique. Cette journée vise à sensibiliser le public et à rappeler l’importance des mesures de prévention pour éviter les piqûres et se protéger des maladies transmises par ces insectes.

Quel est le message que vous souhaiteriez agresser aux communautés ?

Pour le public camerounais, le moustique est souvent perçu comme une simple nuisance. Or, il représente un véritable danger pour la santé publique, car il est le vecteur de plusieurs maladies graves. En plus du paludisme, le moustique transmet des maladies comme la fièvre jaune ou encore le virus Zika. Au Cameroun, le paludisme reste la maladie la plus meurtrière transmise par les moustiques. Il est responsable de la majorité des cas de maladie et de décès, en particulier chez les enfants de moins de cinq ans. La vigilance et la mobilisation de chacun sont donc essentielles pour protéger nos familles et nos communautés. C’est pourquoi nous devons tous nous impliquer activement dans la lutte contre ces insectes.

Au Cameroun, quelles sont les principales maladies transmises par les moustiques qui préoccupent le plus les chercheurs du CRID ?

Comme je l’ai mentionné, le paludisme est notre priorité absolue, car il reste la principale cause de mortalité et de morbidité chez les enfants de moins de 5 ans. Au CRID, nous étudions son vecteur sous tous les angles. Nous aurons l’occasion d’en discuter plus en détail.

Nous nous concentrons également sur les arboviroses, un groupe de maladies transmises par les moustiques, comme la dengue, le chikungunya, le Zika et la fièvre jaune. C’est un autre axe de recherche majeur pour notre équipe.

Enfin, nous travaillons sur d’autres maladies vectorielles, notamment la maladie du sommeil, transmise par la mouche tsé-tsé. Bien que considérée comme éliminée par beaucoup, elle demeure un problème de santé dans certaines régions, notamment dans la zone de Campo. Les filarioses, dont la filariose lymphatique, font aussi partie de nos domaines d’étude.

En résumé, le CRID se concentre principalement sur les maladies transmises par les moustiques, avec des axes de recherche prioritaires couvrant le paludisme, les arboviroses, et d’autres maladies tropicales négligées.

Quels sont les facteurs qui, selon vous, contribuent à la prolifération des moustiques et à la persistance de ces maladies au Cameroun ?

Plusieurs facteurs contribuent à la prolifération des moustiques et à la transmission de maladies. L’insuffisance des infrastructures d’assainissement est le premier facteur. Les conditions d’hygiène et d’insalubrité créent des environnements idéaux pour le développement des moustiques. La stagnation de l’eau dans des caniveaux non entretenus, les poubelles laissées à l’abandon et les dépôts de déchets constituent de véritables gîtes larvaires. La mauvaise gestion des déchets est également un facteur crucial. L’accumulation de détritus autour des habitations favorise la reproduction de certaines espèces de moustiques, comme l’Aedes, qui est le principal vecteur de maladies comme la dengue et le Zika. Enfin, le réchauffement climatique joue un rôle non négligeable. L’augmentation des températures accélère le cycle de développement des moustiques et prolonge la période de transmission des maladies, ce qui leur permet d’envahir de nouveaux territoires et de nous piquer plus fréquemment, y compris à l’extérieur.

Quelles sont les activités du CRID dans la lutte et la recherche contre les moustiques au quotidien ?

Le CRID mène des recherches approfondies, notamment en biologie moléculaire, pour mieux comprendre le paludisme et son vecteur. Nos travaux portent aussi sur le développement de méthodes de lutte innovantes, la surveillance de la résistance aux insecticides et la sensibilisation communautaire. Pour cela, nous disposons d’équipes de sociologues qui œuvrent pour une meilleure communication avec les populations.

Nous collaborons étroitement avec divers partenaires pour concevoir et mettre en œuvre des stratégies de lutte adaptées au contexte camerounais. Récemment, nous avons obtenu un financement de 1,8 million de dollars de l’Unitaid, une agence de l’OMS, pour évaluer l’efficacité d’un nouvel outil de lutte antivectorielle dans notre environnement.

