Elle concerne les enfants de moins de 5 ans. Elle se déroulera du 4 au 13 décembre 2025 dans les dix régions du Cameroun. Objectif, réduire la mortalité infantile de 24 %. L’annonce a été faite au cours d’un café média organisé à Yaoundé, par la Direction de la promotion de la santé (MINSANTE).
Le ministère de la Santé publique (MINSANTE) du Cameroun a réaffirmé son engagement ferme à combattre la mortalité infantile. Lors d’un café média tenu à Yaoundé le lundi 24 novembre 2025, les responsables de la direction de la promotion de la santé ont fait le point sur les résultats « très encourageants » de la première phase de la campagne de supplémentation en vitamine A et ont dévoilé les enjeux et les stratégies de la deuxième phase, prévue pour début décembre 2025. L’objectif est clair : diminuer le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans de 24 % grâce à une couverture optimale en vitamine A et en déparasitant.
Bilan positif de la première phase et un objectif ambitieux
La première phase de la campagne, qui s’est déroulée fin mai 2025, a atteint un succès remarquable. Mme Marlyse Ngede, cheffe de service de la Diététique et des interventions nutritionnelles au MINSANTE, a annoncé un taux de couverture exceptionnel : 102 % des enfants de 12 à 59 mois ont été supplémentés en vitamine A. Ce résultat est une étape clé vers l’objectif national. « Si nous avons plus de 80 % [de couverture] deux fois par an, nous sommes sûrs quand même de pouvoir diminuer de 24 % le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans », a-t-elle souligné.
La vitamine A : un bouclier essentiel contre les infections
L’importance de cette supplémentation a été détaillée par Mme Laure Estelle Mahop, chef de bureau des interventions nutritionnelles. La vitamine A n’est pas seulement un facteur de croissance ; elle est un puissant allié immunitaire. Elle améliore la santé à court et à long terme en favorisant une bonne croissance et une bonne vue. Crucialement, elle protège l’enfant contre de nombreuses maladies en aidant à résister aux infections respiratoires aiguës (toux), à la rougeole et à la diarrhée, des causes majeures de la mortalité infantile. « Elle aide l’enfant à lutter contre les infections qu’il rencontrera tout au long de sa croissance, surtout quand il est encore tout petit et qu’il n’a pas encore de défense immunitaire solidement attachée à lui », a précisé Mme Mahop.
Les suppléments sont si bien dosés qu’ils couvrent les besoins de l’enfant pour une période allant de 4 à 6 mois, permettant au corps de stocker la vitamine dans le foie pour l’utiliser lors d’infections. Bien que la vitamine A soit présente dans des aliments tels que l’huile de palme non raffinée, les carottes, les mangues et les légumes à feuilles vertes (ndolè, okok), la supplémentation permet de garantir un apport suffisant, particulièrement vital dans des environnements où les infections et les parasites sont fréquents. Mme Mahop a rassuré que les cas de surdosage sont rares au Cameroun, les doses étant soigneusement calibrées pour répondre aux besoins des enfants.
Vaccination Tour 2 : une mobilisation massive du 4 au 7 décembre
La deuxième phase de la campagne se déroulera du 4 au 7 décembre 2025 dans les dix régions du Cameroun. Elle cible principalement les enfants de 12 à 59 mois avec le slogan : « Accompagnons nos enfants de 12 à 59 mois pour recevoir leur dose de vitamine A et le déparasitant dans les ménages, les écoles, les hôpitaux et tous les lieux publics. » Pour atteindre l’objectif de 80 % de couverture nécessaire à la réduction de la mortalité de 24 %, le MINSANTE déploiera les mêmes stratégies de mobilisation de masse : le porte-à-porte dans les quartiers et les villages, les campagnes de masse capitalisant sur tous les lieux de rassemblement, et des visites systématiques dans les écoles maternelles, les gares routières, les églises et les mosquées.
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La commuication de masse, les passages d’information dans les médias et la multiplication des rencontres avec la presse sont prévus pour sensibiliser activement le public. Mme Ngede épse Mahamat a par ailleurs rappelé que les enfants de 6 à 11 mois ne sont pas oubliés ; leur supplémentation est assurée dans le cadre de la routine dans les formations sanitaires, et les parents sont exhortés à les y amener tous les mois dès l’âge de 6 mois. Le sous-directeur prévention et action communautaire, M. Bangai Tizi Nassem, a promis de multiplier les rencontres d’information avec la presse, reconnaissant le rôle essentiel des médias dans l’édification du public. Les parents sont invités à ouvrir leurs portes aux équipes de distribution et à adhérer massivement à cette campagne, gage de la bonne santé et de la survie de leur progéniture.
Junior NTEPPE KASSI













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