Pensé pour le repos et la détente, le canapé peut pourtant devenir une source de douleurs lorsqu’il est mal adapté. Une mauvaise assise et une posture prolongée peuvent mettre à rude épreuve le dos et le cou.
Après une longue journée, nombreux sont ceux qui se laissent tomber dans le canapé, s’y enfoncent profondément, avancent les jambes et arrondissent le dos pour regarder la télévision ou faire défiler leur téléphone. Cette position, recherchée pour son confort et sa sensation de détente, n’est pourtant pas toujours bénéfique pour le corps. Lorsqu’elle se prolonge, elle peut imposer au dos et au cou des contraintes importantes. Selon Dr Joëlle MAWAGUIA, spécialiste en médecine interne et rhumatologie sur sa page Facebook, la profondeur, la souplesse et la hauteur du canapé peuvent favoriser ces mauvaises postures et contribuer à l’apparition de douleurs articulaires.
Le dos sous pression
Lorsqu’une personne s’affale dans son canapé, le bassin glisse vers l’avant et le dos s’arrondit. Cette position entraîne une cyphose lombaire prolongée, considérée comme particulièrement contraignante pour le rachis. Selon la spécialiste, après environ 30 minutes dans cette posture, la pression intradiscale peut augmenter de plus de 40 % par rapport à une position assise droite. Au moment de se relever, cette tension peut se traduire par une raideur lombaire et parfois par des irradiations ressenties dans les jambes. Des manifestations que certains patients décrivent notamment au réveil ou après une longue période passée assis. Le paradoxe est alors évident : on s’installe dans le canapé pour soulager son corps après une journée de travail, mais une mauvaise position peut finalement accentuer les contraintes exercées sur la colonne.
Le cou également sollicité
Le canapé peut aussi favoriser les douleurs cervicales, notamment lorsque la tête n’est pas correctement soutenue. L’absence d’appui-tête ou une hauteur de dossier inadaptée peut conduire à une mauvaise position du cou. À cela s’ajoute l’usage fréquent du téléphone sur le canapé. Lorsque la tête reste inclinée vers l’avant, avec une flexion cervicale pouvant atteindre 60 degrés, la charge exercée sur la colonne cervicale peut, selon l’experte, être équivalente à 27 kg. Cette sollicitation prolongée peut contribuer à l’apparition de cervicalgies chroniques, de torticolis au réveil et de céphalées de tension. Le maintien prolongé de cette posture constitue ainsi une contrainte supplémentaire pour la région cervicale.
Choisir et utiliser son canapé autrement
Pour le médecin, il n’est pas question d’abandonner le canapé, mais plutôt d’en faire un usage raisonné. En cas de problèmes lombaires, elle recommande notamment de privilégier une assise suffisamment ferme. Un coussin peut également être placé au niveau du bas du dos afin de soutenir la lordose lombaire, c’est-à-dire le creux naturel de la colonne. Le choix du modèle compte aussi. Un canapé disposant d’un appui-tête ou d’une hauteur adaptée permet de mieux soutenir le cou. Lorsqu’un téléphone, une tablette ou un autre écran est utilisé, il est préférable de le maintenir à hauteur du regard, afin de limiter la flexion prolongée du cou. Enfin, rester longtemps dans la même position est à éviter. Interrompre la position toutes les 30 minutes, se lever et changer de posture permettent de limiter les contraintes liées à l’immobilité prolongée.
Un canapé adapté et une bonne posture peuvent ainsi contribuer à préserver la santé du dos, du cou et la liberté de mouvement.
Marie Chantale FAIDA









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