Ce dispositif, appelé “répulsif spatial”, se présente sous la forme d’un objet simple à utiliser, qui, une fois accroché dans une maison, repousse et tue les moustiques pendant un an sans qu’il soit nécessaire de le remplacer. C’est une innovation majeure, car pendant les 20 dernières années, la lutte contre le paludisme reposait principalement sur l’utilisation des moustiquaires.

Nous croyons que cet outil pourrait révolutionner les stratégies de lutte antivectorielle. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés des résultats de cette étude dans les mois et années à venir.

On dit que vous élevez les moustiques. Pouvez-vous nous expliquer la finalité de cette pratique ?

Pour combattre un ennemi, il faut d’abord le connaître. C’est dans cette optique que nous élevons des moustiques en laboratoire au CRID. L’objectif est d’étudier leur comportement face aux outils de lutte existants et ceux en cours de développement et d’évaluer leur niveau de résistance.

Ce processus est indispensable. Par exemple, avant de tester un nouvel outil comme le répulsif spatial, nous devons d’abord nous assurer de son efficacité en laboratoire. Cela nous permet de vérifier si son action est la même, quelle que soit la localité.

Nous collectons des moustiques au Cameroun et dans plusieurs autres pays africains. Nous les élevons au CRID, puis nous les testons face à divers insecticides et outils de lutte. Cela nous permet de faire des recommandations précises aux programmes de lutte et au ministère de la Santé, en proposant les stratégies les plus efficaces pour chaque contexte.

En somme, l’élevage des moustiques est crucial pour comprendre leur comportement face aux produits de lutte et pour formuler des recommandations scientifiquement fondées.

Comment la recherche du CREID contribue-t-elle à améliorer les stratégies de lutte antivectorielle au Cameroun ?

Notre objectif principal au CRID est de combiner l’expertise scientifique et l’innovation pour anticiper et répondre plus efficacement aux défis de la lutte antivectorielle. Pour cela, nous menons des études rigoureuses et formulons des recommandations concrètes. Un exemple notable est notre travail sur les moustiquaires. Dans une étude que mon équipe et moi avons menée et publiée en 2023, nous avons démontré que les moustiquaires “double action” étaient les plus efficaces au Cameroun, quelle que soit la population testée. Suite à nos recommandations, ces moustiquaires ont été distribuées dans certaines régions du pays en 2022 et 2023. Aujourd’hui, elles seront utilisées pour la prochaine campagne de distribution nationale. C’est ainsi que nous contribuons directement à résoudre des problèmes de santé publique. Nous attachons une grande importance au renforcement des capacités. Nous formons de nombreux étudiants et jeunes chercheurs aux technologies de pointe en biologie moléculaire pour une lutte plus efficace contre les moustiques. Actuellement, le CRID est en train de créer un pôle d’excellence en biologie moléculaire afin d’optimiser cette formation. C’est en étudiant le génome du moustique et les mutations responsables de leur résistance que nous pourrons développer les stratégies de lutte les plus efficaces.

Est-ce que vous travaillez également sur la résistance des moustiques aux insecticides ou alors sur des nouveaux répulsifs ?

La résistance aux insecticides est au cœur de nos recherches. Nous étudions en profondeur les mécanismes biologiques et moléculaires qui permettent aux moustiques, en particulier les vecteurs du paludisme, de survivre aux traitements conventionnels. Ce phénomène compromet gravement l’efficacité des outils de lutte antivectorielle, comme les moustiquaires et les insecticides.

Comprendre ces mécanismes est crucial pour développer de nouvelles stratégies et continuer à protéger les populations contre les maladies transmises par ces insectes. C’est l’axe de recherche principal au CRID.

La lutte contre les moustiques est l’affaire de tous, au-delà des nations, des autorités sanitaires. Quel geste simple et efficace chaque citoyen peut-il adopter au quotidien pour se protéger par d’autres et protéger sa famille ?

