Alors que certains pays recommandent l’arrêt systématique de l’allaitement en cas d’infection par le Mpox, le Pr Anne Esther Njom Nlend propose une approche différenciée pour l’Afrique subsaharienne.
L’article, intitulé « Mpox and Breastfeeding in Sub-Saharan Africa: Clinical, Program, and Policy Recommendations », met en lumière les risques de transmission du virus. Le Pr Nlend souligne que « la contamination du lait maternel est acquise à travers les lésions cutanées exprimées à la périphérie de la glande mammaire ». Par conséquent, le virus peut être détecté dans le lait maternel par des techniques de réaction en chaîne par polymérase (PCR).
En dépit de ce risque avéré, les recommandations du Pr Nlend s’éloignent de la position de certains pays développés qui préconisent un arrêt systématique de l’allaitement. Au contraire, l’auteure insiste sur une approche au cas par cas. « L’option préférée est de maintenir l’allaitement dans les régions à ressources limitées d’Afrique subsaharienne », précise-t-elle dans son rapport.
En pratique, plusieurs mesures de prévention sont proposées pour les mères infectées. Tout d’abord, une hygiène rigoureuse et une couverture des lésions sont essentielles. À ce titre, la mère doit impérativement couvrir toutes les lésions et pustules visibles sur ses seins, en plus de respecter une hygiène des mains stricte et de porter un masque.
Ensuite, dans les situations où les lésions ne touchent qu’un seul sein, l’allaitement unilatéral est la solution. Dans ce cas précis, la mère peut extraire et jeter le lait du sein infecté tout en continuant d’allaiter avec le sein sain.
Si toutefois les lésions sont bilatérales, l’allaitement direct est impossible. Il est alors recommandé d’opter pour du lait exprimé et pasteurisé. Ainsi, le lait maternel peut être extrait puis pasteurisé avant d’être administré au bébé.
Enfin, comme une dernière option, c’est-à-dire en cas d’échec des méthodes précédentes, le recours à une nourrice saine est une possibilité. Cette solution permet de maintenir l’apport en lait maternel pour le nourrisson tout en évitant le risque de transmission.
Le document met également l’accent sur les facteurs de risque, tels que le type de virus (le clade I du Mpox étant plus sévère) et les comorbidités de l’hôte. Néanmoins, pour les nourrissons de moins de 6 mois, l’interruption de l’allaitement ne devrait être envisagée qu’en cas d’échec des méthodes précédentes, et seulement sous les conditions AFASS (Acceptable, Faisable, Abordable, Soutenable et Sûr) pour les substituts de lait maternel.
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En conclusion, le Pr Anne Esther Njom Nlend adresse un message clair aux décideurs politiques et aux gestionnaires de programmes de santé. C’est pourquoi elle insiste sur le fait que « La protection et la sécurité de l’allaitement maternel sont une clé importante pour la survie des nourrissons dans le contexte de la pandémie de Mpox. » Son travail, qui appelle à une vigilance constante et à une sensibilisation continue aux bienfaits de l’allaitement, fournit une feuille de route essentielle pour protéger la santé des mères et des enfants en Afrique.
Elvis Serge NSAA















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