Pour que les outils de lutte soient efficaces, il est essentiel de les utiliser correctement et d’adopter des habitudes saines au quotidien. Premièrement, au niveau individuel, chacun doit utiliser les outils de protection recommandés de façon adéquate. Par exemple, il est impératif de dormir systématiquement sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide afin de protéger sa famille et ses enfants. Ensuite, il est primordial d’agir directement sur l’environnement immédiat. Il faut donc éliminer les sources de reproduction des moustiques, à savoir les eaux stagnantes autour des maisons. Il est tout aussi important de protéger les ouvertures de votre habitation, telles que les fenêtres, en les couvrant pour empêcher les moustiques d’entrer. Par ailleurs, une protection personnelle est nécessaire. Il est conseillé de porter des vêtements couvrants, surtout le soir, pour protéger les bras et les jambes des piqûres. Enfin, il est crucial de ne pas rester isolé dans cette démarche. Chacun doit sensibiliser sa famille et son voisinage pour les encourager à adopter ces gestes simples. C’est en agissant collectivement que nous parviendrons à réduire l’impact des piqûres de moustiques.

Quels sont donc les principaux mythes ou fausses idées qui circulent sur les moustiques et les maladies qu’ils transmettent et que vous aimez corriger ?

Dans notre contexte, plusieurs idées fausses circulent. Il est crucial de les corriger pour une meilleure prévention. C’est une croyance très répandue, mais elle est fausse. Si les moustiques vecteurs du paludisme, comme l’anophèle, sont principalement actifs la nuit, de nombreuses autres espèces piquent en plein jour. C’est le cas des moustiques qui transmettent les arboviroses telles que la dengue, le chikungunya, la fièvre jaune ou encore le Zika. Il est donc essentiel de se protéger aussi bien de jour que de nuit. C’est une idée complètement infondée. Le paludisme se transmet uniquement par la piqûre d’un moustique infecté. La consommation de mangues n’a absolument aucun lien avec la transmission de la maladie. Vous pouvez en manger autant que vous voulez sans risquer d’attraper le paludisme. Ce mythe est également incorrect. La filariose est une maladie parasitaire qui se transmet par la piqûre de moustiques ou de mouches. La consommation de sucre n’est pas une cause de la maladie. En revanche, si une personne est déjà atteinte de filariose, une forte consommation de sucre peut accentuer la sensation de démangeaisons, mais elle ne déclenche pas la maladie. En partageant ces informations, nous pouvons aider la population à mieux comprendre et à adopter des mesures de prévention plus efficaces.

Quel est selon vous le rôle des communautés et des médias dans la sensibilisation et la prévention de ces maladies ?

La sensibilisation communautaire est un pilier essentiel de la lutte contre les maladies. En effet, nous l’avons constaté récemment avec la distribution d’un nouveau vaccin. Or, si de mauvaises informations circulent ou si les médias ne jouent pas pleinement leur rôle pour expliquer la nature de ces outils, alors leur utilisation ne sera pas optimale.

Le même constat s’applique aux moustiquaires. D’ailleurs, en raison de certaines perceptions culturelles ou de fausses croyances, beaucoup de personnes, y compris dans les villages, ont des appréhensions et n’utilisent pas correctement ces moustiquaires.

C’est pourquoi il est fondamental de renforcer l’engagement communautaire et l’implication des médias. Le but est de mieux informer, de sensibiliser et de démystifier les fausses croyances afin de favoriser la prévention et une mobilisation collective.

Car, en fin de compte, ces interventions ne peuvent être efficaces que si elles sont acceptées et utilisées par la population. Par conséquent, si ces outils de prévention ne sont pas adoptés, les résultats escomptés ne seront pas atteints.

Pour finir, quel est votre espoir pour l’avenir de la lutte contre le moustique au Cameroun et dans le monde ?

Il y a de bonnes raisons d’être optimiste. Par le passé, la lutte était plus difficile, car elle se limitait à des outils comme les moustiquaires traitées aux pyréthrinoïdes. Toutefois, l’avancement de la technologie offre de nouvelles perspectives. En effet, le développement de nouveaux insecticides un processus long, mais il est prometteur. En outre, avec l’arrivée d’outils innovants tels que le répulsif spatial que le CRID va tester dans les mois a venir, nous avons de nouvelles armes pour accélérer la lutte. Par conséquent, avec la collaboration de tous les acteurs — chercheurs, communautés, autorités et partenaires —, nous espérons voir les maladies à transmission vectorielle disparaître, au Cameroun, et à travers tout le continent. Pour finir, nous vous remercions sincèrement pour votre disponibilité et votre intérêt pour cette cause.

Propos recueillis par Elvis Serge NSAA

 

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